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X-men et piraterie : Les influences de Dave Cockrum

X-men et piraterie : Les influences de Dave Cockrum

Si vous avez lu les X-men de Chris Claremont, vous avez forcément aperçu les superbes planches de Dave Cockrum. Un artiste qui a lourdement contribué à la création des super-héros emblématiques de Marvel comme Diablo, Tornade, Wolverine, le Hurleur ou encore Colossus. Artiste capital dans l’histoire des X-men, Dave Cockrum y a incorporé des éléments révélant ses inspirations premières : les pirates et la science-fiction.

Influence paternelle

 

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Dave Cockrum est fils d’un lieutenant-colonel de l’Air Force. La vie professionnelle de son père va dicter la vie familiale qui le suivra dans tous ses déplacements. Habitué à cette vie, Dave verra son père comme un héros et se passionnera pour l’aviation. Il rejoindra la Navy pendant six années, où il dessinait pour le journal de la Navy mais également pour des comics réservés aux militaires. Le milieu militaire et ses vaisseaux le passionne. Enfant, il était lecteur régulier du titre DC Comics Blackhawks, une équipe de pilotes d’avions de chasse affrontant les menaces les plus dangereuses et les plus extravagantes.

L’un de ses plus grands désirs a été de dessiner les Blackhawks. Malheureusement, par besoin d’argent, il a dû refuser. Le tarif proposé par DC Comics était un tiers plus bas que la normale. Dave a laissé la place à autre dessinateur Dan Spiegle et s’est alors contenté de réaliser quelques couvertures pour le titre et des back-ups pour Action Comics dans les années 80.

Rien d’étonnant donc à voir chez les X-men un vaisseau nommé Blackbird. On peut y voir une éventuelle référence à travers ce véhicule qui participe à un aspect militarisant de cet institut pour jeunes mutant. Le nom use également d’une référence ornithologique, moins violente. Et nous verrons par la suite, que si la piraterie est bien omniprésente, le thème s’infiltre à travers différents registres. Passionné par l’aviation, ses récits de piraterie ne se feront jamais sur mer, mais dans les airs. Un résultat que Cockrum n’atteindra qu’avec la science-fiction.

 

X-men / Legion of Super-Heroes : Une histoire de costumes

 

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Lorsqu’il était dans la Navy, Dave Cockrum remplissait un carnet de personnages costumés qu’il créait pour le plaisir. Une fois rentré chez DC Comics, et après avoir remué ciel et terre pour atteindre un poste de dessinateur, il souhaitait les utiliser pour la Légion des Super-Héros. Dave insistait pour inclure une extension à l’équipe, composée de personnages originaux, dont Nightcrawler (Diablo). Mais l’éditeur refusa. En dehors de Diablo, aucun des personnages prévus pour cette équipe n’a été utilisé ailleurs. Plus tard, Dave demande à récupérer sa planche du mariage de Bouncing Boy. Carmine Infantino, le directeur éditorial de DC Comics, le lui refuse. Peu de temps après, il demande à dessiner Marvel Boy Jr. Les éditeurs acceptent, mais une fois l’information parvenue aux oreilles de Carmine Infantino, ce dernier refuse. Dave Cockrum s’en va.

Cockrum entre peu de temps après avoir travaillé pour des éditeurs indépendants chez Marvel. L’éditeur et scénariste, Len Wein lui demande d’encrer les X-men. Cockrum, ayant appris de ses échecs et ne supportant pas d’être réduit à ce poste, insiste pour dessiner. Avant que les X-men de Chris Claremont ne se révèlent être un succès grandissant à travers plusieurs décennies, le défi était d’attirer le lecteur. Et pour l’attirer, il fallait présenter des personnages attrayants. Sur ce point, Dave Cockrum était l’homme idéal. L’artiste venait de quitter DC. Ses idées n’étaient jamais reçues, aussi bonnes étaient-elles. Il était entré chez DC Comics en tant qu’encreur pour Legion of Super-Heroes, avant de devenir dessinateur de temps à autre d’après les crédits des numéros.

 

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Il se révèle chez Marvel, avec le Giant-Size X-men #1 où, avec Len Wein au scénario, il reforme l’équipe avec de nouveaux personnages. Ils sont tous des créations originales de Cockrum, sur d’éventuelles idées de Roy Thomas, à l’exception de Wolverine, déjà apparu quelques années plus tôt, créé par Len Wein et John Romita Sr. Dans Incredible Hulk # 180, son costume abordait le thème de la sauvagerie. Mais le masque se voulait être le plus fidèle à l’animal auquel il se réfère. En laissant une ouverture pour les yeux, il laissait bien penser qu’il s’agissait d’un homme sous le masque et finissait par humaniser le personnage. Dave Cockrum propose à Len Wein de revoir ce costume et suggère différents designs. A contrario, il met en avant son aspect animal. Soucieux de conserver les éléments principaux du costume d’origine, Len Wein impose ses conditions. Dave Cockrum, nouvel arrivant dans la maison des idées, accepte et donne à Wolverine le costume que nous connaissons. En réalité, Dave Cockrum s’est grandement inspiré de Timber Wolf, membre de la Legion des Super-Heros, avec qui Wolverine partage aussi bien l’animosité que la coiffure.

Lorsqu’il doit penser à créer des mutants pour les X-men, Dave Cockrum est encore très inspiré de la Légion des Super-Héros. La conception des costumes va chercher à exprimer le caractère de chaque personnage. Mais tous seront inspirés par un thème : la piraterie. Ces nouveaux mutants sont modernes. Et la modernisation des costumes de super-héros dans les années 70 passe par une forme d’extravagance, dans les formes étendues ou élargies. La piraterie va jouer un rôle essentiel. Wolverine n’est que très peu touché. Son masque et ses bottes possèdent des ailes noires qui seront étendues et vont venir caractériser le costume.

 

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Il s’agira d’un même effet chez Colossus, dont les couleurs ne feront qu’associer le personnage à son pays d’origine, la Russie. Colossus porte des bottes larges avec des revers propres aux pirates. En y incrustant ces éléments originaux, mêlés à l’esthétique singulière des années 70, Dave Cockrum assurait le succès du titre. Il impressionne Len Wein avec son carnet rempli de personnages et de costumes fantasques.

Seule exception parmi ces créations, Tornade, dont le costume est une reprise d’un personnage que Dave Cockrum a créé pour Marvel nommé Black Cat. Il s’agissait d’un projet présentant de nouveaux super-héros issus de différents pays. Black Cat devait être une femme de couleur avec un costume identique à celui de Tornade, la cape en moins. Pour l’inclure parmi les X-men, il décide de lui donner des cheveux blancs pour créer un contraste. On se moque. Mais Dave assurait là une caractéristique singulière propre au personnage. Ce qui fait encore aujourd’hui la réputation posthume de Dave Cockrum, comme l’un des plus grands designers de costumes de super-héros.

 

Diablo, de la lame au bateau

 

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Nightcrawler est sans conteste le personnage favori de Dave Cockrum. A l’origine, Diablo devait être un démon. Il était pensé comme vilain, ou du moins anti-héros. Avec le temps, et l’évolution de la figure du monstre dans les comics, Cockrum a tenté de l’inclure dans la Légion. Mais ce sont les X-men qui vont donner sa chance, faisant de cet être aux origines magiques, un mutant.

L’attachement de Dave Cockrum pour le personnage se ressent sur bien des points. Il est le personnage de l’équipe fondamentalement lié au thème des pirates. Son costume comprend des épaulières pointues larges, et des formes sur son costume laissant penser à des bottes. Plus encore, dans son écriture, Diablo révèle rapidement avoir une passion pour les chapeaux et les costumes. Chris Claremont était jeune, et laissait toujours une part d’implication de l’artiste dans le scénario.

Mais c’est dans sa mini-série de 1985 que Nightcrawler finit par se révéler pleinement. Écrite, dessinée et encrée par Dave Cockrum, cette mini-série présente en tout point la vision finale de Diablo par son créateur. Tout en tenant compte du caractère redéfinit par Chris Claremont, et son comportement jovial, Dave Cockrum va user d’une excuse particulièrement simple : une défaillance dans la salle des dangers. Diablo va être plongé dans un monde de créatures volantes étranges, d’un magicien monstrueux, d’une princesse séduisante et de bateaux pirates volants.

Il puise toute son inspiration dans des œuvres telles que John Carter (Le Cycle de Mars) de Edgar Rice Burroughs, dont il a toujours rêvé d’en devenir le dessinateur. Il apporte au personnage un background supplémentaire qui fera toute la particularité de son retour, sous Jason Aaron, dans Amazing X-men : les Bamfs. Dans cette appropriation des genres de l’aventure et de la science-fiction, qu’on remarque dors et déjà avec le visage et le surnom de Diablo « l’elfe », Cockrum intègre des versions naines et simplettes de son héros. Sorte de double de l’auteur, Diablo, plongé dans cette aventure fantasque, ne s’inquiète pas. Il se plaît même à intégrer cette bande de pirates, pour ensuite se retourner contre eux et sauver cette princesse. Plus encore que les X-men, Nightcrawler est une exécution de tous les fantasmes artistiques de son créateur. Et le récit doit être considéré comme tel. Non pas comme une aventure solo d’un X-man, mais d’une réappropriation d’un personnage par son père originel. Et c’est sans doute là une autre interprétation envisageable de Diablo, dont le père sera toujours inconnu, jusqu’à Jason Aaron qui mêlera Azazel et ce même périple délirant de piraterie aérien.

 

X-men : Corsaires de l’espace

 

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Plus que les X-men, effectivement. Car Cockrum avait son mot à dire chez les X-men. En plus du design de leurs nouveaux costumes, l’artiste souhaitait bien apporter sa patte si particulière au titre X-men. Pour rappel, X-men était le titre maudit. Au début des années 70, malgré l’arrivée de Neal Adams et son esthétique furieuse, ainsi que des aventures écrites par Roy Thomas, le second de Stan Lee, les ventes étaient catastrophiques. Ce retour des X-men semblait être un projet destiné à couler. Len Wein s’occupait déjà de Hulk en plus de son poste d’éditeur, et n’avait pas le temps, ni l’envie, de s’occuper des X-men. Il réalise le Giant-Size avant de laisser le scénario à Chris Claremont qui était alors son secrétaire. Un fan de la première heure qui a su créer son opportunité.

De son côté, Cockrum venait de se trouver une place de dessinateur, place dont il rêvait depuis plusieurs années. Ce sont deux rêveurs atteignant leur but. Et Cockrum souhaitait marquer le titre de sa patte. Son amour pour les pirates déjà marqué par le design de certains personnages, va s’accentuer. Plus qu’une simple envie personnelle, la thématique des pirates s’ancre parfaitement avec l’équipe marginale qu’est celle des X-men. Si on pense généralement au pirate comme un ennemi, quelqu’un définit par des actions jugées vilaines, le pirate est en réalité bien plus qu’une action violente. Qu’est-ce qu’un pirate sinon un individu considéré socialement différent et cherchant à vivre de lui-même, en dehors de cette société dans laquelle il ne se reconnait pas ? En revanche, ce que nous pouvons reconnaître à travers cette définition, ce sont bien les mutants.

Avant de quitter les X-men, Dave Cockrum souhaite partir sur un grand final, une confrontation cosmique de grande ampleur. Chris Claremont présente alors Phoenix Saga (à ne pas confondre avec sa « suite » : Dark Phoenix Saga dessinée par John Byrne). Les X-men croisent alors différents personnages composant l’univers cosmique Marvel encore en évolution comme Firelord ou Gladiator. Dans cette saga culte, Cockrum va y incorporer différents éléments relevant de la piraterie : les Starjammers. Certains ennemis des X-men seront des pastiches de membres de la Legion de DC Comics, mais les Starjammers menés par le père de Cyclops, Corsair, marquent toute la singularité d’un artiste comme Cockrum. L’équipe des Starjammers est introduite dans Uncanny X-men #104, avant de se voir posséder un titre spin-off avec X-men Spotlight on Starjammers en 1982, dessiné par lui-même.

 

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Dans Uncanny X-men #107, l’artiste tente d’imposer un nouveau costume à Wolverine. Dans un affrontement intense aux côtés des Starjammers, son costume est en lambeaux. Il récupère celui de son ennemi (ressemblant étrangement à Timber Wolf) et retourne se battre. Dave Cockrum le conserve jusqu’à leur retour sur Terre, et dans Iron Fist #15 où il dessine un affrontement entre Wolverine et Iron Fist. Mais John Byrne prend la suite, et fan de Wolverine de la première heure, il refuse de conserver ce costume bestial. Il décide de revenir au costume classique de Giant-Size X-men #1.

Cette confrontation entre Dave Cockrum et John Byrne définit tout ce qui fait le succès, sur le plan esthétique, des X-men de l’époque. Cockrum baigne constamment dans ce space-opéra issu de la Légion des Super-Héros, et fort de sa conception des costumes, son imagination foisonnante et son intense productivité nécessitent des barrières pour ne pas faire des X-men un calque de la Légion, ancré dans le présent.

S’il a quitté assez tôt les X-men, Dave a rapidement regretté sa décision. Il reviendra plus tard en 1982 et devra quitter à nouveau le titre suite à sa demande faite auprès d’un éditeur pour créer les Futurians. Sa quête obsessionnelle de liberté lui a fait rater à deux reprises le poste de dessinateur qui était pourtant sien. Avec Futurians, Dave Cockrum tentera de réitérer le succès des X-men, et y proposer sa propre vision, plus attachée au domaine de la science-fiction et de l’aventure cosmique. Mais ces Futurians restent encore considérés comme le reflet des X-men, et non comme une œuvre à part entière. En partie faute de costumes similaires et d’un scénario répétant certains ressorts propres à l’histoire des X-men. Un destin qui semble poursuivre chaque dessinateur emblématique des X-men, comme John Byrne avec ses Next Men.

Thanos : ses origines et sa chronologie dans les comics

Thanos : ses origines et sa chronologie dans les comics

 

Devenu la menace la plus importante aux yeux du grand public, Thanos s’impose aujourd’hui comme une référence populaire. Il est l’antagoniste clé autour duquel peut graviter aussi bien l’univers cosmique Marvel que l’équipe phare des studios Marvel. Mais pourquoi accordons-nous autant d’importance à cet antagoniste ? Ses nuances mauves ne font pas de lui le plus charismatique des ennemis de l’univers Marvel. Il possède des motivations justifiant ses actions, une nature sombre que nous reconnaissons tous avoir en nous. Avant de se plonger dans les œuvres majeures constituant l’histoire du personnage, intéressons-nous d’abord à sa création afin de mieux comprendre notre rapport au monstre.

 

I – Avant Thanos : Eros et Thanatos

 

Avant d’être un titan, Thanos devait être un monstre. Jim Starlin était passionné par le concept créatif de Hulk par Jack Kirby. L’idée de donner vie à une émotion aussi laide que la colère, et donner une force démesurée et grandissante à ce monstre pour punir l’idiotie de la violence relevait du pur génie. Il voulait, à son tour, donner vie à une part sombre de l’être humain. Un moyen pour lui d’extérioriser ses idées noires, notamment ses visions d’une guerre du Vietnam dont il revient avec quelques habitudes qui viendront bouleverser les bureaux de chez Marvel. Seulement, il ne trouvera pas son concept dans les émotions primaires. Il lui faudra chercher du côté de la psychologie.

 

Jim Starlin se tourne vers l’Université. Il assiste à un cours de psychologie concernant les pulsions créatrices de conflits. Le conférencier traite alors d’Eros et Thanatos, modèles tirés de Malaise dans la Civilisation de Sigmund Freud, publié en 1930. Le principe charme Jim Starlin. Eros est une divinité primordiale de la mythologie grecque représentant l’amour et associant, en psychologie, l’idée à la création. Thanatos est tout son opposé. Frère d’Eros, il n’est que destruction et désir de mort. La mythologie en fait le premier seigneur des Enfers. De Thanatos, Starlin créera Thanos en simplifiant le nom de ce premier.

 

La psychologie veut que les pulsions créatrices et destructrices se contiennent, s’opposent en nous. Une lutte des pulsions que Starlin va effacer, ou simplifier, à travers un autre personnage de l’univers Marvel : Warlock. Le principe d’Eros et Thanatos est déjà connu au sein de la culture populaire avec Le cas du Dr. Jekyll et Mr. Hyde, ou encore la dualité entre Bruce Banner et Hulk pour reprendre le personnage inspirant Starlin. L’œuvre que nous allons retracer de Starlin avec Thanos va suivre ce schéma, développer cette idée d’un être aux pulsions destructrices et un autre au désir de création. Et, évidemment, la part la plus étudiée par l’auteur se penche bien plus vers Thanos.

 

II – Thanos : le Titan sans gant

 

Iron Man #55

Scénario : Mike Friedrich / Jim Starlin – Dessinateur : Jim Starlin

 

Avant d’être l’antagoniste favori, Thanos n’était qu’une idée. Jim Starlin s’est fait connaître pour ses talents de dessinateur. Dans Iron Man #55 (disponible en VF dans Iron Man : L’intégrale 1973 et l’album Je suis Thanos), Thanos apparaît pour la première fois et introduit sa dualité avec Drax le destructeur. Cette première apparition présente l’ampleur de la menace qu’il représente et sa planète d’origine : Titan. Jim Starlin étoffe plus encore l’univers Marvel et met en avant la dimension cosmique de cet univers connecté.

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La Vie du Captain Marvel

Scénario / Dessins : Jim Starlin

 

Suite à cette première aventure, Jim Starlin s’approprie et fait évoluer le personnage de Captain Marvel, qui était encore en pleine mutation. Cette saga regroupe les épisodes Captain Marvel #25-34 (Strange #71-77 en VF) et se fait également appeler La Vie du Captain Marvel. Malgré son importance majeure pour le personnage de Captain Marvel et l’histoire de Thanos, elle n’a jamais été rééditée en France – exception faite d’un album de 1992. De son origine Kree, il développe un statut cosmique plus élevé faisant de lui une menace majeure aux yeux de Thanos. A travers ces épisodes, Thanos recherche le cube cosmique dans une quête de pouvoir. Il manifeste pour la première fois un intérêt pour la Mort, ayant ici une forme humaine et silencieuse.
Marvel, dans un souci constant de connexions entre ses titres verra impacté le titre Avengers, écrit par Roy Thomas. Dans Avengers #125 (Avengers L’Intégrale 1974), l’équipe assiste Captain Marvel et Drax face aux desseins du titan. Ce numéro agit comme un tie-in aux aventures du Captain Marvel, où Thanos s’avère être une menace d’importance. Il acquiert une puissance dévastatrice, mettant à mal les entités cosmiques de l’univers de l’époque.

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Warlock

Scénario : Gary Friedrich / Jim Starlin – Dessins : Jim Starlin

 

Suite à ce premier récit, Thanos revient dans les pages de Warlock (Warlock L’Intégrale 1974). Tout comme Captain Marvel, Jim Starlin va s’approprier le personnage et marquer son arrivée par celle de Thanos. Adam Warlock est le détenteur de la pierre de l’âme. Avec ces épisodes, le scénariste va placer les pions d’un récit qui trouvera sa conclusion vingt ans plus tard. Warlock, est à l’origine une création scientifique. Il s’agit d’un personnage vide qui va trouver une raison d’exister à travers un désir de lumière. Son double maléfique, Magnus, va avoir une ambition semblable à celle de Thanos. Mais dont certaines nuances vont pouvoir créer quelques rivalités entre ces derniers.

 

Nous Sommes les Avengers

Scénario / Dessins : Jim Starlin

 

Suite à son intervention dans Warlock, Thanos rassemble les pierres de l’infini dans Avengers Annual 7. Il s’agit alors d’une réitération de son plan d’origine, séduire la mort, mais dans une opposition aux Avengers et avec la présence d’Adam Warlock. Cet affrontement a son importance pour le personnage de Gamora, vivant alors une forme de romance avec Adam Warlock. C’est ensuite dans Marvel Two-in-One Annual #2 que Thanos se présente en vainqueur, et où le destin de l’univers repose sur La Chose et Spider-man. Le destin de Thanos sera influencé par la fin de ce récit, dont il ne ressort pas indemne.

 

III – La saga de l’Infini

 

Thanos Quest

Scénario / Dessins : Jim Starlin

 

Dans les pages du Silver Surfer, Thanos amorce sa quête des pierres de l’infini. Le rapport au Silver Surfer se justifie en guise d’introduction à l’événement du Gant de l’Infini. Le Surfer est en proie au doute, incertain d’être véritablement un héros faute d’un lourd passé composé de destructions. Simple personnage cosmique de l’univers, il n’a aucun besoin sinon d’une mission. Il trouvera sa mission de messager, lorsqu’il apprendra les desseins de Thanos. Ces apparitions amènent au véritable contenu qu’est Thanos Quest, une mini-série en deux parties narrant sa collecte des pierres, et témoignant de sa détermination à travers des affrontements titanesques.

 

La Gant de l’Infini

Scénario : Jim Starlin – Dessins : George Perez / Ron Lim

 

Le Gant de l’Infini s’exécute une fois la planète Terre prévenue de la menace. Thanos est alors maître des pierres. Il espère impressionner la Mort et la séduire en sacrifiant la moitié de l’univers pour elle. Menaçant l’univers entier, Thanos devra faire face à l’ensemble des défenseurs de la Terre. Warlock met un terme à la situation et s’empare du gant. Pour faire suite à l’événement, Jim Starlin lance une série régulière, Warlock and the Infinity Watch une équipe responsable de la protection des pierres, en contact direct avec les entités cosmiques. Ce titre annexe (publié dans Titans #170-188) est une liaison secondaire entre Le Gant de L’infini et sa suite, La Guerre de l’Infini.

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Infinity War / Infinity Crusade

Scénario : Jim Starlin – Dessins : Ron Lim

 

Après sa défaite, Thanos disparait. Il réalise quelques retours abrupts, de par son statut de personnage essentiel à chaque événement lié de près ou de loin aux pierres de l’Infini. Il trouve un rôle d’importance dans Infinity War et Infinity Crusade, mais apparaît avant tout dans les nombreux tie-in (Warlock Chronicles, Warlock and the Infinity Watch) révélant toute la machination du personnage pour retourner la situation. Il se pose en fin stratège et non en simple antagoniste. La Guerre de l’Infini s’attarde sur le duel de chaque héros avec son double maléfique. Concept déjà vu mais faisant écho avec Warlock, dont le double maléfique, Magnus, est le nouveau détenteur du gant.
La Croisade de l’Infini se veut être l’exact opposé et fait écho à toute la dualité qui obsède Jim Starlin. Ce dernier événement révèlera une solution toute trouvée par un nouveau personnage capable d’amener la paix dans l’univers. Seulement, Warlock, dans ce problème d’équilibre, reste suspicieux des méthodes employées et va mener une rébellion aux côtés de Thanos, ce dernier ne pouvant approuver un univers en paix à la solde d’une autre personne que lui.

 

Infinity Abyss

Scénario / Dessins : Jim Starlin

 

En 2002, Jim Starlin retourne à sa création. Il fait surgir à nouveau le caractère premier et réfléchi de Thanos. Adam Warlock est en pleine crise existentielle, et sent une menace s’approcher. Thanos, témoin d’une anomalie et victime d’un piège mystérieux, part à sa rencontre. Ils vont devoir ensemble collaborer à nouveau pour trouver l’auteur de ces phénomènes étranges et croiseront la route d’autres personnages dans leur cheminement, dont Doctor Strange, Captain Marvel ou encore Spider-man. Malgré une réintroduction de chaque personnage, cet événement fait bien suite aux sagas précédentes et apporte quelques nouveautés. Plus qu’une enquête suivie d’un affrontement cosmique, c’est avant tout une révision de la relation entre Thanos et Warlock.

 

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The End

Scénario / Dessins : Jim Starlin

 

The End est la fin déclarée de Starlin à l’univers Marvel. Au centre de l’intrigue, Thanos et une divinité égyptienne Akhenaton en possession d’un artefact. Le schéma se répète, mais Jim Starlin entend bien changer à jamais ses créations et aller au bout de ses idées. The End est une révision à grande échelle du Gant de l’Infini. Que se passera-t-il une fois l’objectif de Thanos atteint ? Particulièrement ambitieux, ce récit modifie grandement l’idée que nous nous faisons du titan et nous amène à réfléchir sur le concept même de la destruction.

 

Thanos

Scénario : Jim Starlin / Keith Giffen – Dessins : Ron Lim

 

Cette série en douze numéros est divisé en deux parties. La première, par Jim Starlin, est la suite directe à The End, nous retrouvons Thanos changé, avec de nouvelles intentions et en quête de rédemption. Warlock amène Thanos à reconsidérer la vie et réfléchir activement à ce qu’il est devenu et ce qu’il doit devenir. La seconde est écrite par Keith Giffen et dessinée par Ron Lim. Thanos donne un nouveau sens à son existence, presque religieux, en tant que samaritain. C’est ici une forme d’épilogue à l’ensemble de ces périples, la conséquence à l’ensemble de ces événements.

 

Les autres apparitions de Thanos

 

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Thor : Blood & Thunder / Cosmic Powers

Scénario : Collectif – Dessins : Collectif

 

Suite à ces événements, Thanos sera réduit à une force cosmique brutale. De ce fait, Blood & Thunder et Cosmic Powers sont deux récits à mentionner à part. Ces récits n’ont pas marqué l’histoire du titan, mais font partie de son utilisation chez Marvel. Ils n’ont aucune importance dans son histoire, ni même son évolution. Jim Starlin perd le contrôle de sa création, fortement appréciée d’un autre scénariste que lui-même apprécie : Ron Marz. Il usera du personnage dans l’événement Thor : Blood & Thunder et l’événement Cosmic Powers. Le premier est une remise sur pied du personnage de Thor, manipulé par Black Valkyrie. Le second est un récit d’action choral, rassemblant tout ce qui constituait à l’époque les héros cosmiques de l’univers Marvel (et plus encore) dirigé par Thanos. L’intrigue se repose sur sa quête d’un adversaire puissant à affronter. Ces récits s’écartent grandement des récits canoniques du personnage, et forment en quelque sorte une période creuse pour Thanos.

 

Thor par Jurgens et Romita Jr. Tome 2

Scénario : Dan Jurgens – Dessins : John Romita Jr.

 

En 1998, Dan Jurgens est chargé de remettre le personnage de Thor en scelle, pour leur grand renouveau de l’univers Marvel. Accompagné de John Romita Jr, il va ni plus ni moins repartir de zéro et réintroduire l’intégralité de son univers de manière plus moderne, et orienté vers une action fulgurante. Les connaisseurs prennent plaisir à retrouver et saisir certaines références, sans gêner les jeunes lecteurs qui peuvent découvrir de ce fait l’univers de Thor. Ce second volume intègre une longue saga engageant la présence de Thanos. Ce dernier va mettre à mal le dieu de la foudre, mais également Asgard. Dans son avidité de pouvoir, il va mettre la main sur des artefacts nordiques. Dan Jurgens fait la part des choses, entre ce Thanos bourru et un retour à l’esprit fin qui le caractérisait jusque-là. Il est évidemment recommandé d’avoir lu auparavant le premier Tome de la collection Thor par Jurgens et Romita Jr.

 

IV – Thanos : Pour un titan moderne

 

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Annihilation et Thanos Imperative

Scénario : Dan Abnett & Andy Lanning / Keith Giffen – Dessins : Miguel Angel Sepulveda / Scott Kolins

 

Thanos aurait pu s’en tenir là et rester ce jeune repenti. Mais les scénaristes Dan Abnett et Andy Lanning ont décidé de mettre fin au personnage dans un tie-in à Annihilation. Drax réalise alors sa motivation première : tuer Thanos. Ces deux scénaristes opèrent dès lors une succession d’événements gravitant autour des Gardiens de la Galaxie et Nova. Ils repensent l’univers cosmique Marvel. Ils le modernisent pour créer celui qui a inspiré la version projetée sur grand écran.
Annihilation marque la fin de Thanos, et la victoire de Drax. S’en suit diverses sagas : Annihilation Conquest, War of Kings, Realm of Kings et enfin Thanos Imperative. Ces événements forment une sorte de boucle. Thanos tient la place d’une menace. Il retourne à son caractère premier d’antagoniste majeur.

 

Thanos Rising

Scénario : Jason Aaron – Dessins : Simone Bianchi

 

Thanos fait son retour avec Thanos Rising. Le personnage se modernise pour une nouvelle intégration à l’univers Marvel. Jason Aaron est chargé de présenter le titan à un nouveau lectorat. Fini le philosophe en quête de sens, Thanos Rising présente les origines de son mal. Sur Titan, Thanos est victime de discrimination et est obsédé par le meurtre. Lui conférant un caractère plus humain, Thanos Rising se veut être un point d’entrée pour comprendre le personnage, mais ne peut remplacer la saga de l’Infinie, ni même sa première apparition.

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Infinity

Scénario : Jonathan Hickman – Dessins : Collectif

 

Jonathan Hickman est aux commandes de cet événement faisant interagir deux menaces simultanées, plaçant les Avengers dans une situation délicate. D’un côté, plusieurs univers sont en danger et s’entrechoquent. Les Avengers doivent donc partir pour l’espace pour arrêter les Bâtisseurs, alors que Thanos débarque sur Terre avec son armée.
Thanos apparaît également dans New Avengers : Time Runs Out puis Secret Wars, mais n’y tient pas de rôle prépondérant. Si ces événements ont un impact majeur sur l’univers Marvel, Thanos ne subit pas de grande modification.

 

Thanos : Le Retour de Thanos

Scénario : Jeff Lemire – Dessins : Mike Deodato Jr. / German Peralta

 

Thanos a un unique fils vivant. Conscient du risque encouru, il l’a laissé dans l’ignorance. Mais l’ignorance ne dure qu’un temps, et Thane comprend bien vite qu’il est le fils de Thanos. Tout comme son père par le passé, Thane va partir à la recherche d’une force cosmique réputée indomptable pour vaincre son père et se venger. Thanos vit une histoire intéressante apportant plus de matière encore dans son rapport à la mort et à la destruction. Son objectif est de tuer son fils. En tant qu’adorateur de la mort et image de destruction, cette réaction est tout à fait logique et fait de cet album un apport supplémentaire à ce Thanos moderne, associé de près ou de loin aux thèmes de la famille et de l’héritage.

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Thanos Gagne

Scénario : Donny Cates – Dessins : Geoff Shaw

 

Thanos est devenu le roi de l’univers. Il règne en maître, avec son allié, le Cosmic Ghost Rider, et son animal de compagnie : Hulk. Comment Thanos a-t-il pu en arriver là ? Donny Cates s’approprie l’univers Marvel avec cette vision décalée et osée dont va naître une réalité alternative. Rempli d’aventure et simple d’accès, Thanos Wins est de toute évidence le point de départ idéal pour comprendre l’univers cosmique Marvel actuel orchestré par Donny Cates.

 

Cosmic Ghost Rider : Baby Thanos

Scénario : Donny Cates – Dessins : Dylan Burnett

 

Pour en apprendre plus sur le Cosmic Ghost Rider et sa mission, Donny Cates a écrit une mini-série dédiée à ce nouveau personnage, résultat d’un mélange entre le Punisher et Ghost Rider, associé aux pouvoirs cosmiques d’un héraut de Galactus. Cette mini-série est une parfaite transition entre Thanos Gagne et Guardians of the Galaxy. On y découvre brièvement le passé de ce Frank Castle, ainsi que les raisons de sa présence.

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Thanos Legacy

Scénario : Donny Cates – Dessins : Brian Level

 

Thanos Legacy est un raccourci à prendre pour éviter de se disperser. Dans ce numéro, Donny Cates résume ce qu’il y a à savoir. Thanos était présent dans diverses séries et dans l’événement Infinity Wars. Dans The Unworthy Thor, Jason Aaron présente Hela promettant à Thanos sa mort. Heureux de pouvoir rester avec sa bien-aimée il accepte ce sort qui survient dans le premier chapitre d’Infinity Wars. Eros, le frère de Thanos, surgit et ramasse un artefact d’une importance capitale qui constituera toute l’intrigue du titre suivant.

 

Guadrians of the Galaxy (2018)

Scénario : Donny Cates – Dessins : Geoff Shaw

 

De ce statut vont découler les événements des Gardiens de la Galaxie de Donny Cates. Le cadavre de Thanos est retrouvé, mais la mort de Thanos ne fait qu’annoncer un danger encore plus grand, obligeant les Gardiens à se former à nouveau. Les êtres les plus puissants de l’univers se rassemblent pour contrer cette menace qui amènera l’équipe à prendre de lourdes décisions. Pour saisir tout l’enjeu, nous vous recommandons la lecture de Silver Surfer : Black qui se déroule en parallèle.