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Masters of the Universe, l’épopée inratable des années 80

Masters of the Universe, l’épopée inratable des années 80

Il y eut une époque où c’était la grande classe d’avoir une serviette de plage Musclor. Où Mattel avait imbibé le cerveau des petites têtes blondes avec des collections entières de jouets en plastique qui faisaient piquer des crises aux gamins (et à leurs parents) dans les rayons des grands magasins. Les Maîtres de l’Univers n’étaient pas une simple franchise dont Mattel a littéralement épuisé les réserves. C’était une sorte de mitraillette à héros bodybuildé avec laquelle les marketeux de chez Mattel tiraient sur l’intégralité des magasins : des cahiers de texte à la vaisselle en passant par les vélos et la moutarde.

Les moins de 25 ans n’ont pas la chance d’avoir dans leur boîte à jouets pour gamin un de ces bouts de plastoc qui pourtant à l’époque (et encore maintenant, on va pas se mentir) nous faisaient briller les yeux. D’ailleurs, on reste tous de grands gamins, parce qu’encore aujourd’hui on trouve sur eBay de vieux jouets Musclor se vendant à 20, 50 ou 100€ la figurine. Et encore, c’est bon marché. Parce que la figurine encore emballée de Musclor sur son tigre de combat est vendue 4500$ sur certains sites.

Musclor, avec sa plastique insoutenable et son carré court façon Sharon Stone, n’a plus grand chose à voir avec un sex-symbole. Il en reste cependant un symbole incontournable de la pop-culture. Et c’est des Maîtres de l’Univers dont on vous parle aujourd’hui, avec un oeil un peu critique mais surtout beaucoup de nostalgie.

 

Une histoire de jouets

 

En 1981, la société américaine spécialisée dans les jouets Mattel a déversé sur les magasins occidentaux des milliers, que dis-je, des millions de figurines en plastique criardes (et badass). Les grandes licences hyper lucratives type Star Wars ou Retour vers le Futur émergeaient à ce moment là, et comme l’heroic fantasy était à la mode, Mattel décida de marcher sur le succès de Conan le Barbare pour recréer un univers moins violent et moins adulte. Un nouveau barbare est né : He-Man, aka Musclor en France. Et avec lui des tas de personnages gentils et méchants, des accessoires, bref tout un univers à faire fructifier.

A coup d’études de marché sur des enfants intimidés, et d’actions marketing judicieuses (des comics de qualité glissés dans les blisters, un packaging réussi et des publicités régulières, bien ciblées et convaincantes), la gamme reçoit dès le départ un accueil hyper favorable. Mais la firme ne s’arrête pas là : profitant de l’abrogation de la loi américaine  interdisant la création d’une série basée sur une gamme de jouet, Mattel commande un dessin animé pour mettre en valeur ses petits bonhommes en plastique et alimenter la hype qu’ils tentaient de créer autour. Et c’est Filmation qui s’y est collé et qui a produit en 1983 la série mondialement connue. Avec elle, le monde des Maîtres de l’Univers devient de plus en plus complet : des tonnes de nouveaux décors, de nouvelles aventures, de nouvelles histoires sur lesquels la société va surfer pour ramasser un sacré paquet de pognon. Dépassant Barbie, les ventes de MOTU explosent sur la planète entière.

Voulant viser un public de plus en plus large, Mattel lance une gamme “petites filles” centrée sur l’histoire de She-Ra, la soeur de Musclor. Une nouvelle série toujours produite par Filmation est créée, faisant suite aux premiers épisodes de Master of the Universe et incluant les nouveaux personnages de la gamme “filles”. Beaucoup ont considéré She-Ra comme une bénédiction pour les petites filles des années 80-90 : enfin une héroïne puissante et indépendante à laquelle s’identifier, loin des poussettes et des barbies que la télévision essayait de vendre aux futurs mamans.

Mais laissons les réflexions terre à terre des adultes que nous sommes devenus pour nous rappeler la magie de ce prince à la force fabuleuse, levant son glaive et récitant cette réplique qui a marqué toute une génération.

“Par le pouvoir du crâne ancestral, je détiens la force toute puissante !”

 

Je détiens le nanar tout puissant !

 

Pour tous les gamins pré-machouillés sans vergogne par Mattel, le film Masters of the Universe de Gary Goddard en 1987 était l’évènement à ne pas manquer. Hélas si ce film est resté dans les mémoirs, ce n’est ni pour son scénario passionnant, ni pour ses dialogues cultissimes (quoi que), et encore moins pour son jeu d’acteur convaincu et convaincant. Masters of the Universe c’est plutôt le blockbuster cheap fait par le studio de production Cannon (déjà bien connu des amateurs de nanar).

Gary Goddard, à grand renfort de kitsch des années 80, a réussi à perdre les adultes dans ce ton manichéen un peu trop puéril, et les enfants dans un scénario trop sombre et compliqué. Que reste-t-il, alors ? Et bien la folle passion des années 80 pour le “too-much” et la coupe mulet.

Et si l’on sent très bien l’influence du succès de la première trilogie de Star Wars et de Superman (à croire qu’ils n’ont changé que le titre du film tant le générique de début est une copie parfaite de celui de Clark Kent), les costumes à base de stormtroopers en collection automne-hiver passent moyen. En compagnie de ses camarades le Maître d’armes et Teela, Musclor fuit la planète Eternia récemment conquise par Skeletor et ses sbires. Grâce à un artefact au nom houleux créé par un ingénieur un peu illuminé, et parce que l’espace ça coûte cher dans un film, les joyeux compagnons traversent une sorte de portail cosmique et se retrouvent en Amérique. Poursuivis par les soldats de l’Empire (de Skeletor bien sûr), Musclor va devoir défaire tous ces gros méchants en direct d’un bled américain et en compagnie de toute sa nouvelle bande de potes, à savoir des teenagers lambda.

En partie parce que les acteurs les plus charismatiques sont ceux sous les gros masques en plastique et que le personnage le plus attachant est un flic américain, le film piétine tout ce que la série avait de magique et s’en trouve réduit à un nanar navrant, sur-promotionné et au budget astronomique qui donne mal au crâne (ancestral). “Les Maîtres de l’Univers” se voit au deuxième degré et plus, et fait pleurer le public et de rire et de frustration. Parce qu’en plus d’avoir sabordé la carrière d’acteur de Dolph Lundgren (l’interprète de Musclor), il a mis en lumière toutes les petites lacunes de la mythologie de MOTU et a rappelé que peut-être Mattel aurait dû en rester là. On attendait du space-opéra, on a eu du space-oh purée.

 

Netflix joue le jeu

 

En 2019, Netflix annonce la création d’une nouvelle série d’animation originale. Il s’agit de Masters of the Universe: Revelations, tirée de l’univers de MOTU premier du nom et produite par le studio Powerhouse Animation (le même studio que Castlevania). C’est Kevin Smith qui s’en charge (Silent Bob pour les intimes), en partenariat avec le producteur Robert David (Teenage Mutant Ninja Turtles).

Masters of the Universe: Revelations est annoncé comme un sequel de la série d’anthologie. Les fans vont être ravis ! 35 ans après, MOTU aura finalement une fin digne de ce nom. Pour l’instant pas de date de sortie annoncée, si ce n’est “courant 2020”. Et pour ceux qui mettent la charrue avant les boeufs, pas de seconde saison en route : Masters of the Universe: Revelation est une mini-série et l’on attend entre dix et treize épisodes. Mais pas plus d’information : la plateforme de streaming fait cette fois-ci bien des mystères…

 

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Concernant le scénario, toute la clique des héros revient sur Eternia botter les fesses de Skeletor. On retrouve donc pour ce sequel tant attendu Teela, Musclor, Orko, le Maître d’armes et le tigre de combat contre les classiques Skeletor, le Monstre et Démonia.

Du côté du casting, on reconnaît facilement les voix prêtées par les acteurs somme toute assez connus. Chris Wood pour Musclor, Sarah Michelle Gellar (Buffy de Buffy contre les vampires, mais ça vous le saviez déjà) pour Teela. On retrouve aussi avec plaisir quelques acteurs de Game of Thrones comme Liam Cunningham (Davos) prêtant sa voix au Maître d’Armes, ou encore Lena Headey (Cersei Lannister) en Démonia. La série se targue également d’avoir un Mark Hamill en Skeletor ! Que de beau monde.

Petite douche froide pour les fans de la première heure : la série se met au goût du jour, et abandonne ses dessins emblématiques pour le style d’animation japonaise que Powerhouse Animation maîtrise si bien.

On avait un peu peur que Musclor fasse une crise de la quarantaine violente en revenant sur le devant de la scène. Mais avec un Kevin Smith aux commandes et un casting en or, on est ne vous cache pas qu’on est rassuré. En attendant des nouvelles de Netflix, on révise nos classiques.

 

Les maîtres de l’univers de demain

 

Depuis des années Sony nous promet le retour de Musclor sur grand écran, et quelques 120 millions de dollars de budget pour nous en mettre plein la vue et offrir au héros un retour en force. Mais force est de constater que 6 ans plus tard, le film n’est toujours pas là. Le projet est passé de main en main, comme une chaise musicale où tous les réalisateurs et scénaristes se font des croches pattes pour pouvoir s’asseoir, et les derniers debout devront s’y coller. Un David Goyer en tant que scénariste, puis Alex Litvak and Mike Finch, qui ont passé la main à Jeff Wadlow en 2014, suivi de Christopher Yost qui reprend tout à zéro. Même parcours du combattant pour les réalisateurs. Et c’est seulement le début de la longue liste de tout le staff passé sur le projet. De même pour l’acteur principal Kellan Lutz (The Legend of Hercules), qui a finalement laissé la place à Noah Centineo, acteur de “To All The Boys I’ve Loved Before”.

 

 

Avec l’annonce des live actions de Barbie et Hot Wheels, on n’y croyait plus. Et pourtant, Sony annonce la sortie du film MOTU pour le 5 Mars 2021. Hélas, adieu le grand écran : le film sortira directement sur Netflix… et ce n’est peut-être pas plus mal, étant donné que la plateforme accueillera le sequel de Kevin Smith dont on vous parlait. Mais avec l’annonce de l’adaptation de Uncharted par Sony prévue pour Mars 2021 également, on commence à se poser des questions. Sans mentir, à quand le retour de Musclor ?

Pour ce qui est du scénario, le film se situerait avant les aventures de la série originale : on retrouverait les débuts de nos héros préférés sur la planète Eternia. La Terre y serait également mentionnée comme faisant partie intégrante de la mythologie MOTU, avec la révélation qu’Eternia aurait été colonisée par des astronautes par le passé. Encore une fois, aucune certitude, seulement quelques références de réalisateurs et scénaristes (qui ont tendance à s’enchaîner) sur leurs réseaux sociaux.

Visuellement ? Lorsque David Goyer faisait partie du projet, il s’amusait à teaser son futur public avec quelques publications et images bien senties. La plus connue et celle qui a fait le plus de bruit est une photo de lui-même en train de pointer du doigt ce qui ressemblerait à un concept art du film à venir. De même, ses derniers posts donnaient quelques informations concernant le potentiel esthétique du film et les technologies utilisées. Hélas, beaucoup ont été supprimées. Mais subsiste une représentation d’une armure hyper high tech et badass intitulée “Teela Battle Suit”. L’image donne une idée globale de l’esthétique du film, et avec un aspect sci-fi aussi prononcé, on attend avec impatience de voir comment le directeur artistique a géré l’anachronisme constant de l’univers, à savoir l’aspect futuro-féodal qui donnait son caractère singulier à la licence.

Malgré les réticences que peuvent apporter la gestion de projet chaotique du futur film, les images donnent l’impression que l’univers de Master of the Universe a été traité avec toute la considération qu’il mérite. Sans céder à l’euphorie ni au désespoir, on attend tranquillement que la machine s’accélère et qu’enfin le film sorte. Avec deux possibilités à la clé : soit un film qui fait honneur à celui de 1987 c’est à dire un nanar ridiculement décevant. Soit une oeuvre qui rende enfin justice à cet univers qui nous a conquis, et qui nous permette de nous laisser bercer par une douce nostalgie des années 80.

10 bonnes raisons de frissonner devant la série Dark

10 bonnes raisons de frissonner devant la série Dark

Sortie en décembre 2017 sur Netflix, Dark est la première production originale allemande sur la plateforme. Parce que la saison trois sort très prochainement et que la série vaut largement le détour, on vous explique en 10 raisons pourquoi celle-ci a tous les ingrédients pour vous faire frissonner.

 

Le récap

 

Laissons de côté les calembours sur la “Deutsche Qualität” pour voir dans Dark toutes ces particularités propres à la culture germanique.On parle ici de plusieurs siècles d’hommes de philosophie et de science, de théories qui ont façonné le monde. Friedrich Nietzsche comme Albert Einstein apposent leur sceau sur Dark, et ce dès le premier épisode avec cette phrase tirée d’une citation du physicien : « La distinction entre le passé, le présent et le futur n’est qu’une illusion tenace ».

Alors nous sommes prévenus : Dark est une histoire de temps. Si l’espace est figé, les années vont et viennent et l’on se retrouve très rapidement ballotés entre 2019 et 1986. Entre les deux époques, les liens deviennent de plus en plus évidents et profonds, et si au début ces mots peuvent sonner creux, effectivement, “tout recommence exactement comme par le passé”.

Et c’est entre ces fils ténus des différentes époques que l’intrigue de la série s’installe : une enquête policière sur des disparitions d’enfants, qui donne un petit goût d’Heavy Rain par l’ambiance malsaine et pluvieuse et la sensation qu’on ne nous dit pas tout. Mais en aucun cas banal, car très rapidement les paradoxes temporels et les disparitions s’entrecroisent si bien qu’on avance à taton et qu’à chaque découverte de nouvelles questions se posent.

Comme une sorte de huis clos en plein air, la série Dark se situe dans la petite ville de Winden, perdue comme dans le film Le Village au milieu d’une forêt sinistre. Et pour donner du relief, ajoutons derrière les arbres une centrale nucléaire crachant une fumée à la fois menaçante et mystique. On comprend rapidement que ces grandes cheminées effrayantes sont un élément fort du scénario : le traumatisme de Tchernobyl se fait sentir, et l’intrigue se situe quelques semaines seulement après l’accident qui a bouleversé l’Europe.

Quelque chose est pourri à Winden, comme en témoignent les oiseaux morts éparpillés sur le sol, les cadavres de moutons ou encore la forêt comme morte à certains endroits. Les secrets et les non-dits ne facilitent pas les choses dans cette petite ville isolée et pluvieuse, et tous les sentiers sombres ont l’air de mener à cette grotte qui semble avaler les gens et tous leurs secrets.

 

1) Tout est une histoire d’ambiance

 

Apparemment, nous n’avons pas été les seuls déconcertés par l’ambiance glauque de la série. Chose étrange : les créateurs ont l’air aussi interdits que nous ! Aussi, Jantje Friese déclarait : “On pensait avoir livré une histoire universelle sur la famille, les secrets, les passions et les regrets jusqu’à ce que les journalistes étrangers pointent du doigt une forme d’angoisse existentielle très germanique.”. Les créateurs nous ont envoyé un “Secrets et mensonges” version Allemagne torturée, et ça nous a donné de la SF fantastique et un thriller sur des enfants disparus. Et ce n’est pas pour nous déplaire.

Les créateurs de Dark ont un rapport intime à la série, puisqu’elle s’appuie sur une multitude de petits détails tirés de la vie des deux auteurs. Ainsi, Winden, petite ville allemande pluvieuse, est un condensé de toutes ces villes où Baran bo Odar a vécu tout au long de sa vie. Le thème de l’énergie atomique est un clin d’oeil à son père qui a travaillé toute sa vie en tant que chimiste dans ce domaine.

Tchernobyl a également été un traumatisme plus prononcé en Allemagne qu’en France. Les créateurs se confiaient : “Nous étions enfants et nous avons réalisé pour la première fois que l’apocalypse était possible. Nos parents nous disaient de ne surtout pas jouer dehors et d’éviter la pluie.”.

Une autre inspiration a été les contes des frères Jacob et Wilhelm Grimm du XIXème siècle. Blanche-Neige, Le Petit Chaperon rouge ou encore Hansel et Gretel : tous se déroulent dans les vastes forêts allemandes. Comme lieu de tournage de cette histoire inquiétante, une ancienne zone d’essais militaires de la République démocratique allemande près de Berlin, la Fahrtechnikakademie Kallinchen.

 

2) C’est beau, tout simplement

 

Pour les amateurs de belles images, Dark a ce qu’il faut pour éblouir par son obscurité. Si l’ambiance est malsaine et glauque, c’est notamment grâce à la photographie terriblement anxiogène de la série. On est très rapidement conquis par son esthétisme à la David Lynch, et le réalisateur travaille avec minutie la construction des plans, en s’appuyant sur divers procédés comme les effets de miroirs.

On retrouve également un peu du travail du photographe new-yorkais Gregory Crewdson, qui a la fâcheuse tendance à rendre de jolies maisons et jardins en quelque chose d’incroyablement dérangeant. Des images polaires, des couleurs froides, un aspect constamment mouillé et des décors particulièrement soignés donnent toute son allure à la série. Lui attribuant la qualification basique mais pas banale d’être tout simplement belle.

 

3) Une bande-son qui sonne bien

 

La musique vient parfaire cette ambiance inquiétante. Déjà, le générique du groupe allemand Apparat donne le ton. Le subtil mélange entre une BO signée Ben Frost et des morceaux pop donne à la série un charme particulier. Parfois, quelques petits pics de folie dans la bande son semblent relâcher la tension installée par les bruits inquiétants des violons.

En bref, une musique inspirée qui donne beaucoup à l’ambiance de Dark. Que ce soit dans les bruitages qui confèrent ce quelque chose de sinistre aux scènes, ou dans quelques morceaux bien choisis qui apportent une touche nostalgique et quelque peu dramatique.

 

 

4) Une SF biscornue mais convaincante

 

Si parfois les justifications ont laissé les spectateurs un peu sur la défensive, il n’empêche que Dark exploite le voyage dans le temps d’une façon plutôt réaliste. Les explications scientifiques tiennent la route, et l’on n’a pas l’impression de se faire prendre pour des imbécils. Les trous de vers se mêlent aux concepts philosophiques, à l’antéchrist et à l’ésotérisme, tout ça ponctué par la peur d’une énergie nucléaire que personne ne peut finalement contrôler. À l’image du temps.

Et pourtant ça tient la route. On se laisse submerger par les concepts savants et les débats des philosophes comme des physiciens. Avec en climax le concept de la causalité inversée qui donne toute sa profondeur à la série : le Passé qui influence le Futur, oui, mais l’inverse ? Là est toute la question.

 

5) Ça fait réfléchir, et on aime ça

 

Si vous avez l’habitude des séries américaines devant lesquelles déconnecter votre cerveau, les doigts encore tous gras de votre pizza 4 fromages, difficile d’apprécier Dark à sa juste valeur. Ici, comme au lycée, on prend des notes avec des stylos 4 couleurs pour se souvenir des noms, des histoires, des liens entre les personnages et entre les époques. Ça peut paraître barbant, que nenni, on adore résoudre les énigmes. Et comme pour un bon Night Shyamalan, on se rend compte à la fin de tous ces détails du début qui nous avaient échappés.

Dark fait partie de la famille du creusage de tête satisfaisant, bien loin de la frustration des énigmes sans solution. La série est exigeante envers ses spectateurs, mais sait largement récompenser les plus courageux et persévérants.

 

6) Ici aussi on adore les années 80

 

“Ayant grandi, nous aussi, dans les années 80, cette décennie est notre madeleine de Proust. Qui ne rêve pas de revisiter son enfance ?” déclarent les créateurs de la série. Et bien c’est le cas pour nous aussi, et pour beaucoup d’autres shows. On pense à ces playlists endiablées des Bee Gees et ces leggins fluos. Mais également à Stranger Things, corne d’abondance des passionnés des 80s.

La série américaine offre un melting pot de toutes les références des années 80 et gratifie le spectateur à coup de fan service et de clins d’oeil espiègles : elle sent bon l’enfance, les aventures à vélo, et les posters de nos films préférés de Steven Spielberg accrochés sur la porte de notre chambre.

Mais Dark va prendre le contrepieds de cette délicieuse nostalgie. On s’éloigne du fantasme des années 80, on ne retient pas seulement la pop-culture électrique mais également l’ambiance pas toujours joyeuse d’une Allemagne divisée, des petites villes reculées, et d’une guerre pas si vieille qui a traumatisé le pays. L’ambiance fluo laisse place à une vision sociologique crédible et beaucoup plus adulte. Sans pour autant nous frustrer totalement : on vous rassure, les références sont toujours là.

 

7) Un casting 100% allemand

 

Aux manettes de Dark : Baran bo Odar et Jantje Friese, couple au travail comme à la maison. Le duo a déjà écrit et réalisé Il était une Fois un Meurtre, puis Who Am I, qui ont eu du mal à dépasser les frontières allemandes (et c’est fort dommage). Mais Baran bo Odar rejoint le cinéma hollywoodien avec Sleepless, un remake du long-métrage français Nuit Blanche de Frédéric Jardin, sorti en 2011.

Les acteurs, tous allemands, interprètent avec justesse leur personnage, et l’on vous conseille vivement de regarder Dark en VO. Faites-nous confiance, les voix allemandes retranscrivent merveilleusement bien l’ambiance de la série et donnent toute leur profondeur aux acteurs.

 

8) Netflix à l’européenne

 

Depuis seulement 2 ans, la plateforme de streaming semble passer à la vitesse supérieure concernant les productions européennes. On glisse ainsi de 80 projets en 2018 à 153 projets originaux européens en 2019, avec une ambition croissante. Alors que Netflix avait en premier lieu visé son marché local, c’est à dire américain, la stratégie d’internationalisation semble redonner un coup de boost aux contenus (qui manquaient peut-être de ce quelque chose que l’on ne retrouve seulement que sur le vieux continent).

L’Europe semble se rebeller contre cette injustice, et demande à voir ses productions conquérir un public international. Et nous pouvons à présent découvrir les séries de nos voisins, avec des productions qui sentent bon les influences étrangères hors-Amérique. Avec la série allemande Dark, on retrouve également en haut de la liste la série française Marseille, ou encore La Casa de Papel, énorme succès espagnol qui est venu casser l’hégémonie d’une Amérique sur-représentée sur la plateforme.

 

9) Tout le monde est d’accord

 

On est d’accord, il vaut mieux se forger sa propre opinion avant de juger de la qualité d’une série. Mais on va pas se mentir, difficile de rester de marbre devant un tel succès. Dark a suscité l’enthousiasme de la critique et des foules, avec des notes particulièrement élevées sur les différents sites de notation : 8.7/10 (180 000 reviews)  sur IMDb, 94% sur Rotten Tomatoes, et chez les français 4.4/5 sur Allociné.

On aime être original et sortir des sentiers battus, mais une telle renommée pour une série allemande sortie d’on ne sait où, ça donne envie de lui donner sa chance. Et se lancer dans l’aventure Dark pour deux saisons, histoire d’enchaîner sur la troisième très bientôt..

 

10) C’est unique en son genre

 

La série Dark a été soumise à beaucoup de comparaisons pas toujours justifiées. Comme un besoin incessant de rapprocher la série allemande des grandes sagas américaines, on ne cesse de faire des parallèles.

Alors, oui, Stranger Things se déroule dans les années 80, et les personnages principaux sont des jeunes enfants et ados attachants, au jeu crédible. Mais cette comparaison assez grossière ne fait pas tout, et elle s’arrête là tant l’ambiance et la thématique sont différentes. Non, Dark n’est pas une pâle copie de la série américaine à succès, et selon ses créateurs ne s’en est même pas inspirée. On voulait vous prévenir, au cas où vous aviez dans l’idée une série européenne pas si originale.

Cependant, Dark se rapproche beaucoup du Twin Peaks de David Lynch. La série allemande s’inspire de ses mécanismes, et les ressemblances entre les deux villes sont frappantes : énigmatiques, perdues en pleine forêt, isolées, hors du monde. Dans ces deux villes évoluent des personnages tourmentés qui cachent de lourds secrets. De vieilles histoires de famille sont exhumées, et c’est dans cette ambiance glauque que la caméra insiste sur ces slices of life torturés.

Enfin, peut-on croiser un peu de Lost dans Dark ? Et bien forcément, la thématique du voyage dans le temps fait penser à la cultissime série de J.J. Abrams. La volonté de changer le cours des évènements en influant sur la temporalité renvoie bien évidemment à la série américaine.

En creusant un peu la thématique du voyage temporel et des caractères des personnages, les cinéphiles et sériephiles retrouveront surement d’autres références, voulues ou non. Mais Dark, pour toutes les raisons citées plus haut, est un phénomène unique en son genre, et vaut largement le détour. De notre côté, on regarde de nouveau les premiers épisodes en attendant la troisième et dernière saison qui sortira cet été 2020 sur Netflix.

Les séries à voir absolument en juin 2020

Les séries à voir absolument en juin 2020

Ce mois de juin est l’occasion d’upgrader son visionnage de série seul chez soi par “sur un canapé entouré de ses amis et devant une pizza”. Comme se tenir au courant des dernières sorties et visionner les dernières séries est un sport exigeant qui réclame de l’endurance et de la rigueur, on vous aide à vous tenir à la page.

Alors, quoi regarder en Mai 2020, qui sorte de l’ordinaire ? Voici le pire et le meilleur, sans le pire et avec beaucoup de meilleur.

 

Snowpiercer

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Prévue pour le 25 mai sur Netflix, la série Snowpiercer est une réadaptation du livre “Le transperceneige”. Si vous ne le saviez pas, cette BD parue en 1982 et créée par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette est franco-française. Rien de bien étonnant ceci-dit, pour un pays expert du genre ! Souvenez-vous du “Voyage dans la Lune” en 1902 réalisé par Georges Méliès, le premier film de science-fiction au monde. Alors ce comic-book de SF post-apo fait honneur à la science-fiction française, qui n’a pas à rougir devant les autres pays à propos de ce style qu’elle maîtrise si bien.

Après un cataclysme climatique, les derniers survivants de l’espèce humaine sont rassemblés dans un train gigantesque condamné à rouler indéfiniment autour de la Terre. À l’intérieur se trame le stéréotype de l’injustice sociale propre à l’espèce humaine : dans les wagons dorés à l’avant du train vit l’aristocratie, puis on descend les échelons de la société jusqu’à la dernière locomotive réservée aux plus pauvres et aux plus démunis. Proloff, le héros, issu du dernier wagon, remonte peu à peu le train afin de comprendre les pourquoi de cette injustice, et les vraies raisons de ce voyage interminable.

En 2013, le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho adapte la BD sur le grand écran avec “Snowpiercer”. C’est Chris Evans qui interprète le protagoniste principal, et ce après avoir enfilé pour la première fois la combi moulante de Captain America. Cette dystopie qui a enchanté la critique tout en divisant les foules, a été réinventée par la culture asiatique qui lui a accordé son humour et sa réalisation pointue. Et des scènes de combats génialissimes.

On attend beaucoup de cette nouvelle série de Josh Friedman avec Daveed Diggs, Jennifer Connelly, et Sean Bean (on espère qu’il ne mourra pas tout de suite).

 

Stargirl

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Le 18 Mai, le DC Universe nous envoie Stargirl, petit nouvelle girly de l’univers super-héroïque. Avec la fin de la huitième et dernière saison d’Arrow, on s’interroge sur l’avenir des spin-offs Batgirl, Batwoman, ou encore Legends of Tomorrow. Mais on vous rassure, la fin n’est pas au programme, et c’est au contraire quelques séries comme Superman & Lois et Stargirl qui pointent le bout de leur nez.

Le multiverse de DC (qu’on appelle aussi l’Arrowverse après le succès de la série éponyme) s’étoffe, et l’on attendait depuis un moment l’apparition de Superman dans les prochaines réunions des super-héros. Après un petit bazard dans le multiverse, il semblerait qu’à présent la totalité des personnages évolue dans la même dimension : les fans vont sûrement être ravis de voir les héros aller et venir dans les différentes séries.

Stargirl, belle-fille de l’ancien allié de Superman Luke Wilson, emprunte les objets cosmiques de son beau-père (la vilaine) et se découvre des pouvoirs qui vont l’aider à s’émanciper. Alors qu’elle connaît comme tous les jeunes de son âge les tourments du lycée, elle décide de rassembler un groupe de super-héros teenagers pour s’associer avec la Justice Society of America et combattre les méchants.

Courtney Whitmore (interprétée par Brec Bassinger) est déjà apparue dans Crisis on Infinite Earths aux Etats-Unis, un épisode spécial de l’Arrowverse. La voilà sur le devant de la scène pour attirer une nouvelle génération de jeunes téléspectateurs. On ferme les yeux et on prie très fort pour que la série soit au niveau d’Arrow et de Flash.

 

 

Upload

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Après les cultissimes Parks and Recreations et the Office, Greg Daniels revient sur le devant de la scène avec Upload. Alors est-ce que, comme certains disent, cette série à la croisée des chemins entre The Good Place et Black Mirror vaut le coup d’oeil ? Si vous êtes abonnés à Amazon Prime Video, on vous la conseille vivement.

Les acteurs, inconnus au cinéma mais chers au coeur des sériephiles, font du bon boulot. On retrouve ainsi Robbie Amell (The Flash, Code 8) et Andy Allo (Black Lightning, Chicago Fire) dans les rôles principaux. Chris Williams (Silicon Valley), Kevin Bigley (BoJack Horseman, Undone), Allegra Edwards (Briarpatch), Matt Ward (The Bold Type) et la comédienne de stand-up Zainab Johnson complètent le casting.

De quoi parle Upload ? Le talentueux et bellâtre Nathan meurt hélas bien plus tôt que prévu. Mais grâce à sa petite amie fortunée, celui-ci signe un contrat avec Horizons, lui permettant de s’uploader dans une sorte de paradis futuriste nommé Lake View. Complètement perdu et coincé entre la vie et la mort, Nathan attend que ses proches le rejoignent dans son simulacre de vie éternelle.

Visuellement, la série est très belle et l’ambiance tech parfois un peu malaisante est parfaitement retranscrite. La morale de l’histoire est bien amenée et pas du tout prise de tête, alors qu’on pourrait avoir peur d’un sujet de philo du BAC type “l’éternité vaut-elle le coup ?”. Au programme, une réflexion douce sur les rapports humains, une histoire d’amour touchante, des personnages insupportablement hilarants, et une belle caricature de notre société actuelle. Pas aussi métaphysique que The Good Place, pas aussi tortueux et sombre que Black Mirror, mais un Greg Daniels qui s’est complètement réinventé après ses sitcoms si chers à notre coeur, pour proposer une série fraîche et innovante qui sent bon le mois de Mai.

 

Marvel Future Avengers

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Avec l’arrivé de Disney + dans l’hexagone, des tas de séries produites par Disney et restées dans l’ombre arrivent sur le devant de la scène. Pour notre plus grand plaisir ! Alors qu’est ce que Marvel Future Avengers ? Un animé japonais dans l’univers Marvel, parce que c’est bien connu, les super-héros marchent très fort au pays du soleil levant.

La série suit les aventures de Makoto, un gamin énergique et impulsif, et une sorte d’airbender version super héros. Hélas, il tient ses pouvoirs de l’organisation terroriste Hydra, bien connue des habitués Marvel. Accompagné de ses amis Charade (Chloé) et Codec (Adi), eux aussi victimes des expériences un peu foireuses de l’Hydra, les trois jeunes vont ouvrir les yeux sur la vraie nature de l’organisation. Ils se rendent compte que les Avengers ne sont pas les monstres sanguinaires qu’on leur avait dépeints depuis leur plus jeune âge, mais des vrais héros qui ont risqué leur vie pour les sauver, les recueillir et les entraîner dans l’espoir d’en faire un jour leurs successeurs : Les Nouveaux Avengers.

Sous la tutelle d’Iron Man, Captain America, Thor, Hulk et Wasp (aka la Guêpe), Makoto et ses amis vont apprendre à utiliser leurs super pouvoirs pour faire le bien cette fois-ci. Contrairement à Bruno, le meilleur ami de Makoto, qui lui n’a pas eu la chance d’être sauvé par les Avengers. Le jeune cyborg d’une quinzaine d’années reste loyal à Hydra, et devient la némésis des trois adolescents.

Marvel Future Avengers, c’est aussi une histoire touchante d’adolescents perdus qui découvrent de vrais modèles à la figure paternelle, des liens forts qui se créent dans l’adversité, et d’un choix entre le bien et le mal qui peut inverser le cours des choses.

A partir du 22 Mai, on peut donc suivre les aventures de ces héros Marvel à la sauce japonaise, avec ce style coloré qu’on adore.

 

The Eddy

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Damien Chazelle, le réalisateur de La La Land et Whiplash, revient après la sortie de First Man à ses premiers amours, à savoir la musique. Il nous offre donc une mini-série dans l’univers enfumé d’une boîte de jazz, un verre de whisky à la main, et les oreilles pleines des airs langoureux de la chanteuse Maja (ex-petite amie du héros). Elliot Udo, protagoniste principal, autrefois célèbre pianiste de jazz new-yorkais, devient le patron de The Eddy, un club de jazz parisien un peu miteux. Mais en plus de devoir sauver son affaire, Elliot Udo devra gérer son associé et ami un peu louche Farid et verra débarquer à Paris son adolescente de fille Julie.

La série est une ode à la capitale française : tantôt luxueuse tantôt sale, tantôt colorée tantôt obscure. Sur des airs de jazz chaloupés et envoûtants, Paris se revêt de ses plus beaux atouts comme de son quotidien souvent solitaire et sombre. Damien Chazelle se joue le Jacques Demy version obscure et torturé, et son oeuvre en plus d’être une série fascinante se place comme un témoin du mal-être contemporain. Vieux fantômes du passé et secrets révélés aux grands jours marquent le quotidien du protagoniste principal, qui se démène dans son petit club à l’ambiance énergique et un peu subversive.

La série est divisée en 8 épisodes d’une heure chacun, tous centrés sur un personnage en particulier. Ce format un peu atypique et pas toujours bien reçu nous permet cependant d’entrer dans l’intimité d’un personnage, de sillonner sa vie, d’en comprendre les tourments, les erreurs, et les secrets. Damien Chazelle s’entoure d’un casting aux petits oignons, avec une petite préférence pour les acteurs français qui se mêlent si bien à l’ambiance parisienne : Leïla Bekhti et Tahar Rahim tiennent les rôles principaux, et sont accompagnés de Benjamin Biolay (Chambre 212), Alexis Manenti (sacré aux César pour son rôle dans Les Misérables), et l’artiste Sopico. Les acteurs étrangers ont aussi leur place puisque l’on retrouve André Holland (Selma, Moonlight), Amandla Stenberg (Hate U Give de George Tillman Jr.) et l’actrice polonaise Joanna Kulig (Cold War de Pawel Pawlikowski).

Le scénario est parfois un peu maladroit, pas très bien amené et un peu destructuré. Mais les personnages attachants et l’ambiance incroyable qui émane de l’oeuvre de Damien Chazelle nous ont charmés. Que vous soyez amateurs de jazz ou non, ce plongeon dans ce genre musical sensuel et obsédant donne un aspect contemplatif à la série.

Soit on aime, soit on déteste, mais il faut donner sa chance à cette oeuvre au caractère si particulier.

 

Hollywood

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Un plongeon dans les années 40, oui. Mais quel plongeon ! Sous ses airs jazzy de l’après-guerre, l’Amérique se relève et brille du même optimisme que le soleil après la pluie. Hollywood met en scène tous ces passionnés, ces rêveurs, ces bourgeons de stars qui ont fabriqué la nouvelle ère du cinéma. C’est dans ce contexte que le protagoniste Raymond Ainsley cherche le scénario qui bouleversera à la fois sa vie et toute l’industrie cinématographique. Entouré de jeunes passionnés, il partage son ambition avec Archie Coleman, un scénariste afro-américain. Ensemble, ils veulent révolutionner ce milieu plein de blessures et de non-dits.

Recréer l’industrie cinématographique, c’est aussi rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont contribué à construire ce monde. Ceux qui ont été brimé du fait de leur sexe, de leur couleur de peau, de tout ce qui les différenciait de ce qu’un grand du cinéma devait être à ce moment là. Ryan Murphy et Ian Brennan, les créateurs de la série, ce sont appuyés sur des faits historiques pour les romancer, les remanier, recréer l’Histoire et en fait quelque chose de plus proche de nos valeurs. Un travail de recherche énorme, qui nous perd entre la dure réalité et le fantasme de ce cinéma des années 40.

Le goût de Ryan Murphy pour la mise en valeur des minorités n’est plus à démontrer, et Hollywood ne fait pas exception à la règle. C’est même là toute la profondeur de la série. Prostitution, censure, homophobie, violence, misogynie, et tout ce que ce milieu scintillant cachait de plus sombre : tout y passe. Et pourtant la série est optimiste, lumineuse, parfois même naïve : on rêve, mais en gardant les pieds sur terre, et c’est ce qui lui donne toutes ses nuances.

Le thème émeut, fait rire, inspire et passionne les cinéphiles des premières heures comme les fraîchement convertis. Alors on se laisse porter entourés de ces décors sublimes, ces costumes, ces couleurs, au son de cette musique délicieusement vintage. On pousse les portes d’Ace Studios à la rencontre d’une des meilleurs séries de 2020.

Star Trek : retour sur une saga qui a marqué le monde

Star Trek : retour sur une saga qui a marqué le monde

Star Trek, c’est la magie de l’enfance qui ne nous a jamais quittés, nous les geeks de la première heure. Les meilleurs d’entre nous ont écrit leurs premières fan-fictions, certains ont assumé porter les t-shirts aux couleurs de la série (leur valant d’être surnommés “nerd” par leurs camarades et collègues), d’autres enfin ont collectionné les BD et romans tirés de l’univers étendu. Star trek a eu une emprise sur la vie de beaucoup d’entre nous, voire de nos parents, transcendant des générations de “trekkers” (le petit nom donné aux fans de Star Trek). C’est avec un peu d’émotion que l’on vous parle aujourd’hui d’une saga qui a révolutionné le monde de la science fiction.

En 1966, Gene Roddenberry nous emporte dans son univers peuplé d’extra terrestres et de technologie avant-gardiste, au sein de la Fédération des Planètes Unies. A la mort du créateur de la saga en 1991, le succès de son oeuvre lui vaut de donner son nom à un astéroïde et à un cratère de Mars. En corrélation avec son testament, ses cendre furent envoyées en 1997 dans l’espace à bord de la fusée Pegasus. La capsule qui les contenait tourna 5 ans autour de la Terre, avant de se désintégrer dans l’atmosphère.

Mais Star Trek ne suscita l’enthousiasme que d’un public assez restreint. A son apogée, en 1967, la série américaine n’est classée que 52ème en terme de popularité. Alors comment celle-ci a-t-elle survécu à des dizaines et des dizaines d’années de diffusion ? Grâce à une troupe d’indéfectibles trekkers. Arrêtée en juin 1969, suite à un essoufflement du scénario, de la production et des fans, la série faillit tomber dans l’oubli avant d’être relancée en 1987 avec Star Trek: The Next Generation, qui perdura jusqu’en 1994.

 

“Help, je n’ai jamais vu un seul épisode”

 

Si pour vous Star Trek se limite à cet alien aux remarquables oreilles et aux sourcils inquiétants, et que vous observez d’un oeil incrédule ces conventions étranges où se pressent des centaines de nerds, nous sommes là pour vous aider.

Star Trek, c’est 759 épisodes répartis sur 7 séries différentes étalées sur 53 ans. Soit un sacré paquet d’heures de visionnage.

Nous suivons l’équipage du USS Enterprise (NCC-1701) (premier vaisseau de la série), se déplaçant dans la galaxie à une vitesse supraluminique, une technologie développée par les humains et les vulcains le jour dit du “Premier Contact” (first contact day). La série prend place dans un univers utopiste, où l’humanité a éradiqué toute forme de violence physique et morale pour faire de la Terre un monde de paix et d’harmonie. L’humanité s’allie à d’autres espèces intelligentes pour créer la Fédération des planètes unies, une république fédérale interplanétaire comptant plus de 150 planètes membres et plusieurs milliers de colonies réparties dans un rayon de 8 000 années-lumière.

Star Trek narre les aventures des membres de Starfleet, l’organisation dépendant de la Fédération et chargée de la défense et de l’exploration de la Galaxie. Humains et aliens sont ainsi envoyés aux quatre coins de l’Univers pour découvrir d’étranges planètes, des mondes extraordinaires, et se faire mi-aventuriers mi-chercheurs, comme le décrit si bien leur devise : « Ex Astris Scientia » (“Des Étoiles, la Science”).

L’histoire de Star Trek a évolué de saison en saison, de série en série, et d’année en année. Voici un bref récapitulatif de toutes ces saisons qui ont marqué plusieurs générations.

 

Star Trek ou La Patrouille du cosmos (1966-1969)

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En 1966, Gene Roddenberry nous propose une série avant-gardiste qui marqua de nombreux fans et créa une première communauté : les trekkies. Ce sont eux qui ont fait vivre et mourir cette première série qui ne rencontra qu’un succès mitigé. Les épisodes de la première saison suivent un schéma assez récurrent : en effet, il n’existe pas de réelle continuité entre les épisodes. Ceux ci observent généralement cette trame : une race alien, douée de pouvoirs spéciaux et distançant la Terre technologiquement parlant, s’oppose à la Fédération et à l’humanité. Ceux-ci s’appuient généralement sur un seul être ayant acquis des pouvoirs et habiletés particulières, souvent grâce à la complicité d’un dieu. Parfois les aliens ont pour but d’annihiler l’espèce humaine, parfois ils ont au contraire un effet moralisateur. Tout ça dans un épisode de 52 minutes, en one shot, ayant pour clé de voûte les personnages principaux et certaines espèces extra-terrestres (comme les Klingons).

 

 

Si aujourd’hui, scénaristiquement, la série a vieilli, certaines de ses caractéristiques sont toutefois remarquables ! Une afro-américaine tenant l’un des rôles principaux (et dont la romance marque le premier baiser entre une afro-américaine et un caucasien à la télévision américaine !), la collaboration entre un acteur américain, un russe et un japonais en pleine guerre froide, sans oublier toutes ces courageuses personnes en train de pédaler derrière le décor pour le bon fonctionnement des “portes automatiques” dans le vaisseau. Hélas, hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, et la production a décidé d’arrêter la série au profit d’autres plus “actuelles” (c’est paradoxal, pour une série de science fiction). Mais en 1979, la saga connaît un nouveau souffle et le premier film prenant place dans son univers sort aux Etats-Unis.

 

Star Trek : La Nouvelle Génération (1987-1994)

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Souvent qualifiée de la série la “plus douce” et surtout la meilleure de la saga Star Trek, Next Generation prend place dans une société idéale où l’économie ne repose plus sur la notion d’argent : la misère et la famine sont éradiquées, et la jalousie n’a donc plus lieu d’être. L’humanité et la Fédération ne sont plus menacées par des entités supérieures, et les rencontres se font entre espèces aux même stade d’évolution. Si le principe est toujours celui de découvrir l’univers et enrichir la connaissance humaine, d’autres concepts intéressants sont mis en avant, à l’image du voyage temporel. Enfin, le scénario de la série est plus cohérent, les personnages sont récurrents, et on a affaire à un réel plot. Pour beaucoup, Next Generation est la meilleure série de toute la saga. Si vous voulez vous lancer dans l’aventure Star Trek, on vous conseille vivement d’entamer votre pèlerinage par là.

Pourquoi “la plus douce” ? Parce qu’il semblerait que la diplomatie ait fait table rase de l’agressivité présente parfois finement, parfois clairement assumée, dans les saisons précédentes. Mais avec le décès de Roddenberry en 1991, l’aspect technologique passe du côté obscur de la Force, et le sentiment de légèreté prend un tournant nettement plus oppressif.

Et pendant que le Capitaine Picard et le reste de l’équipage du vaisseau USS Enterprise (NCC-1701-D) explorent les confins de l’univers, une autre série est en production, et vient concurrencer celle-ci.

 

Star Trek: Deep Space Nine (ou DS9) (1993-1999)

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On aime ou on n’aime pas. Comme la série lâche le mythique vaisseau intergalactique pour la station orbitale DS9, alors les fans de la première heure sont déchirés. Si Next Generation a l’âme poète, DS9 se veut plus obscure, à la dynamique plus adulte. Intrigues politiques, fanatisme religieux, terrorisme même…

Les fans raffolent de ces nouveaux effets spéciaux qui donnent à la série une toute autre allure, et permettent des batailles spatiales tout à fait honorables. Pourtant l’immobilisme géographique interpelle ou choque, et c’est sur ce point que les avis divergent. DS9 est à la fois un élément de rupture avec la découverte spatiale des premières séries, et un approfondissement des éléments des cultures extraterrestres (vous pourrez presque parler Bajoran, sans rire).

 

Star Trek: Voyager (ou VOY) (1995-2001)

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Voilà 7 saisons qui ont particulièrement ravi les trekkers de la première heure. Petit truc en plus : Kate Mulgrew interprétant le Capitaine Kathryn Janeway, première femme à la tête d’un vaisseau dans Star Trek. Et pas de n’importe quel vaisseau : du Voyager ! De nouveau, le concept majeur de l’exploration spatiale en fait la série se rapprochant le plus de ses origines.

Le plot est simple mais efficace : le vaisseau Voyager est précipité dans le Quadrant Delta, situé à des dizaines d’années lumière de la Terre (soit à l’autre bout de la galaxie, pour faire simple). Toute la série tourne autour du voyage de retour, alors que le capitaine va tenter par tous les moyens de ramener l’équipage le plus rapidement possible sur Terre. Le problème : même à vitesse maximale, le trajet devrait prendre 75 ans. L’occasion, encore une fois pour la série, de faire un pieds de nez aux lois de la physique (mais on adore ça).

 

Star Trek: Enterprise (ou ENT) (2001-2005)

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Encore une série qui a divisé les trekkies. Sorte de prequelle à la saga, le plot se situe avant la création de la Fédération et 100 ans avant les aventures du capitaine Kirk. Le vaisseau Enterprise (NX-01) est envoyé par Starfleet pour débuter l’exploration spatiale.

Star Trek ENT décide de se démarquer des autres opus en revêtant une double casquette. Celle de prendre le contrepieds de la société utopique dépeinte précédemment en justifiant ces traits de caractères plus sombres par le fait que la série se situe avant la création de la Fédération. Impulsivité, agressivité, avidité et ambiguïté : les différentes espèces se découvrent des personnalités propre à leur culture et se différencient bien plus les unes des autres. Les fans de la Hard SF(la SF plus “probable”) sont également servis ! Plus proche des travaux de la NASA, et avec un générique retraçant l’histoire de l’exploration spatiale humaine, la série a conquis un marché de niche encore plus petit au sein de sa communauté de fans.

D’un autre côté, la série semble avoir renoué avec l’humour et l’esprit initial de la Patrouille du cosmos. Un bon point, donc, pour les inconditionnels. Hélas cela ne suffit pas, et Star Trek ENT s’arrête en 2005 sous les huées des trekkies traditionalistes. Comme quoi, quand on leur donne autant de pouvoir, ce sont les fans qui finissent par faire vivre et mourir la série.

 

Star Trek: Discovery (ou DIS) (depuis 2017)

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Est-ce que Star Trek serait passé dans la moulinette des séries actuelles ? Star Trek Discovery est encensé par le public et la presse. Mais quid des fans de la première heure ? Hélas, pas grand chose. Un scénario caricatural, qui se détache de l’essence même de la saga (à savoir l’exploration spatiale), des personnages torturés et une ambiance trop sombre, loin de la candeur originel de la société utopiste de la Fédération. Oui, c’est sûr, Discovery est une bonne série. Mais un bon Star Trek ? Loin s’en faut. Le scénario prend le contrepieds complet des autres séries : une humaine élevée parmis les vulcains, ayant suivi leur enseignement et acquis leurs techniques, et dont le tempérament rebelle et fougueux lui vaut un bannissement de Starfleet… puis une étrange réaffectation sur le vaisseau Discovery.

C’est beau, on en reçoit plein les yeux, et les petits ouvriers des studios Pinewood de Toronto font un travail admirable, c’est sûr. Mais Star Trek Discovery a perdu sa signature, son côté merveilleux qui nous a transporté tout au long de notre vie. En résumé, une très bonne série SF, dans la tendance, qui déclenche cependant les foudres des fans écoeurés et en colère.

 

La Terre Promise : Star Trek: Picard (2019)

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Depuis janvier 2020, Patrick Stewart revêt de nouveau sa fameuse combi pour retrouver le capitaine Picard, commandant de la série Next Generation, et symbole du succès de celle ci. Se dévouant à la science, à l’exploration et au leadership, son personnage a inspiré trekkies du monde entier. Après Star Trek Nemesis en 2002, l’acteur ne s’attendait pas à renfiler son costume, et pourtant, Star Trek Picard est là.

Après la déception des fans face à Discovery, le retour d’une figure emblématique de la saga a de quoi soulager ces âmes en peine. L’ancien capitaine de l’Entreprise qui avait quitté Starfleet revient sur le devant de la scène pour sauver une androïde créée à partir de l’esprit de Data (fyi : personnage androïde emblématique de Next Gen).

Selon Patrick Stewart, trois saisons sont déjà prévues. Alors, est-ce que cette nouvelle série saura conquérir les trekkies désabusés ? On attend de voir.

The Mandalorian : un nouvel espoir ?

The Mandalorian : un nouvel espoir ?

Tout le monde se souvient de la première fois qu’il a vu Star-Wars. Certains ont commencé la saga avec le premier du nom, “Un Nouvel Espoir”, comme beaucoup de gens de leur génération et de la génération de leurs parents. C’est un monde nouveau qui se dessinait sous nos yeux, et non pas seulement une histoire fantastique avec des personnages “super cool”. C’est un univers, de nouvelles planètes, des espèces inconnues, des mondes qui d’épisode en épisode se révélaient à nous. C’était des croyances, des valeurs, la dualité, le choix terrible entre le bien et le mal, et tout ce qu’il implique. Star-Wars n’a pas révolutionné le monde de la science-fiction non, il l’a en partie créé, en a dessiné les contours, l’a démocratisé. En 1977, un film est sorti qui a bouleversé les quarante années à suivre. Encore aujourd’hui, la science-fiction sans Star-Wars, ce n’est pas la science-fiction.

 

Le récap de The Mandalorian

 

Depuis le 12 novembre 2019, l’Internet est submergé par les memes de Baby Yoda. Il faut bien l’avouer, ce mélange subtil entre ses yeux noirs à faire fondre, ses longues oreilles pointues et son duvet de bébé extraterrestre tout vert, fait crever le plafond à notre taux d’ocytocine (l’hormone du câlin). Alors si vous avez une vie sur les internets, impossible d’être passé à côté du phénomène The Mandalorian.

C’est à Jon Favreau que l’on doit la série, une super star dans les studios Marvel. En effet, derrière son rôle d’assistant, chauffeur et garde du corps de Tony Stark (si si, on vous jure, c’est lui), Jon Favreau mène une double vie. Il est ainsi le réalisateur de plusieurs films du MCU : Iron Man en 2008 puis d’Iron Man 2 en 2010, producteur exécutif de Avengers (2012), Iron Man 3 (2013), Avengers : L’Ère d’Ultron (2015), Avengers: Infinity War (2018) et Avengers: Endgame (2019). Sacré CV.

La série, en prise de vues réelles, est annoncée en novembre 2017 par Disney et Lucasfilm. Le 3 octobre 2018, le synopsis ainsi que le titre de la série sont révélés au grand public, en même temps que le début du tournage en Caroline du Sud. Celui-ci se termine le 27 février 2019, et est suivi par l’annonce de Jon Favreau en juillet expliquant que la seconde saison était déjà en cours d’écriture. Avant même la diffusion de la première saison, les fans ont été prévenus : cette nouvelle série qui vient se glisser entre l’ancienne et la toute nouvelle trilogie semble bien partie pour tenir une place importante au sein de l’univers Starwars.

 

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C’est pourquoi, peut-être, certains fanatiques et opportunistes ont décidé de commettre l’irréparable, alors que l’on apprenait le 25 octobre 2018 que la police enquêtait sur le vol de plusieurs éléments de décors aux Manhattan Beach Studios.

Mais que serait Star Wars sans sa musique emblématique (j’espère que maintenant vous l’avez en tête) ? Jon Favreau met la barre très haut puisqu’il demande au compositeur suédois Ludwig Göransson d’assurer la bande son de la série, compositeur clé de l’univers Marvel, qui a d’ailleurs gagné en 2019 l’Oscar de la meilleure musique de film pour Black Panther. Le thème de The Mandalorian, petit mélange entre du western à la Ennio Morricon et les cuivres chers au coeur de John Williams, a connu un véritable succès et inspiré de nombreux artistes sur la toile.

 

Le plot

 

Si vous êtes un peu perdus dans la chronologie Starwars, The Mandalorian se situe 5 ans après Le Retour du Jedi (épisode VI) et 25 ans avant Le Réveil de la Force (épisode VII). Mais l’histoire est bien loin de ces intrigues politiques, et prend place dans un territoire lointain, très lointain… bien au-delà des régions contrôlées par la Nouvelle République.

Après la chute de l’Empire et l’avènement de la Nouvelle République, le métier de chasseur de prime devient de plus en plus précaire. Pour survivre, Le Mandalorien (Mando de son petit nom) accepte un contrat non officiel très bien payé. Le chasseur de prime, l’un des plus redoutables sur le marché de surcroît, se lance sur les traces d’une étrange créature vieille d’un demi-siècle. Mais 50 ans, pour certaines espèces, c’est peu, et c’est ce dont Mando se rend compte lorsqu’il se retrouve face à une minuscule créature de la même espèce que Yoda (ayant une espérance de vie de plusieurs siècles).

 

 

Après avoir livré la petite et ultra-mignonne créature aux néo-partisans de l’Empire et touché la prime conséquente promise, Mando décide de changer le cours des choses et revient sauver Baby Yoda. Les rôles s’inversent : le traqueur devient le traqué. S’ensuit la chasse des deux fugitifs par tout le gratin des chasseurs de prime de toute la galaxie, et des rejetons de l’Empire qui semble se relever doucement après le fiasco de l’Etoile de la Mort (deuxième du nom) de l’épisode VI.

 

Les personnages

 

Depuis le début de la série, seuls deux personnages apparaissent à chaque épisode : Mando et l’Enfant. Les autres personnages se greffent autour des deux protagonistes qui fondent à eux-seuls l’essence même de la série.

 

The Mandalorian – Din Djarin

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Din Djarin, le vrai nom du Mandalorien (aussi appelé Mando), fait partie de la communauté mandalorienne (à laquelle appartenait également Boba Fett). Les Mandaloriens, reconnaissables à leurs armures et leurs casques qui leur servent à cacher leur visage, n’ont pas d’espèce particulière et sont davantage liés par une forte culture guerrière et des capacités physiques exceptionnelles (même si la plupart sont humains).

Din Djarin est un orphelin recueilli par des Mandaloriens dès son plus jeune âge, après l’assassinat de ses parents par des droïdes de combats durant la Guerre des Clones. La perte de ses parents explique sa haine profonde pour les droïdes en général.

The Mandalorian est interprété par Pedro Pascal, qui affirme s’être inspiré du personnage The Man with No Name interprété par Clint Eastwood, et protagoniste principal de la Trilogie du dollar de Sergio Leone. Pour s’imprégner de son rôle, Jon Favreau a demandé à Pedro Pascal de regarder de nombreux westerns spaghettis, et les films de samouraï d’Akira Kurosawa afin de créer le personnage à l’attitude et à la personnalité singulières du Mandalorien. La performance de Pedro Pascal pour son rôle a été très bien reçue par l’audience, et saluée par la critique.

 

L’Enfant (alias Baby Yoda)

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Surnommé Baby Yoda par toute la communauté de fans, l’Enfant est un petit alien appartenant à la même race, pas vraiment identifiée, que Yoda. Malgré ses 50 ans bien tassés, l’Enfant est en réalité un spécimen très jeune au sein de sa race, ce qui lui confère sa petite bouille de bébé adorable. Cependant, derrière son allure de petite peluche, Baby Yoda maîtrise déjà la Force.

L’Enfant est créé à partir d’un animatronique, amélioré à coups de (très beaux) effets spéciaux. Le fait qu’il n’ait pas été créé intégralement en CGI  a été très apprécié sur le tournage notamment.

 

Greef Karga

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Greef Karga est le leader d’une guilde de chasseurs de primes : il régule leurs activités, et s’assure que ceux-ci respectent les règles de la guilde. Son éthique peut paraître douteuse : motivé essentiellement par le profit, Greef peut être dans la série l’allié comme l’ennemi des Mandaloriens.

Au fur et à mesure de ses apparitions, son passé s’éclaircit. Carl Weathers, qui interprète le rôle, a affirmé que l’histoire de Greef Karga sera plus approfondie dans la seconde saison de la série. Devant initialement ne faire qu’une brève apparition, Jon Favreau et son équipe se sont, au fur et à mesure de l’écriture du script, attachés au personnage jusqu’à en faire l’un des protagonistes principaux de la série. Carl Weathers lui-même s’est attaché à son rôle, qu’il a qualifié de “one of the greatest things that’s happened in all of the years that I’ve been in entertainment”. Le public est du même avis que Jon Favreau et l’acteur, puisque le personnage a été très apprécié comme le montrent les différents avis laissés par les spectateurs.

 

Le Client

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Le Client est un personnage mystérieux, rallié au dogme de l’Empire, qui est chargé d’embaucher le chasseur de prime afin de récupérer le petit alien. Nous possédons très peu d’informations sur son histoire et ses motivations, mis à part qu’il a perdu beaucoup lors de la chute de l’Empire. Werner Herzog, le réalisateur, scénariste et acteur interprétant le personnage du Client donne comme description : “a dark, dark sort of figure that shouldn’t be trusted at all”.

 

The Armorer

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Interprété par Emily Swallow, le personnage de l’Armurière est caractérisé par sa tenue de mandalorienne hyper badass. Intelligente et mystérieuse, elle sert globalement de guide spirituel et répare les armures des mandaloriens (qui font partie intégrante de leur vie).

Le caractère et la prestance de son personnage sont davantage inspirés des films d’Akira Kurosawa, prêtant un aspect très samouraï à son aura à la fois calme et autoritaire.

 

Kuill

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Cet alien de la race des Ugnaught est un ancien serviteur de l’Empire. Kuill vit seul et isolé sur la planète Arvala-7 lorsqu’il rencontre le Mandalorien parti à la recherche de l’Enfant. Mécanicien dans l’âme, l’Ugnaught l’aide à réparer son navire puis le droïde IG-11 après sa destruction. Alors que Din Djarin décide de protéger l’Enfant des serviteurs de l’Empire, il se joint à lui sur la planète Nevarro.

De nombreuses critiques estiment que le personnage de Kuill est le meilleur de la série, et sa réplique “I have spoken” est devenue emblématique.

 

IG-11

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IG-11 est un droïde chasseur de primes, initialement destiné à traquer et tuer l’Enfant. Le Mandalorien rencontre IG-11 lors de sa traque et les deux protagonistes s’entraident dans leur quête. Mais lorsque le droïde veut tuer le petit alien vert, le chasseur de prime lui tire une balle et le laisse à terre. IG-11 est réparé et reprogrammé par Kuill, et se joint au Mandalorien dans sa quête de sauver Baby Yoda.

Taika Waititi, qui prête sa voix au droïde et qui est un habitué des studios Marvel, a affirmé s’être inspiré de l’assistant vocal Siri et de HAL 9000, personnage emblématique du film 2001 l’Odyssée de l’Espace.

 

Disney Plus commence sur les chapeaux de roue

 

En même pas un an, Disney Plus se targue d’avoir réuni plus de 50 millions d’abonnés. Une semaine après le lancement de la plateforme en France, le 7 avril 2020, sa demande devançait OCS Go, et suivait de près Amazon Prime Video. En quelques jours, Disney Plus s’est placé en quatrième position des plateformes de streaming les plus demandées. Aux US, avec ses 55 millions d’abonnés au total, la plateforme se place troisième derrière Amazon Prime et Netflix, et largement devant HBO et CBS.

Et en tête des séries les plus regardées en France ? Forcément, The Mandalorian, et de loin. Dans le monde, la série surpasse en terme de popularité et d’audience Game of Thrones et… Stranger Things. Un boom monumental, donc, pour le show, et par là pour la plateforme qui se développe dans le monde entier et conquiert le coeur de millions et millions d’utilisateurs. Fin 2020, Disney Plus devrait atteindre le Japon et l’Amérique Latine.

 

La série a-t-elle sauvé la saga ?

 

Après la taulée de la dernière trilogie Star-Wars qui s’étend de 2015 à 2019, à quoi pouvions-nous nous attendre ? Quand les derniers films saccageaient pour beaucoup de fans la licence de George Lucas, difficile de sortir en 2019 une série sur l’univers sans faire frissonner les déçus. Combien d’entres nous, à savoir les fans les vrais, sont ressortis écoeurés des salles de cinéma ? En reprochant parfois à Disney d’endommager l’essence même de ce chef d’oeuvre du 7ème Art ?

Alors lorsque Jon Favreau, qui fait partie du gratin de chez Marvel, annonce The Mandalorian, on en a eu des sueurs froides. Et pourtant, les résultats ne tardent pas, et la série a eu le don, sans nul doute, de rendre les fans old-school de la série et les extasiés de la SF du XXIème siècle tout à fait d’accord.

En avril, Jon Favreau a annoncé que la saison 3 était en cours d’écriture, et sortirait en 2021. Et on frétille d’impatience.