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La sélection des comics VF de mai 2020

La sélection des comics VF de mai 2020

Chaque mois nous sélectionnons les meilleurs comics publiés en France pour vous aiguiller dans vos achats et vous faire découvrir de nouveaux artistes, des classiques méconnus en France ou encore des nouveautés de qualité.

Cette semaine, nous vous proposons un focus sur le mutant griffu sous la plume de Greg Rucka, de retourner à la fac avec Giant Days, puis au lycée avec Raven.

 

Wolverine : Les Frères

Scénario : Greg Rucka – Dessins : Darick Robertson, Leandro Fernandez

Marvel Deluxe – 256 pages – Contient : Wolverine (2002) #1-11

 

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Après les succès qu’ont été les deux premiers films X-men de Bryan Singer, Wolverine est devenu l’un des personnages les plus appréciés. Et s’il possédait déjà un titre à son nom, Wolverine allait faire l’objet d’un relaunch. Fin de l’ancienne numérotation, il faut du neuf pour le mutant le plus populaire. Et pour ça, il va être mis sur le devant de la scène avec une équipe artistique de choix : Greg Rucka et Darick Robertson.

Greg Rucka atterrit ici après avoir officié sur Elektra et avoir conclu son run sur Batman (New Gotham). Darick Robertson sortait tout juste de son périple culte qu’a été Transmetropolitan. Avec cette équipe, Marvel assurait son emprunte urbaine et trash bien mise en avant à l’époque entre le label Marvel Knights, puis Marvel Max. C’est dans cette lignée que se posent ces histoires de Wolverine, proposées par Panini Comics dans sa collection Marvel Deluxe, en deux volumes.

Wolverine n’a de Wolverine que le nom, et les griffes. A une époque où il ne pouvait pas quitter son costume, Rucka ose le ramener à son statut de créature. C’est Logan qui est mis en avant. Il se définit par son comportement et ses valeurs, comme un anti-héros pleinement assumé, capable de tuer sans remords. En cela, le scénariste évite la dualité déjà vue du mutant entre sa bestialité et l’éthique héroïque des X-men, au profit d’une action révélatrice du caractère du personnage.

Ces deux volumes contiennent trois histoires distinctes, ayant comme point commun le thème de l’injustice et de la morale. Elles posent aussi bien Wolverine que le lecteur face à celles-ci, afin de faire réagir ces deux cibles et faire en sorte que le lecteur approuve le châtiment donné. Des kidnappings et meurtres de femmes esclaves, les conséquences macabres d’une politique migratoire intolérante, ces aventures ne perdent pas l’héroïsme des comics Marvel, mais retirent volontiers le suffixe « super » et revenir à des récits plus terre à terre.

Sans pour autant transpirer de réalisme, ce Wolverine reflète une part du réel. C’est là toute la qualité du titre : engager des thèmes sérieux et pertinents à travers une intrigue simple. A travers ces thèmes, Rucka fait de Logan un citoyen actif, défenseur de valeurs humaines, à son échelle. Wolverine ne changera jamais la face du monde. Il n’a pas cette prétention. Mais il cherche à changer la vie des personnes autour de lui. En renouant avec cet esprit de proximité, plus humaine, Rucka brasse rapidement ces thèmes qui côtoient les limites entre la bête et l’homme qui habitent ce héros mystérieux.

De plus, ces histoires s’intègrent à une forme de quotidien chez Logan. Lors de son run, Rucka intègre divers numéros rappelant ses rendez-vous au bar avec Diablo, jusqu’à clore son run, dans Wolverine : Le retour de l’indigène, sur un retour à ce fameux bar. Car c’est bien là l’essence de Logan, ce sentiment de solitude que la compagnie de Diablo vient rompre. Cet ami de toujours, peut être le seul, capable de supporter le caractère solitaire que Logan lui-même a du mal à réguler. En cela, ce run est une belle réflexion sur la solitude et la destinée de Logan.

En termes d’illustration, le dessin de Darick Robertson dénote complètement avec les couvertures de Esad Ribic. La couverture du premier volume montre un Logan grand, répondant bien plus à l’interprétation de Hugh Jackman qu’au dessin intérieur. Robertson est fidèle aux caractéristiques de Wolverine. Petit, trapu et bourru, son Logan est une bête recroquevillée sur elle-même. Le trait brouillon de Robertson donne à Logan un visage marqué par le temps, où l’immortalité n’est rien d’autre qu’un fardeau. En témoigne, la scène où il doit retirer de son corps les balles reçues à l’aide de ses propres griffes. Voilà l’exemple du talent d’écriture de Rucka. Ces albums peuvent être perçus comme des récits anecdotiques, le simple quotidien de Logan en dehors de sa vie en tant que Wolverine. Mais à l’aide de ces scènes détachées de tout, où le héros se retrouve seul, ces instants silencieux sont pourtant forts de sens et nous invitent à mieux réfléchir ce héros trop souvent réduit à sa fonction d’arme et de personnage violent.

Le second récit est illustré par Leandro Fernandez. Si ce nom ne vous dit rien, il s’agit pourtant d’un artiste argentin proche de Greg Rucka (The Old Guard) et de Peter Milligan (The Discipline, The Names). Son illustration plus simpliste repose sur des aplats de couleurs à l’encrage très prononcé. La représentation de Logan change du tout au tout. Il rejoint bien plus cette vision d’un Hugh Jackman, lui procurant un aspect héroïque plus prononcé, mais joue surtout sur l’idée d’exotisme et des décors d’Amérique du sud. Un choix d’artiste aussi pertinent que talentueux.

Le rendu de Robertson change du tout au tout avec le second Marvel Deluxe. Alors qu’il encrait lui-même lors du premier arc, il assisté pour le troisième par un encreur de talent : Jimmy Palmiotti. S’il est surtout connu pour ses scénarios décomplexés, il est à l’origine l’un des meilleurs encreurs de chez Marvel et apporte un peu de finesse dans le trait de Robertson, révélant un tout nouvel artiste pour un final impressionnant.

 

1ère Année : Hiver

Scénario : John Allison – Dessins : Lisa Traiman

03 Juin 2020 – 256 pages – 22€ – Contient : Giant Days #9-16

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Déjà publié chez Akileos il y a quelques années, l’éditeur a la bonne idée de nous proposer des intégrales de haute qualité. Avec un premier volume sorti en Janvier, il nous offre une parfaite occasion pour nous replonger dans l’un des meilleurs titres indés, détenteur du Eisner Awards du meilleur scénariste en 2016.

Susan, Esther et Daisy ont des caractères très différents. Elles se sont rencontrées il y a peu et ont chacune leurs secrets, mais sont très soudées. Après avoir réglé avec brio les tensions entre Susan et McGraw, cette seconde intégrale va décider de varier les thèmes et se concentrer un peu plus sur Ed et les projets de vacances des trois amies tout en abordant la motivation et la question des examens.

Giant Days est un volume qui parlera à quiconque a/a eu ou a toujours rêvé d’avoir cette amitié. Il parlera tout aussi bien à quiconque a mis les pieds dans une université. Peu importe le souvenir général que vous en gardez, Giant Days garde le meilleur pour illuminer votre lecture. A travers un dessin cartoon relativement commun, Lisa Traiman fait la différence avec des plans accentuant toujours l’émotion tout en restant fidèle à un certain esprit sitcom.

Focalisé sur les péripéties amoureuses, Giant Days n’est pas à réduire à une simple romance adolescente. Il est question de cette transition entre la fin de l’adolescence et le passage à l’âge adulte, en explorant la question de la sexualité, de l’amour et de ses conséquences sur notre personne. L’amitié est un fil rouge qui s’étend plus ou moins longtemps et résout ici les vieilles rancunes, nous rappelle à quel point la vingtaine est le carrefour de la vie et que chacune de nos décisions à cet âge possède de grandes conséquences sur notre avenir. Et en cela, chaque jour est une journée de géant.

 

Teen Titans : Raven

Scénario : Kami Garcia – Dessins : Gabriel Picolo

15 Mai 2020 – 176 pages – 14,50€ – Contient : Teen Titans : Raven (GN)

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Dans un format plus compact et souple, et sous le jeune label DC Ink, Urban Comics propose un petit catalogue très spécifique. DC Ink est un label destiné à un public adolescent, répondant aux codes du Young Adult. On y retrouve des clichés généraux comme un antagoniste, lié à une relation amoureuse et un développement du thème de l’amitié. Le tout empreint d’une légèreté exigée par le genre du Young Adult. Avec ces codes répondant à ce qu’on peut voir comme des clichés réchauffés, ce catalogue possède des titres aux qualités très variables.

Mais Teen Titans : Raven est celui qui sort du lot. Il répond, comme chacun des titres proposés, aux mêmes codes, et à un même concept : la réinvention d’un personnage en adolescent. La première chose est que Raven est un personnage déjà adolescent. La réinvention consiste à la placer dans une situation plus réaliste de lycéenne. En cela, le caractère de Raven s’intègre parfaitement dans le paysage de personnalités variables que peut constituer une classe.

Les thématiques posées par le genre du Young Adult correspondent à celles attendues par un personnage tel que Raven. Jeune et solitaire, la scénariste et romancière Kami Garcia lui octroie une demi-sœur dont la proximité va jouer à la fois avec le thème de l’amitié que celui de la famille reconstituée. Si on se doute bien des tenants et des aboutissants du récit dès la lecture du premier chapitre, cette réinvention a le mérite de proposer une vision intéressante de l’histoire de Raven.

La partie artistique pourrait être originale. Cette représentation en bleu foncé et blanc et un design proche de la bande-dessinée européenne moderne grand public aurait pu faire la différence entre cet album et les canons des comics DC et Marvel. Seulement, cette représentation en noir et blanc, avec une utilisation très rare de la couleur est un parti pris de l’éditeur qu’il impose à chaque album de la gamme Ink. Ainsi, DC ajoute un code graphique à sa gamme Young Adult, déjà très chargée. Avec ces nombreuses restrictions sur les thèmes abordés, l’environnement des personnages et désormais la représentation, comment ces artistes peuvent-ils se démarquer autrement que par l’exploitation de la licence qui leur est attribuée ?

Malgré cela, le dessin de Gabriel Picolo trouve quelques issues. Il se démarque par une mise en page intelligente apportant un léger dynamisme à un album très orienté « tranche de vie ». De plus, l’utilisation des pouvoirs de Raven joue aussi bien sur les couleurs que sur le lettrage, créant une nuance parfaite entre les rôles de dessinateur, encreur, lettreur et scénariste.

Enfin, Raven se démarque parce qu’elle parvient à être attachante. Une caractéristique souvent délaissée dans les comics canoniques, où elle est réduite à un simple être associable et lunatique. Cet album est empreint d’une intimité plus conventionnelle, certes, mais qui explore un caractère fidèle à l’écriture « classique » de Raven. Et en cela, Teen Titans : Raven est un album à considérer.

Iron Fist : le héros qui se cherchait

Iron Fist : le héros qui se cherchait

Aujourd’hui connu grâce à la série Netflix Marvel, Iron Fist était bien loin d’être un personnage populaire dans l’univers Marvel. Très secondaire, avant cette adaptation il était le fruit d’influences passées, un personnage enchaîné à une fan-base qu’on pensait perdue. Fort d’un attachement à une inspiration asiatique populaire, voici les dessous de la création du personnage d’Iron Fist.

Né d’une influence cinématographique… et littéraire

 

Nous sommes dans les années 70. Hollywood est renversé par les petites productions de Bruce Lee avec Big Boss en 1971, puis La Fureur de Vaincre en 1972. Les arts martiaux attirent l’attention du monde occidental. Ces films sont portés par un enseignement, l’honneur et partagent de multiples valeurs semblables au super-héros. Vient alors la question évidente, pourquoi n’avons-nous pas encore de super-héros asiatique ? Marvel, toujours aux aguets pour trouver un nouveau filon, se lance au plus vite avec Master of Kung-Fu, sous-titré Hands of Shang-Chi. Master of Kung-Fu commence au numéro 17. Marvel précipite la publication, et la numérotation fait suite à Special Marvel Edition, une revue réimprimant des aventures de divers héros Marvel. Le personnage connaît un certain succès, aux US comme en France, et écrase la concurrence, dont le Richard Dragon de Dennis O’Neil chez DC Comics. Un mois après la première apparition de Shang-Chi, Iron Fist apparaît dans Marvel Premiere #15.

 

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Créé par Roy Thomas, à la demande de Stan Lee, le scénariste s’exécute accompagné du dessinateur de génie, Gil Kane. Gil Kane était à son meilleur. Il venait de terminer diverses expérimentations à travers divers graphic novels pour renouveler son style et le moderniser. Thomas et Kane vont travailler ensemble sur les origines du personnage. Kane est un grand amateur de littérature et d’opéra. Avec une culture asiatique imposée, Kane va puiser son inspiration de ses lectures pour créer Kun’Lun, dont supposément Les Horizons Perdus de James Hilton. Le roman présente déjà de grandes similitudes avec l’univers d’Iron Fist et le concept d’une vallée perdue dans les hauteurs du Tibet. Tout un mysticisme qu’on retrouve dans les origines du personnage.

 

Un univers instable

 

Thomas y ajoute un registre tragique. Danny Rand, âgé de neuf ans assiste à l’assassinat de son père, puis au sacrifice de sa mère, dévorée par les loups, pour sauver son enfant. Cette tragédie en deux parties est le début du glissement opéré dans les comics vers le grim & gritty des années 80/90. Le Bronze Age opère cette transition et Iron Fist, qui se veut plus terre à terre, décide de surprendre le lecteur avec ces scènes macabres. Ce meurtre n’est pas anodin. Il va motiver Iron Fist, lui donner une raison d’exister. Doug Moench, qui prendra la suite de Thomas dès le numéro suivant, va maintenir cette idée d’enquête. Iron Fist est un héros vengeur, à la recherche de l’assassin de son père. Gil Kane laisse sa place au dessinateur Larry Hama.

 

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Cette nouvelle équipe va officier sur Marvel Premiere pendant quelques numéros. Très inspirés par les films de Bruce Lee, on retrouve chez Larry Hama une représentation des scènes de combats très dynamiques. Doug Moench fait le choix de ramener Danny Rand en milieu urbain, mais avec lui des ennemis exotiques, à commencer par des armes qu’on ne trouvait alors que dans les films d’arts martiaux. L’exotisme se retrouve dans plusieurs points. L’allure du personnage qui se présente comme justicier, fort d’un pouvoir dont il doit être méritant et d’un col exagérément grand qui lui fournit une silhouette unique. Sa ceinture en tissu et son masque sont les références à la culture asiatique et aux codes du sport de combat.

Alors que Moench apporte un contenu et une trame principale pour construire l’univers d’Iron Fist, il est remplacé par Tony Isabella (créateur de Black Lightning chez DC). Cet énième nouveau scénariste ne reste que sur quelques numéros. Une participation peu remarquée, puisqu’il réduit Iron Fist à un super-héros lambda. La faute ne repose pas que sur le scénariste, puisqu’avec Moench, Hama a également quitté le navire. Il est remplacé par Arvell Jones, dont la comparaison du rendu rappelle bien les qualités artistiques de son prédécesseur. Jones se contente de mise en page classique, pensant que le dynamisme se résout à une succession de cases et de mouvements amples, là où Gil Kane et Larry Hama savaient livrer des chorégraphies mettant en avant la beauté de l’art martial avec des plans rapprochés et des plans faisant la part belle aux chorégraphies. Jones manque également de bien de détails et de perspectives.

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Combler le vide : Claremont à la rescousse

 

Dès Marvel Premiere #23, Chris Claremont prend à son tour le poste de scénariste. Côté dessins, Pat Borderick prend la place de Jones. Et la différence se fait sentir. Claremont s’attaque à un élément essentiel jusqu’alors inexploré. Voilà huit numéros que le lecteur lit Iron Fist. Huit mois qu’il voit un homme réaliser des acrobaties et se battre contre des ninjas et des super-vilains. La nature littéraire de Claremont s’attaque d’office à l’homme sous le masque et reprend les éléments intéressants et inexploités de Moench. Iron Fist n’a pas pu se résoudre à tuer l’assassin de son père mais n’a pas eu le temps de réfléchir à ce choix soudain, presque naturel chez le héros. Iron Fist a pour nom The Living Weapon. Qu’est-ce qu’une arme qui refuse de tuer ? Quelle est son utilité dans ce cas ? De ce paradoxe, Claremont va en extraire une réflexion passionnante.

Comme un refrain introduisant chaque aventure, les numéros de Marvel Premiere commencent tous ainsi : « Your are Iron Fist, and … ». Cette séquence répétée varie selon l’histoire racontée. Elle accroche par l’apostrophe au lecteur. Ces quelques mots participent à l’identification au personnage. Le lecteur est capable de transposer ses valeurs à celles du personnage et inversement. Ce petit encadré présente le danger que va encourir Iron Fist dans ce numéro. Pourquoi doit-il se battre ? Quel est ce terrible danger ? En une phrase, Claremont parvient à poser un rituel propre à Iron Fist avec un phrasé accrocheur digne de Stan Lee.

Avec Marvel Premiere #25, Claremont rencontre sur le titre un jeune artiste, fraîchement arrivé chez Marvel, John Byrne. Avant de réaliser leurs exploits chez les mutants, le duo a officié sur Iron Fist. Ce numéro est en réalité une introduction à la revue éponyme publiée dès le mois suivant, et tenue par la même équipe créative. Iron Fist quitte les pages de Marvel Premiere, laissant la place pour le personnage de Hercules. Colleen Wing est kidnappée par un inconnu, attisant la rage d’Iron Fist prêt à tout pour la retrouver.

 

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Iron Fist #1 tente de capitaliser sur une technique simpliste : la confrontation de deux héros. Iron Fist s’oppose à Iron Man. Un choix qui n’a rien du hasard, puisque le nom d’Iron Fist est inspiré d’Iron Man. On raconte que Roy Thomas aurait choisi le mot Iron en référence à Iron Man pour plaire à Stan Lee qui refusait toutes ses idées qu’il ne trouvait pas assez spectaculaires. Pari réussit, Iron Fist est un titre fort d’une action intense.

Le duo créatif Claremont/Byrne était en parfaite symbiose. Byrne arrivait à comprendre les attentes de Claremont. Claremont varie les plaisirs. Il fait de cette enquête le cœur du récit, un fil rouge qui emmène Danny Rand à travers divers lieux. Des bureaux de Stark Industries aux marécages, Iron Fist s’oppose à de nombreuses créatures. Le synopsis classique de la succession d’ennemis à vaincre fait néanmoins son effet. Claremont fait ressortir la rage de son personnage. Lui qui était en plein questionnement sur sa capacité à tuer, le scénariste le pousse à bout pour le révéler plus fort que sa nature.

Malgré tout cela, Claremont place les pièces d’un univers urbain gravitant autour d’Iron Fist. Dès le premier numéro, Misty Knight se présente comme personnage secondaire régulier. Claremont fait partie de ces auteurs modernes engagés. Ses personnages féminins sont forts. Dans le second numéro, Misty Knight s’écarte et repense à sa carrière dans la police et ses regrets qui se concentrent sur une période difficile, où la pression de son coéquipier lui pesait. Une faiblesse interne qui est complètement contrastée par la force physique démesurée du personnage. S’ajoute à ça le passage de Colleen Wing de la femme en détresse au statut de combattante sans peur, qui, avec Misty Knight, va former le duo Daughters of the Dragon.

Iron Fist / X-men : indices du succès futur

 

Chris Claremont fait évoluer Iron Fist dans son milieu urbain. Ce décor va être le lieu de ses luttes engagées. Daniel Rand va se mesurer à des questions complexes comme l’abus d’autorité, la drogue ou le terrorisme. S’il renoue avec cette idée d’arme dans les premiers numéros, c’est pour en sortir grandi et fort d’un univers singulier ne reniant pas les origines culturelles du personnage, ni sa propre condition d’arme.

John Byrne gravit des sommets. S’il est réputé pour ses X-men, son Iron Fist est la création d’une mythe qu’il est devenu. Qui plus est, les connexions entre Iron Fist et les X-men sont nombreuses. John Byrne développe une représentation sensationnelle de l’intrigue avec un héros souvent dos au mur, de longues cases révélant les mouvements horizontaux des personnages. Avec le recul actuel, on remarque des similitudes entre ce Iron Fist et son travail sur les X-men. Des idées répétées qui ne semblent pas pour autant être des copies conformes. La carrière de Byrne se compose essentiellement de répétitions, de réinventions, toujours attachées à une forme de nostalgie. Et s’il créé énormément avec les X-men, son apport à Iron Fist est considérable, qui plus est avec cette double lecture de référence déconvenue à Days of Future Past– entre autres. Se dresse alors une étude comparative des planches d’Iron Fist et celles des X-men.

 

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Le rapprochement se fait aussi bien sur le dessin que sur l’écriture. Claremont fait de Iron Fist un défouloir pour Byrne. L’artiste aime l’action. Et s’il n’a pas son mot à dire sur le scénario, on sent bien que Claremont limite ses périphrases au profit d’une action plus intense. Iron Fist vit des aventures variées d’un épisode à un autre, sans forcément suivre un fil rouge. Le scénario développe son background pendant que Dan en découd aux côtés de Captain America, s’oppose à Boomerang, et découvre l’existence de Sabretooth, qui se révélera être un mutant ! S’en suit une série de team-up entre Iron Fist et l’univers Marvel. Le numéro suivant fait intervenir les X-men, puis Iron Fist rencontre Spider-man dans Marvel Team-Up #63-64. Cette histoire en deux parties est particulièrement importante, et est toujours assurée par la même équipe créative.

Iron Fist rencontre son ennemi juré, Steel Serpent. Comme toute nemesis, Serpent Steel a un costume similaire à celui d’Iron Fist et convoite son pouvoir. Leur combat repose sur la maîtrise et la force de leurs convictions, plans sur lesquels Serpent Steel surpasse Iron Fist. Obligé de se battre face à son double plus puissant, l’histoire d’Iron Fist n’est pas sans évoquer Dark Phoenix Saga. Dans cette lutte, Spider-man tient un rôle de témoin et se sent impuissant face à ces forces de la nature. Le dernier numéro rassemble cet univers urbain et concrétise l’attachement entre Iron Fist et Misty Knight et Colleen Wing, figures féminines fortes qui se sont battues pour le sauver.

Une fois le quinzième numéro atteint, la revue Iron Fist s’arrête brutalement. On retrouvera le personnage, plus tard, dans celle de Power Man (Luke Cage) où il apportera ces valeurs urbaines à traiter, comme une sorte de réponse directe à DC et le Green Lantern/Green Arrow de Dennis O’Neil et Neal Adams. En très peu de temps, Iron Fist est passé de la copie de Bruce Lee attendue par Stan Lee à un personnage reflétant les problèmes de société à travers une culture asiatique apportée par un engouement populaire. Presque cinquante ans plus tard, Iron Fist conserve cet univers et ces valeurs. Seules des itérations vont venir modifier l’essence du personnage, bien trop souvent réduit à un expert en arts martiaux.

Tom King : Des comics et un homme

Tom King : Des comics et un homme

Auteur du multirécompensé Mister Miracle, Tom King est l’un des scénaristes les plus populaires à l’aube de cette nouvelle décennie. L’étoile montante made in DC Comics a connu un parcours particulier, fort d’une expérience personnelle au cœur de son œuvre. Retour sur le parcours d’un auteur de talent.

 

Un homme derrière les comics

 

Tom King se passionne pour l’écriture et la narration dès son plus jeune âge. Sa mère travaillait dans l’écriture de scénario pour le cinéma. Lorsqu’il a une dizaine d’années il découvre les comics avec Avengers #300 de Walter Simonson. Passionné par Star Trek, il suit les aventures de ces personnages chez DC à la fin des années 80. Certains numéros – notamment ceux écrits par Peter David – vont grandement influencer son écriture. Il entreprend des études en philosophie et, entre-temps, il réalise des stages chez DC Comics et Marvel.

Durant ses stages il apprend des grands auteurs de l’époque, Garth Ennis, Brian Azzarello, chez DC. Chez Marvel, il devient l’assistant de Chris Claremont – qui était lui-même assistant de Len Wein dans les années 70, avant d’écrire les X-men. Il croise Frank Miller, Roger Stern, Grant Morrison. Il discute avec le panthéon des scénaristes de cette fin des années 90. Il est diplômé en 2000 et s’engage juste après comme agent pour la CIA. Après la tragédie du 11 Septembre 2001 il part pour l’Irak dans le contre-terrorisme. Il continue de lire des comics, dont les Ultimate Spider-man de Bendis. Il conserve une connexion avec le comic-book malgré sa situation grâce à sa mère qui lui envoie des numéros. Il évoque très souvent cette période sans jamais pouvoir en parler. Lorsqu’il s’apprête à devenir père, il rentre aux Etats-Unis.

 

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Une fois revenu, il publie un roman illustré par Tom Fowler (Sandman Universe), A Once Crowded Sky. Publié par un label de Simon & Schuster, ce livre raconte l’histoire d’un héros capable de voler les pouvoirs d’autrui. Il entreprend de voler celui de tout méta-humain existant avant de se donner la mort, obligeant ainsi chacun à retrouver une vie normale après avoir eu pour but un conflit désormais disparu. Un récit bien reçu pour le public, qui sonne aujourd’hui comme un appel du pied. DC Comics sera le premier à contacter leur ancien stagiaire pour un projet à risque en 2014, par l’intermédiaire de Mark Doyle, éditeur de l’univers Batman.

 

Grayson : Première expérience

 

La première véritable expérience en tant que scénariste arrive avec Grayson. Pourtant, si aujourd’hui le souvenir des aventures de l’agent-37 reste apprécié, le projet était loin de faire rêver les scénaristes. Le concept de Dan Didio, ancien directeur éditorial de DC Comics, consistait uniquement de faire de Grayson un espion après sa prétendue mort dans Forever Evil écrit par Geoff Johns. Particulièrement risqué, Tim Seeley comme Tom King ont été contacté par Doyle pour le projet. Aucun des deux ne pensaient qu’il pouvait s’agir d’une bonne idée. Seeley est un auteur plus optimiste, à l’image de Dick Grayson. Il écrit des aventures plus joviales, agrémentées d’humour. Tom King se trouve dans un tout autre registre. Fort d’une expérience douloureuse et d’une dépression qui l’a rongé jusque peu, le sujet de l’espionnage le touche énormément. Passionné de comics, il s’interroge sur la capacité de Dick Grayson à enfiler le costume d’agent secret. En discutant avec Seeley, ils se rendent compte tous deux que Grayson est le personnage idéal pour ce type d’aventures.

 

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Passé du rôle de Robin à celui de Nightwing, Grayson a cette capacité à devenir ce qu’on attend de lui, avec une éthique de super-héros toujours optimiste. L’agent qu’il s’apprête à devenir va être une expérience qui va le maintenir face à une réalité où il sera enchaîné et devra faire des choix difficiles. Pour écrire ces aventures, Tom King va puiser dans son vécu. S’il ne peut raconter ce qu’il a vécu, il est capable de traiter du sujet à travers les tropes du récit d’espionnage afin de masquer le réel par la fiction. Mais plus encore, il peut faire surgir son ressenti à travers ces histoires, susciter les émotions fortes du métier en plaçant le personnage dans des situations complexes plus ou moins proches du réel.

Terre à terre, Grayson est une saga qui fait la part des choses. Écrite à quatre mains, Tim Seeley et Tom King, en plus d’être devenus des amis, ont deux styles très différents qui se complètent en tout point. En organisant la progression du récit ensemble, leur méthode d’écriture était unique. Chaque numéro accentuait un aspect particulier. Les numéros de Seeley sont légers, amusants, voir drôles. Ceux de King sont d’un sérieux glaçant, et accentuent la tonalité dramatique presque absente des numéros de Seeley. Dans cette double écriture, la caractérisation de Grayson est brisée, et se comprend. Face à des situations critiques, le héros est forcé d’adapter son comportement. King met sa tolérance à rude épreuve, cherche à le faire craquer, alors que Seeley fait ressortir le Grayson de Gotham, il essaie de rappeler qu’il est toujours celui qu’on a connu. Avec quelques numéros forts à son actif, Tom King tâtonne et développe, déjà, une écriture singulière qui ne demande qu’à se développer.

 

Flying Solo

 

Le talent de King est déjà perceptible. Du projet prêt à recevoir les pierres jetées par les fans du personnage, Grayson s’est rapidement fait une place au même titre que Tom King. Fort de cette petite reconnaissance, sa demande chez Vertigo est acceptée. Il écrit un petit chef d’œuvre : Sheriff of Bagdad. Cette maxi-série marque la rencontre entre Tom King et Mitch Gerards et présente une œuvre particulièrement personnelle. Après la chute de Saddam Hussein, un sheriff engagé dans l’armée américaine regarde ce pays sous-contrôle américain. Encore faut-il créer ce contrôle. Notre sheriff va être forcé de créer et former une police irakienne pour faire régner l’ordre, dans un territoire qui n’a connu que la guerre.

 

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Ce récit en dit long sur l’évolution de King. Ses synopsis s’attaquent en particulier à l’après. Une fois que tout a éclaté. Une fois que tout s’est déroulé. Que reste-t-il ? Dans ce creux, souvent inexploré par les scénaristes, Tom King s’immisce et en fait le cœur de son réc it. Frustrant, les premiers chapitres donnent l’impression d’avoir raté le plus intéressant. Or, King pousse le scénario dans ses retranchements et apporte bien plus de matière à cet après. Après la guerre, comment faire régner la paix ? Une fois que le pire est passé, il n’est pas question de souffler. Parce que c’est une fois qu’on relâche nos efforts que nous tombons. Fort d’une illustration technique, originale mais encadrée par un gaufrier symbolique, Sheriff of Babylon rafle les nominations sans atteindre la récompense. Avec sa première série en tant qu’unique scénariste, Tom King frappe déjà fort.

Ce gaufrier, Tom King va en faire presque une marque de fabrique. Ce qui était une référence à Watchmen va devenir une forme généralisée dans ses créations futures. Après Sheriff of Babylon, DC lui confie une maxi-série centrée sur les Omega Men. DC Comics pensait jouer la sécurité en lançant, comme à son habitude, une série limitée centrée sur une équipe connaissant une fanbase plus ou moins importante, d’une licence jugée datée. Les Omega Men étaient une équipe de héros, sorte de Gardiens de la Galaxie de l’univers DC – ayant connu la première apparition de Lobo. Passionné par l’aspect Trekiste qui ressort de l’équipe et le potentiel du titre, Tom King signe aux côtés d’un jeune artiste brésilien de talent Barnaby Bagenda.  Malgré une qualité évidente, la maxi-série est un échec commercial, mais un échec médiatisé. Omega Men est un succès critique. Faute de vente, DC Comics menace d’en arrêter la publication prématurément. Les fans se dressent contre l’éditeur, réclamant la fin de la maxi-série. Le tollé Omega Men révèle la consommation digitale et illégale du comics, et laisse entendre une consommation et /ou une saturation du marché. Tom King en fait les frais, mais comme toujours, en ressort grandi. Omega Men a l’effet d’une histoire à part dans la carrière de Tom King. Un aparté cosmique où il commence à s’amuser avec différents personnages, jouer sur les connections des licences DC Comics.

 

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Après quoi, il expérimente chez Marvel un titre secondaire sur Vision. Le personnage, déshumanisé, est le terrain de jeu parfait pour l’auteur. King va poursuivre sur ce thème de la réinsertion explicite depuis l’écriture de son roman à l’origine de sa carrière. King joue des métaphores, et glisse avec assurance sur le thème de l’androïde avec une comparaison au comportement humain. Avec ou sans émotion, l’homme comme la machine peut faire des choix et réfléchir à l’après, se questionner sur ses envies, ses attentes et le résultat obtenu. Peu importe le titre, la maison d’édition, ou même l’artiste, il est toujours chez King question d’un après. Cette histoire n’est pas sans rappeler le vécu de King à son retour d’Irak et la dépression qui le guette.

 

Une consécration à Gotham

 

Entre temps, son contact chez DC, Mark Doyle, a besoin de quelqu’un pour reprendre Batman après le départ du duo Snyder et Capullo. Il a sous la main David Finch qui lui assure un succès et une attente de la part de la communauté. Le caractère et le ton de King s’accorderait parfaitement à Batman. King a un talent incroyable pour développer un personnage et exploiter son trauma. King est désormais sur le devant de la scène, avec la lourde tâche de faire suite à Scott Snyder qui a maintenu un succès commercial continu sur Batman New 52.

Batman Rebirth est lancé, et les premiers numéros interrogent. Batman chevauche un avion et esquive les gratte-ciels de Gotham dans le premier numéro. Après un arc complet, King introduit Gotham Girl et Gotham en tant que personnages. Plusieurs problèmes se posent. Le style stéréotypé de Finch ne correspond pas à l’écriture de King. Le scénariste est orienté vers une lecture métaphorique alors que Finch s’arrête à la représentation d’un blockbuster qui fonctionne dans les scènes d’action, mais flanche dans les instants les plus calmes, non moins intéressants. Ce n’est que plus tard, avec l’arc Rooftops que le Batman de King se révèle. Il relance la romance entre Batman et Catwoman, fait de Bane cet ennemi juré de Batman, brutal, qui cherche à justifier son ego, et nourrit celui de son adversaire. Plus on s’enfonce dans ce run, plus la métaphore s’éclaircie. Avantage comme inconvénient, King a su remettre en question des éléments fondamentaux de l’univers de Batman et en faire surgir de nouvelles idées tout en prenant, encore et toujours, le chemin menant au thème de la famille.

 

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Batman Rebirth a eu ses hauts et ses bas, mais reste une réussite générale, et la seule parmi les travaux « grand public » du scénariste. Lorsqu’il propose de développer le Sanctuaire, Dan Didio voit l’occasion de réaliser un event, un nouveau Identity Crisis. King reste fidèle à ses ficelles, mais gère un univers bien trop vaste et des personnages que le public ne connait que trop bien. En plus de se mettre à dos les fans des victimes, King porte tout ses espoirs sur l’identité du coupable, découvert bien trop tôt. Sorti de son écriture intimiste, King perd ses moyens et s’embourbe dans un univers trop vaste.

 

Mister Miracle, Strange Adventures : l’apogée

 

A contrario, et pendant la publication de son Batman, Tom King se tourne vers une maxi-série fidèle à ses tropes. Mister Miracle est un personnage du Fourth World (ou Quatrième Monde en français) capable de se sortir de toute situation. On le voit souvent enchaîné à des bombes et/ou des fusées. Mais King décide d’en révéler son point faible. Mister Miracle est le personnage idéal pour son thème de l’après, du sentiment de victoire. Le héros vit dans son appartement avec sa femme, Big Barda. Une guerrière, et un soutien moral primordial pour Scott Free, victime d’une très lourde dépression. Après un conflit entre New Genesis et Apokolyps, le couple est libre. La guerre est terminée. Mais Scott Free ne parvient pas à se faire à ce retour à la normale. Lorsqu’Orion lui demande de retourner au combat, Scott Free refuse. Lassé de tout, il ne possède plus aucune motivation, mais pire que tout, il ne sait pas comment sortir de cet état. Prisonnier de sa dépression, il ne trouve aucune issue. Ce qui le fait plonger de plus belle, encore et encore.

 

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En 2020, Tom King poursuit sur cette lancée, avec le personnage d’Adam Strange. Héros de l’espace, Adam Strange est l’auteur d’un livre à succès, qui n’est pas sans rappeler le succès de Tom King avec A Once Crowded Sky. Toujours aussi proche de la vie de son auteur, Strange Adventures donne tous les indices d’une suite potentielle à Mister Miracle, lui-même suite potentielle de Vision. Ces récits intimistes partagent des éléments communs. La femme forte, l’objet d’un traumatisme, et un retour à la normal complexe s’il n’est impossible. Ces tropes sont la signature de Tom King. S’il peut donner l’impression de ressasser en permanence les mêmes thèmes, il parvient à les aborder de manières bien différentes. S’il peut écarter certains éléments d’un personnage dans son écriture, il l’enrichit de ces thèmes propres et use de son univers pour grandir avec lui. L’écriture de King est peut-être un schéma aujourd’hui bien connu, mais possède une originalité indéniable et cette recette est toujours aussi forte en émotion. De par son attachement à la métaphore et à ses dialogues aux sens multiples, Tom King est dors et déjà un grand scénariste.

Captain America : revue de ses pires ennemis

Captain America : revue de ses pires ennemis

Captain America, alias Steve Rogers, alias Cap pour les intimes, c’est un peu le super-héros incarnant les valeurs américaines dans ce qu’elles ont de meilleures : la justice, la paix, l’idéale de démocratie, … Créé par Joe Simon et Jack Kirby deux artistes incontournables de la maison d’édition Marvel Comics, le personnage apparaît pour la première fois dans Captain America Comics #1 en décembre 1940. Véritable figure patriotique contre le régime nazi, il devient ensuite le leader et un des fondateur de la légendaire équipe des Avengers.

Si dans les films du MCU c’est Chris Evans qui endosse le costume de Captain America, dans les comics, il a subi une longue évolution, réinventé à chaque fois par une multitude d’artistes. Durant sa longue carrière de super-héros, de nombreux ennemis en tout genre se sont frotté à Cap’ – et souvent pas des moindres. Voici une petite revue de ses pires ennemis.

 

Mother Night

 

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Susan Scarbo, alias Mother Night, était une ancienne hypnotiseuse de théâtre qui a préféré utiliser ses talents à des fins criminelles . Scarbo était également une acolyte de Crâne Rouge, et en son absence, elle a été chargée d’élever (et d’endoctriner) sa fille, Sinthea.

Mother Night et Sinthea dirigeaient les Sisters of Sin, un groupe de super vilaines qui tentait d’attiser la haine au sein de groupes de jeunes desœuvré. Travaillant de façon indépendante, Mother Night a mis à profit ses capacités hypnotiques avec ambition. À plusieurs reprises, elle a tenté de prendre le contrôle des Avengers et du S.H.I.E.L.D.

 

Machinesmith

 

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Samuel Saxon s’est d’abord fait appeler Mister Fear, principalement en duel avec Daredevil. Cependant, dans Marvel Two-In-One (Vol. 1) #47, Saxon s’est réinventé en tant que Machinesmith. Comme son nom l’indique, ce vilain est un génie lorsqu’il s’agit de créer des robots pour atteindre ses objectifs, et il a fini par transférer sa conscience dans l’un de ses androïdes.

Avec une nouvelle vie, il a servi le Crâne rouge, ce qui l’a amené à entrer en conflit avec Captain America. Il a failli vaincre Cap lorsque ce dernier a tenté de le faire accuser de trahison. Bref, un ennemi qui n’est pas à prendre à la légère.

 

Batroc

 

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Georges Batroc, expert en kick-boxing français devenu mercenaire, a eu une histoire mouvementée avec Captain America. Batroc est apparu pour la première fois dans Tales of Suspense #75, travaillant pour un comité au sein d’Hydra connu sous le nom de THEM. Bien que battu dès le départ, une rivalité s’est instaurée entre lui et Cap.

Batroc revint avec la Brigade de Batroc – une escouade d’ennemis de Captain America, formée pour l’aider à voler des artefacts spéciaux, ainsi qu’à éliminer Cap. Batroc et sa team ont refait surface à plusieurs reprises pour causer des ennuis au Cap et ont été vus récemment dans Secret Empire, travaillant aux côtés du Baron Zemo. On le voit dans le film Marvel : Avengers: l’Ère d’Ultron

 

 

Constrictor

 

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Frank Payne, au départ, n’avait pas l’intention de d’endosser une carrière de super-vilain. Il travaillait pour le S.H.I.E.L.D. lorsqu’ils l’ont envoyé en mission d’infiltration en tant que super-vilain. Il l’a fait, sous le nom de Constrictor. Alors qu’il était sous couverture, Payne a souffert d’une dépression nerveuse, ce qui l’a conduit à adopter pleinement son nouveau personnage.

Constrictor a combattu Cap de nombreuses fois, que ce soit lors d’une sortie en solo ou avec ses acolytes, comme les Maîtres du Mal ou la Société des Serpents. Récemment, Payne a succombé à une maladie mortelle, laissant l’héritage de Constrictor à son fils.

 

Vermine

 

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Après avoir été capturé par Arnim Zola et subi de nombreuses expériences, Edward Whelan devint une horrible créature ressemblant à un rat, Vermine. Accompagné d’une légion de rats sous son contrôle, il s’en prit à Cap dans Captain America (Vol. 1.) #272. Bien que vaincu lors de son premier combat , Vermin continua à prouver qu’il était un atout précieux pour Zola et le baron Zemo. Au fil du temps, il s’est diversifié et a terrorisé d’autres super-héros, notamment Spider-Man, mais a fini par vaincre ses démons pour se battre du côté du bien.

 

Nightshade

 

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Tilda Johnson est apparue la première fois dans Captain America (Vol. 1) #164. Après avoir subi une défaite humiliante, Nightshade a gardé un goût de revanche. Plus tard, Nightshade prend le contrôle d’une installation du S.H.I.E.L.D. et organise un combat entre Cap et Falcon.

Dans ses exploits ultérieurs, Nightshade a utilisé son génie criminel contre des personnes comme Luke Cage, Iron Fist et Hulk. Ces dernières années, Nightshade a mis sa carrière criminelles de côté et est devenue la nouvelle Nighthawk.

 

Dr Faustus

 

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Psychiatre devenu génie du crime, le Docteur Faustus, a fait ses débuts dans Captain America (Vol. 1) #108. Cap l’a rencontré pour la première fois en tant que patient, après avoir demandé l’aide professionnelle du docteur lorsque Cap faisait des cauchemars liés à la guerre. Faustus en a profité pour tenter de rendre Cap fou.

Finalement, Cap s’aperçoit de la ruse et élimine le médecin d’un seul coup. Faustus a continué à manipuler divers héros au fil des ans, dont Spider-Man, Daredevil et les Quatre Fantastiques. Plus récemment, il a aidé Hydra pendant Secret Empire.

 

Superia

 

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Deidre Wentworth, alias Superia, ne déteste rien de plus que les hommes. C’est pourquoi la plupart de ses projets visent soit l’élimination de tous les hommes de la planète. Au début, elle organise une armée de super-vilains féminins connus sous le nom de Femizons, dont le but était de lancer une arme chimique sur les hommes de la Terre, mais qui a été stoppée par Cap et ses amis.

Superia a récemment refait surface en tant que leader du H.A.M.M.E.R. à la suite de la chute de Norman Osborn. À son retour, Superia a accepté un poste dans sa nouvelle équipe de Dark Avengers, devenant ainsi une nouvelle Ms Marvel mais en version maléfique  Plus tard elle se fait abattre par Crâne Rouge qui avait investit l’esprit d’un clone de Captain America.

 

Le Grand Directeur

 

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Enfant, William Burnside vénérait pratiquement Captain America. Plus tard, il a synthétisé sa propre formule de super-soldat, a changé son nom en Steve Rogers, et a prévu de devenir le nouveau Captain America pendant la guerre de Corée.

Cependant, la guerre s’est terminée avant que Burnside ne puisse accomplir de missions. Motivation de Burnside pour combattre le crime sur son propre sol. Le Dr Faustus finit par le capturer et lui fait subir un lavage de cerveau pour qu’il devienne un Grand Directeur – le chef d’un groupe maléfique connu sous le nom de National Force. Le Grand Directeur a ensuite été renvoyé dans le passé, où il a connu sa fin aux mains de Bucky.

 

Maître de la haine

 

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L’infâme scientifique Arnim Zola a été responsable du clonage d’Adolf Hitler à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Alors que plusieurs clones ont péri, l’un d’entre eux s’est avéré suffisamment stable pour s’opposer aux héros de Marvel en tant que terrible Maître de la haine (en VO : Hate-Monger).

Celui-ci s’est confronté à Captain America et ses alliés à maintes reprises. Cependant, le vilain avait parfois voulu rejoindre le coté des super-héros mais la conscience d’Hitler fut transférée dans un nouveau corps. Le Maître de la haine fut enfin vaincu lorsque le dernier clone d’Hitler reçut une reprogrammation mentale incomplète, le laissant inoffensif.

 

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Karl Morgenthau, alias Flag-Smasher, est apparu la première fois dans Captain America (Vol. 1) #312 dans la peau d’un fou voulant la paix dans le monde à tout prix. La philosophie rétrograde de Flag-Smasher, qui consiste à créer la paix mondiale par la haine, a été motivée par la perte de son père, un diplomate dont l’approche pacifique était jugée inefficace par Flag-Smasher.

Flag-Smasher s’est acquitté de sa mission en voulant déstabiliser le monde, ce qui a inévitablement conduit à une bataille avec le Cap. Après avoir perdu, Flag-Smasher a quitté le pays, mais a continué ses complots terroristes dans d’autres parties du monde.

 

La Société du serpent

 

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La Société du serpent est un groupe de mercenaires dont les costumes et les aptitudes sont proches du reptile, d’où le nom. Le groupe s’est fait connaître après avoir rempli son premier contrat en éliminant M.O.D.O.K. Maintenant sur le radar de la communauté des super-héros, la Société du serpent a souvent affronté Cap et les Avengers.

Bien que leur liste soit en constante évolution et que le nom du groupe ait changé plusieurs fois (il s’appelle désormais Serpent Solutions), la bande de mercenaires est restée dans les parages. Ces dernières années, ils ont failli mettre fin prématurément au travail de Sam Wilson en tant que nouveau Captain America.

 

 

Le Soldat de l’hiver

 

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On a longtemps pensé que l’acolyte et meilleur ami de Captain America, Bucky, avait péri pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’est avéré que le corps de Bucky avait été récupéré par les Soviétiques. Ils lui ont fait un lavage de cerveau, le transformant en l’un de leurs plus dangereux agents : le Winter Soldier.

En tant qu’espion pour eux, Bucky a combattu Wolverine et Nomad et a finalement rencontré son Steve Rogers dans Captain America (Vol. 5) #1. Après un long conflit avec son vieil ami, Cap a finalement réussi à joindre Bucky. Après s’être souvenu de sa véritable identité, Bucky s’est lancé sur la voie de la rédemption comme dans le film Captain America : Winter Soldier.

 

Maître de corvée

 

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Dans Avengers (Vol. 1) #195, le mercenaire connu sous le nom de Maître de corvée (Taskmaster) a d’abord affronté plus qu’un simple capitaine. Peu de temps après, Taskmaster a fait son entrée dans le mythe de Captain America. Dans le cadre d’un plan directeur, Taskmaster a formé John Walker à devenir le nouveau Captain America et a ensuite travaillé aux côtés du Red Skull dans un stratagème visant à détruire le nouveau Cap.

Plus récemment, Taskmaster s’est aligné avec Hydra lors des événements de Secret Empire. Toujours mercenaire, dès que la résistance a pris le dessus contre Hydra, Taskmaster a changé de camp dans l’espoir de gagner les faveurs des héros.

 

Vipère

 

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Vipère, parfois appelée Madame Hydra, a eu d’innombrables accrochages avec Cap. Cap s’est d’abord occupé d’elle lorsqu’elle a dirigé la branche d’Hydra à New York, puis plus tard lorsqu’elle a rejoint l’Escouade des serpents. Plus tard, lorsque Sam Wilson a pris le manteau de Captain America, Viper et Hydra ont tenté de créer une arme qui n’épargnerait que les membres d’Hydra.

Sans surprise, en tant que loyaliste de longue date d’Hydra, Viper a joué un rôle clé dans le contrôle qu’Hydra exerçait sur tout au cours de l’histoire tristement célèbre et très malmenée de Secret Empire.

 

Baron Von Strucker

 

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Comme Crâne Rouge, le Baron von Stucker a une longue histoire avec Captain America. Strucker a travaillé avec l’opposition pendant la Seconde Guerre mondiale et a participé aux premières opérations d’Hydra, souvent en croisant Cap, Bucky et Logan. Il s’est proclamé l’Hydre suprême et a cherché à étendre les tentacules de l’Hydre dans tous les coins du monde.

Après la fin apparente de Crâne Rouge, Strucker a pris le pouvoir à Hydra et l’a transformée en une menace mondiale. En tant que chef d’Hydra, Strucker se battit avec Nick Fury, fit infiltrer Hydra au S.H.I.E.L.D. et engagea la brigade de Batroc pour éliminer Cap.

 

Crossbones

 

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Crossbones est un mercenaire de classe mondiale, ayant eu une vaste expérience à travers le monde avant de rencontrer Captain America. Alors qu’il était employé par le Red Skull, Crossbones a finalement rencontré son égal à Cap. Les deux hommes se sont affrontés à Madripoor avant que Crossbones ne soit retiré par le Red Skull.

Des années plus tard, travaillant à nouveau pour le Red Skull, Crossbones joua un rôle clé dans le plan de son patron qui prévoyait la chute de Captain America. Sous les ordres de Red Skull, Crossbones a géré une branche de l’AIM et a récupéré Sin de sa captivité par le S.H.I.E.L.D.

 

Arnim Zola

 

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’un des as dans la manche du méchant était leur scientifique de génie, Arnim Zola. Parmi ses nombreux exploits durant la Seconde Guerre mondiale, Zola a travaillé avec le baron Zemo pour créer une armée d’androïdes, il a créé le Super Soldat connu sous le nom d’Ubermensch. Zola a réussi à sortir de la guerre en transférant sa conscience dans un robot et a ensuite continué à travailler pour Hydra.

Plus tard, Zola a découvert la Dimension Z, un endroit où il régnait et où il a permis à ses créations de se déchaîner. Pendant qu’il était là-bas, Zola a levé une armée de soldats génétiquement modifiés avec l’intention de s’emparer de la Terre.

 

Le Baron Zemo

 

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Le baron Zemo, fils d’un savant maléfique de génie, a accusé Captain America du décès de son père. Il s’est donc engagé à vaincre Cap et à élever le nom de Zemo vers de nouveaux sommets de puissance. Après avoir travaillé aux côtés d’Arnim Zola et du Crâne rouge, Zemo fonde les Masters of Evil, l’homologue vilain des Avengers.

Cela a conduit à l’une des défaites les plus humiliantes des Vengeurs, lorsque Zemo et son équipe ont chassé les héros de leur propre quartier général. Pendant les décennies suivantes, Zemo rassemblera les Masters of Evil, menaçant à chaque fois de détruire complètement les Vengeurs.

 

Crâne Rouge

 

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L’éternelle haine que Crâne Rouge voue à Captain America a été déclenchée dans Captain America Comics #7. Red Skull était un officier de haut rang devenu chef de la branche connue sous le nom d’Hydra. Il s’est battu avec Captain America et Bucky à d’innombrables reprises pendant la Seconde Guerre mondiale et a refait surface peu après que Cap ait été libéré de sa suspension cryogénique.

Crâne Rouge a organisé la mort de Cap immédiatement après la “guerre civile”, la première étape de son plan qui devait lui permettre de contrôler le pays. Heureusement, Sharon Carter réussit à l’éliminer.

Top 10 des Comics à lire pendant le confinement

Top 10 des Comics à lire pendant le confinement

En période d’épidémie du Covid-19, et avec des mesures aussi extrêmes que celles appliquées actuellement, il est bon de retrouver du temps à consacrer à certains plaisirs dont celui de la lecture. L’épidémie rappelle certains synopsis, à savoir celui du virus transmissible, mais le cas du confinement est également l’occasion de revoir notre rapport à la solitude et à l’isolement. Dans certains cas, une situation apocalyptique est imaginée. Pour calmer vos craintes et trouver la lecture adéquate à la situation, voici 10 comics à lire en période de confinement.

Le classement relève plus de l’ordre thématique que d’un véritable classement qualificatif.

 

10) Marvel Zombies

 

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Si on pense souvent à Walking Dead, Robert Kirkman est néanmoins un grand passionné de super-héros. Scénariste des Ultimate X-men, de Marvel Team-Up, il a officié plusieurs années durant comme scénariste chez Marvel et a su s’y faire un nom, grâce à la popularité grandissante de Walking Dead et Invincible en 2004. Aux côtés de Sean Philipps, il signe ce qui était alors une petite mini-série transformant les héros Marvel en zombie.

Sous ce concept bateau, Robert Kirkman expose une histoire avec un potentiel intéressant. Dans ce monde où les super-héros sont les défenseurs du monde, où ils se tiennent en êtres invincibles, que deviendrait ce monde si même ces figures héroïques se trouvaient vulnérables face à un virus mortel. Le tout pourrait être réduit à un simple fan-service indéniable, mais qui est bien l’objectif du récit : mettre en avant l’idée de super-héros zombies dévorant ce qu’ils tentaient de protéger quelques heures auparavant. A contre-courant, il est possible de vous recommander DCeased, dont le concept est le même, mais se concentre bien plus sur les dialogues et relations entre les personnages luttant contre le virus.

Un comics à ne pas mettre entre toutes les mains. Le scénario suggère une violence crue que Sean Philipps ne fait qu’accentuer. L’artiste au style très sombre se veut dérangeant et particulièrement gore. Ses ombres granuleuses laissent penser à un aspect brouillon, un mouvement permanent des ombres qui laissent ces monstres n’apparaître à la lumière que rarement.

 

9) Crossed

 

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Pour poursuivre dans le thème de l’épidémie et du zombie, Crossed est un comics aux équipes artistiques variées. Cet univers horrifique repose sur un concept. Un virus zombie touche l’humanité. Seulement, ce virus ne transforme pas l’homme en mort-vivant. Il le libère de ses pulsions les plus sombres et violentes auxquelles il répond immédiatement. Cannibalisme, évidemment, mais également meurtre, viol, Crossed est un comics sans aucun tabou.

Sous cette explosion de violence et d’immoralité se trouve l’écriture de Garth Ennis, auteur de Preacher, Hellblazer ou encore The Boys. Ce qui peut de toute évidence sembler gratuit ne l’est pas tant. La violence chez le scénariste amène toujours à une réflexion. Sous ses airs de série B, Crossed possède des sens effrayants que chacun peut interpréter comme il souhaite. Et pour ces différentes lectures, Crossed mérite de ne pas être réduit à la violence extrême qui fait sa réputation.

Parmi les différents volumes qu’il est possible de trouver, nous recommandons les runs de Garth Ennis, mais également ceux de David Lapham. Proche des thèmes de Garth Ennis, David Lapham est l’auteur de Stray Bullets. Avec une écriture plus ou moins énigmatique, il nourrit l’univers de Garth Ennis avec, généralement, un sous-texte en accord avec le créateur de la licence.

 

 

8) The Goon

 

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Vous souhaitez du comics de zombie avec un trait d’humour ? Eric Powell est de loin l’un des artistes contemporains les plus amusants et rayonnants. Avec son écriture similaire au conte pour enfant, il développe avec The Goon des ressorts très courants, mais dont le mélange en fait toute son originalité. L’histoire est celle d’un duo, The Goon, un marin grand, musclé et qui n’hésite pas à se salir les mains, et Franky, petit, chétif, mais casse-cou.

Tous deux, ils vont nettoyer la ville infestée de monstres d’un prêtre à la tête d’une armée de zombies. Chaque volume trouve des lieux et thèmes différents. De l’enfance du Goon à des combats aux côtés de Hellboy, The Goon est un melting-pot de références de la culture pop sous forme de contes fantastiques divertissants. Parfait pour sourire en période difficile.

 

7) Tank Girl

 

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Amateurs des productions musicales de Gorillaz, vous avez sans doute déjà lu Tank Girl. Cette série raconte l’histoire d’une adolescente vivant en Australie dans son char d’assaut. Isolée du monde, elle est loin de la bimbo régie par les stéréotypes du comics américain v et possède un caractère bien trempé. Fermement opposée aux conventions sociales, la clope au bec en attendant son petit ami kangourou. Découpé à l’origine sous forme de diverses histoires, Tank Girl révèle la patte graphique de Jamie Hewlett.

Jamie Hewlett, avant d’être le co-fondateur du groupe avec Damon Albarn, était un passionné de comics qui publiait des fanzines avec d’autres amis et collaborateurs. Dans l’un d’eux il créé avec Alan Martin les aventures de Tank Girl. Baigné d’une culture pop anglaise révoltée, il réalise ces histoires des lendemains de soirées baignant encore au petit matin dans les diverses vapeurs émanant de l’appartement. Fort de sa dimension psychédélique, ce comics à l’humour absurde vous fera esquisser plus d’un sourire. Tank Girl est une parfaite colocataire de confinement pour lutter contre l’ennui.

 

6) Kamandi

 

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Pour s’isoler et se retrouver à travers divers questionnement philosophiques, Kamandi est de loin le meilleur comics. Créé par le Roi des comics, Jack Kirby, Kamandi se compose comme un conte philosophique mélangeant Candide de Voltaire et La Planète des Singes de Pierre Boulle. Kamandi se réveille dans un futur post-apocalyptique. Il sort d’un bunker qui l’a protégé de la fin du monde. Curieux de découvrir ce qu’il reste des civilisations passées, il s’engage dans un périple aux multiples dangers.

Les hommes sont devenus esclaves des animaux, alors que les différentes races se font la guerre à l’aide de technologies développées. Ces hommes sont réduits à un état sauvage. Ils ont perdu le don de parole et rares sont ceux capables de réfléchir. Kamandi va surprendre ce monde en tant que jeune savant, se faire des alliés et des ennemis. Au fil de ce périple, il va grandir et apprendre au même titre que le lecteur. Un classique de l’univers DC Comics à la croisée des genres.

 

5) Sweet Tooth

 

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Dans un univers post-apocalyptique, Gus est ce qu’on appelle un hybride. Mi-humain, mi-cerf, cette enfant de 9 ans vit seul avec son père dans une cabane perdue dans les bois. Cachés alors qu’une épidémie a décimé la majorité de la population, la paranoïa frappe le père de Gus. Vivant dans une insouciance propre à l’enfance, Gus va voir sa vie basculée lorsqu’il rencontre un homme étrange après le départ de son père. Pour la première fois, Gus va sortir de cet enclos et découvrir le monde… ou ce qu’il en reste.

Ecrit et dessiné par Jeff Lemire, Sweet Tooth est un titre Vertigo, un univers indépendant compilé en trois volumes chez Urban Comics. Gus sort enfin de chez lui, après plus de sept années de vie confinée. Fort en émotion, le point de vue de l’enfant est parfaitement exploité et témoigne, encore une fois, de la parfaite gestion des relations familiales par le scénariste. Son style graphique très brut et simpliste en rebutera plus d’un, mais participe à la qualité de la série, puisqu’il mêle harmonieusement la dimension fantastique du récit et son genre post-apocalyptique focalisé sur la survie de ses personnages. Loin d’être un simple survival, Sweet Tooth est l’histoire d’une vie, d’un personnage qui évolue et dont l’histoire reflète toute une métaphore de la condition animale : le prédateur et la proie.

 

4) Rover Red Charlie

 

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Charlie est un chien d’aveugle. Il aide les humains et vit pour ça. Fier d’être un chien, il aime sa vie et ses meilleurs amis : Red et Rover. Mais un jour, les humains sont devenus fous pour une raison inconnue. Charlie, piégé par sa laisse qui le lie au corps en feu de son maître se trouve aidé par ses deux amis. Ensemble, ils vont voyager, chercher après les humains dans l’espoir de retrouver un semblant de vie.

Garth Ennis, encore, signe ici une œuvre complète chez le même éditeur que Crossed. Violent, Rover Red Charlie se veut bien plus explicite. Ennis reste fidèle à lui-même avec certaines idées dérangeantes, mais traite de différents aspects d’un même thème. Il renverse les rapports de force, et nous amène à réfléchir au concept de servitude. Pourquoi accepter de servir ? Quand devons-nous refuser ? A travers l’expression d’animaux, avec un incroyable travail d’écriture pour retranscrire la pensée limitée des chiens, Ennis parvient à refléter des caractères humains et amener à une sacrée réflexion. S’ajoute à ça les superbes planches de Michael DiPascale, qui fait la part belle aux passionnés de l’animal comme du comics d’horreur. Un concept et un style unique disponible chez Komics Initiative.

 

3) Ether

 

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Scientifique certain de sa réussite, Boone Dias plonge à répétition dans un autre monde. Ether est une terre fantastique, une civilisation à part où Boone se réfugie constamment, persuadé de pouvoir trouver la preuve de son existence. Mais cette quête se révèle être quelque peu secondaire. Boone aime par-dessus tout le sens que prend sa vie sur Ether, puisqu’il y tient le statut de héros valeureux qu’il ne possède pas dans le monde réel.

David Rubin se révèle être un dessinateur très influencé par Paul Pope, pour un résultat très coloré, proche du psychédélique. Le scénariste Matt Kindt nous emmène dans une enquête remplie d’aventure sur fond de thriller psychologique se focalisant sur l’échappatoire. Une issue parfaite en temps de confinement pour, vous aussi, vous échapper dans ce monde psychédélique.

 

2) Black Hammer

 

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C’est la grande licence indépendante de ces dernières années, Black Hammer est le nouvel univers super-héroïque imaginé par Jeff Lemire. Présent au scénario, il laisse la partie graphique à Dean Ormston. Avec des perspectives plus prononcées, Ormston retranscrit une partie du style de Lemire avec des traits droits et des ombres très prononcées.

Black Hammer est un univers où les super-héros ont disparus. Ils sont condamnés à vivre ensemble dans un corps de ferme sous cloche. Ils interagissent comme une famille recomposée, sur qui pèse ce confinement. Alors que Abe, le chef de famille, tente de maintenir un semblant de calme tout en se faisant à cette vie isolée, d’autres ne le supportent pas, et espèrent redevenir les super-héros qu’ils étaient autrefois. Entre écriture d’un monde et événements menant à celui de demain, Jeff Lemire mise tout sur un suspense inquiétant et le poids du quotidien sur des êtres exceptionnels. Toujours aussi profond, Black Hammer joue sur une double lecture avec des personnages copiant les membres fondateurs de la Justice League de DC Comics. Connecté au titre principal, un crossover entre les deux univers sera bientôt disponible chez Urban Comics.

 

 

1) DMZ

 

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Les Etats-Unis se retrouvent dépassés par les événements lorsqu’une seconde guerre civile frappe la nation. Les forces armées mobilisées à travers le monde dans des conflits extérieurs, le pays ne pensait pas devoir faire face à une menace intérieure. Ainsi, des milices anti-gouvernementales s’organisent, s’opposent dans des zones démilitarisées appelées DMZ.

Sur la ligne de front qu’est devenue Manhattan, le photographe stagiaire Matty Roth se retrouve embarqué dans un hélicoptère pour accompagner un journaliste peu scrupuleux sur le terrain. Mais l’hélicoptère est attaqué et Matty Roth se retrouve seul en plein No Man’s Land. Au cœur du conflit, le photographe va devenir la personne la plus convoitée par les médias mais également les milices. Matty va alors devoir apprendre à survivre de bien des manières, tout en répondant à l’éthique journalistique qui l’anime.

Fruit des recherches colossales de Brian Wood sur les conflits militaires où sont intervenus les Etats-Unis, DMZ se dresse comme une réponse à la présence américaine en Irak suite aux attentats de Septembre 2001. DMZ est un comics fort de sa vraisemblance. Il nuance chaque parti, chaque organisme et tout est sujet à réflexion. Certains éléments facilitent la narration, mais les justifications n’entachent jamais le réalisme du titre. Et ce n’est que par petites touches de folies que Wood pimente son titre. Profitez du confinement pour lire ce comics, bientôt adaptée par HBO en série télé.

X-men et piraterie : Les influences de Dave Cockrum

X-men et piraterie : Les influences de Dave Cockrum

Si vous avez lu les X-men de Chris Claremont, vous avez forcément aperçu les superbes planches de Dave Cockrum. Un artiste qui a lourdement contribué à la création des super-héros emblématiques de Marvel comme Diablo, Tornade, Wolverine, le Hurleur ou encore Colossus. Artiste capital dans l’histoire des X-men, Dave Cockrum y a incorporé des éléments révélant ses inspirations premières : les pirates et la science-fiction.

Influence paternelle

 

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Dave Cockrum est fils d’un lieutenant-colonel de l’Air Force. La vie professionnelle de son père va dicter la vie familiale qui le suivra dans tous ses déplacements. Habitué à cette vie, Dave verra son père comme un héros et se passionnera pour l’aviation. Il rejoindra la Navy pendant six années, où il dessinait pour le journal de la Navy mais également pour des comics réservés aux militaires. Le milieu militaire et ses vaisseaux le passionne. Enfant, il était lecteur régulier du titre DC Comics Blackhawks, une équipe de pilotes d’avions de chasse affrontant les menaces les plus dangereuses et les plus extravagantes.

L’un de ses plus grands désirs a été de dessiner les Blackhawks. Malheureusement, par besoin d’argent, il a dû refuser. Le tarif proposé par DC Comics était un tiers plus bas que la normale. Dave a laissé la place à autre dessinateur Dan Spiegle et s’est alors contenté de réaliser quelques couvertures pour le titre et des back-ups pour Action Comics dans les années 80.

Rien d’étonnant donc à voir chez les X-men un vaisseau nommé Blackbird. On peut y voir une éventuelle référence à travers ce véhicule qui participe à un aspect militarisant de cet institut pour jeunes mutant. Le nom use également d’une référence ornithologique, moins violente. Et nous verrons par la suite, que si la piraterie est bien omniprésente, le thème s’infiltre à travers différents registres. Passionné par l’aviation, ses récits de piraterie ne se feront jamais sur mer, mais dans les airs. Un résultat que Cockrum n’atteindra qu’avec la science-fiction.

 

X-men / Legion of Super-Heroes : Une histoire de costumes

 

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Lorsqu’il était dans la Navy, Dave Cockrum remplissait un carnet de personnages costumés qu’il créait pour le plaisir. Une fois rentré chez DC Comics, et après avoir remué ciel et terre pour atteindre un poste de dessinateur, il souhaitait les utiliser pour la Légion des Super-Héros. Dave insistait pour inclure une extension à l’équipe, composée de personnages originaux, dont Nightcrawler (Diablo). Mais l’éditeur refusa. En dehors de Diablo, aucun des personnages prévus pour cette équipe n’a été utilisé ailleurs. Plus tard, Dave demande à récupérer sa planche du mariage de Bouncing Boy. Carmine Infantino, le directeur éditorial de DC Comics, le lui refuse. Peu de temps après, il demande à dessiner Marvel Boy Jr. Les éditeurs acceptent, mais une fois l’information parvenue aux oreilles de Carmine Infantino, ce dernier refuse. Dave Cockrum s’en va.

Cockrum entre peu de temps après avoir travaillé pour des éditeurs indépendants chez Marvel. L’éditeur et scénariste, Len Wein lui demande d’encrer les X-men. Cockrum, ayant appris de ses échecs et ne supportant pas d’être réduit à ce poste, insiste pour dessiner. Avant que les X-men de Chris Claremont ne se révèlent être un succès grandissant à travers plusieurs décennies, le défi était d’attirer le lecteur. Et pour l’attirer, il fallait présenter des personnages attrayants. Sur ce point, Dave Cockrum était l’homme idéal. L’artiste venait de quitter DC. Ses idées n’étaient jamais reçues, aussi bonnes étaient-elles. Il était entré chez DC Comics en tant qu’encreur pour Legion of Super-Heroes, avant de devenir dessinateur de temps à autre d’après les crédits des numéros.

 

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Il se révèle chez Marvel, avec le Giant-Size X-men #1 où, avec Len Wein au scénario, il reforme l’équipe avec de nouveaux personnages. Ils sont tous des créations originales de Cockrum, sur d’éventuelles idées de Roy Thomas, à l’exception de Wolverine, déjà apparu quelques années plus tôt, créé par Len Wein et John Romita Sr. Dans Incredible Hulk # 180, son costume abordait le thème de la sauvagerie. Mais le masque se voulait être le plus fidèle à l’animal auquel il se réfère. En laissant une ouverture pour les yeux, il laissait bien penser qu’il s’agissait d’un homme sous le masque et finissait par humaniser le personnage. Dave Cockrum propose à Len Wein de revoir ce costume et suggère différents designs. A contrario, il met en avant son aspect animal. Soucieux de conserver les éléments principaux du costume d’origine, Len Wein impose ses conditions. Dave Cockrum, nouvel arrivant dans la maison des idées, accepte et donne à Wolverine le costume que nous connaissons. En réalité, Dave Cockrum s’est grandement inspiré de Timber Wolf, membre de la Legion des Super-Heros, avec qui Wolverine partage aussi bien l’animosité que la coiffure.

Lorsqu’il doit penser à créer des mutants pour les X-men, Dave Cockrum est encore très inspiré de la Légion des Super-Héros. La conception des costumes va chercher à exprimer le caractère de chaque personnage. Mais tous seront inspirés par un thème : la piraterie. Ces nouveaux mutants sont modernes. Et la modernisation des costumes de super-héros dans les années 70 passe par une forme d’extravagance, dans les formes étendues ou élargies. La piraterie va jouer un rôle essentiel. Wolverine n’est que très peu touché. Son masque et ses bottes possèdent des ailes noires qui seront étendues et vont venir caractériser le costume.

 

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Il s’agira d’un même effet chez Colossus, dont les couleurs ne feront qu’associer le personnage à son pays d’origine, la Russie. Colossus porte des bottes larges avec des revers propres aux pirates. En y incrustant ces éléments originaux, mêlés à l’esthétique singulière des années 70, Dave Cockrum assurait le succès du titre. Il impressionne Len Wein avec son carnet rempli de personnages et de costumes fantasques.

Seule exception parmi ces créations, Tornade, dont le costume est une reprise d’un personnage que Dave Cockrum a créé pour Marvel nommé Black Cat. Il s’agissait d’un projet présentant de nouveaux super-héros issus de différents pays. Black Cat devait être une femme de couleur avec un costume identique à celui de Tornade, la cape en moins. Pour l’inclure parmi les X-men, il décide de lui donner des cheveux blancs pour créer un contraste. On se moque. Mais Dave assurait là une caractéristique singulière propre au personnage. Ce qui fait encore aujourd’hui la réputation posthume de Dave Cockrum, comme l’un des plus grands designers de costumes de super-héros.

 

Diablo, de la lame au bateau

 

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Nightcrawler est sans conteste le personnage favori de Dave Cockrum. A l’origine, Diablo devait être un démon. Il était pensé comme vilain, ou du moins anti-héros. Avec le temps, et l’évolution de la figure du monstre dans les comics, Cockrum a tenté de l’inclure dans la Légion. Mais ce sont les X-men qui vont donner sa chance, faisant de cet être aux origines magiques, un mutant.

L’attachement de Dave Cockrum pour le personnage se ressent sur bien des points. Il est le personnage de l’équipe fondamentalement lié au thème des pirates. Son costume comprend des épaulières pointues larges, et des formes sur son costume laissant penser à des bottes. Plus encore, dans son écriture, Diablo révèle rapidement avoir une passion pour les chapeaux et les costumes. Chris Claremont était jeune, et laissait toujours une part d’implication de l’artiste dans le scénario.

Mais c’est dans sa mini-série de 1985 que Nightcrawler finit par se révéler pleinement. Écrite, dessinée et encrée par Dave Cockrum, cette mini-série présente en tout point la vision finale de Diablo par son créateur. Tout en tenant compte du caractère redéfinit par Chris Claremont, et son comportement jovial, Dave Cockrum va user d’une excuse particulièrement simple : une défaillance dans la salle des dangers. Diablo va être plongé dans un monde de créatures volantes étranges, d’un magicien monstrueux, d’une princesse séduisante et de bateaux pirates volants.

Il puise toute son inspiration dans des œuvres telles que John Carter (Le Cycle de Mars) de Edgar Rice Burroughs, dont il a toujours rêvé d’en devenir le dessinateur. Il apporte au personnage un background supplémentaire qui fera toute la particularité de son retour, sous Jason Aaron, dans Amazing X-men : les Bamfs. Dans cette appropriation des genres de l’aventure et de la science-fiction, qu’on remarque dors et déjà avec le visage et le surnom de Diablo « l’elfe », Cockrum intègre des versions naines et simplettes de son héros. Sorte de double de l’auteur, Diablo, plongé dans cette aventure fantasque, ne s’inquiète pas. Il se plaît même à intégrer cette bande de pirates, pour ensuite se retourner contre eux et sauver cette princesse. Plus encore que les X-men, Nightcrawler est une exécution de tous les fantasmes artistiques de son créateur. Et le récit doit être considéré comme tel. Non pas comme une aventure solo d’un X-man, mais d’une réappropriation d’un personnage par son père originel. Et c’est sans doute là une autre interprétation envisageable de Diablo, dont le père sera toujours inconnu, jusqu’à Jason Aaron qui mêlera Azazel et ce même périple délirant de piraterie aérien.

 

X-men : Corsaires de l’espace

 

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Plus que les X-men, effectivement. Car Cockrum avait son mot à dire chez les X-men. En plus du design de leurs nouveaux costumes, l’artiste souhaitait bien apporter sa patte si particulière au titre X-men. Pour rappel, X-men était le titre maudit. Au début des années 70, malgré l’arrivée de Neal Adams et son esthétique furieuse, ainsi que des aventures écrites par Roy Thomas, le second de Stan Lee, les ventes étaient catastrophiques. Ce retour des X-men semblait être un projet destiné à couler. Len Wein s’occupait déjà de Hulk en plus de son poste d’éditeur, et n’avait pas le temps, ni l’envie, de s’occuper des X-men. Il réalise le Giant-Size avant de laisser le scénario à Chris Claremont qui était alors son secrétaire. Un fan de la première heure qui a su créer son opportunité.

De son côté, Cockrum venait de se trouver une place de dessinateur, place dont il rêvait depuis plusieurs années. Ce sont deux rêveurs atteignant leur but. Et Cockrum souhaitait marquer le titre de sa patte. Son amour pour les pirates déjà marqué par le design de certains personnages, va s’accentuer. Plus qu’une simple envie personnelle, la thématique des pirates s’ancre parfaitement avec l’équipe marginale qu’est celle des X-men. Si on pense généralement au pirate comme un ennemi, quelqu’un définit par des actions jugées vilaines, le pirate est en réalité bien plus qu’une action violente. Qu’est-ce qu’un pirate sinon un individu considéré socialement différent et cherchant à vivre de lui-même, en dehors de cette société dans laquelle il ne se reconnait pas ? En revanche, ce que nous pouvons reconnaître à travers cette définition, ce sont bien les mutants.

Avant de quitter les X-men, Dave Cockrum souhaite partir sur un grand final, une confrontation cosmique de grande ampleur. Chris Claremont présente alors Phoenix Saga (à ne pas confondre avec sa « suite » : Dark Phoenix Saga dessinée par John Byrne). Les X-men croisent alors différents personnages composant l’univers cosmique Marvel encore en évolution comme Firelord ou Gladiator. Dans cette saga culte, Cockrum va y incorporer différents éléments relevant de la piraterie : les Starjammers. Certains ennemis des X-men seront des pastiches de membres de la Legion de DC Comics, mais les Starjammers menés par le père de Cyclops, Corsair, marquent toute la singularité d’un artiste comme Cockrum. L’équipe des Starjammers est introduite dans Uncanny X-men #104, avant de se voir posséder un titre spin-off avec X-men Spotlight on Starjammers en 1982, dessiné par lui-même.

 

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Dans Uncanny X-men #107, l’artiste tente d’imposer un nouveau costume à Wolverine. Dans un affrontement intense aux côtés des Starjammers, son costume est en lambeaux. Il récupère celui de son ennemi (ressemblant étrangement à Timber Wolf) et retourne se battre. Dave Cockrum le conserve jusqu’à leur retour sur Terre, et dans Iron Fist #15 où il dessine un affrontement entre Wolverine et Iron Fist. Mais John Byrne prend la suite, et fan de Wolverine de la première heure, il refuse de conserver ce costume bestial. Il décide de revenir au costume classique de Giant-Size X-men #1.

Cette confrontation entre Dave Cockrum et John Byrne définit tout ce qui fait le succès, sur le plan esthétique, des X-men de l’époque. Cockrum baigne constamment dans ce space-opéra issu de la Légion des Super-Héros, et fort de sa conception des costumes, son imagination foisonnante et son intense productivité nécessitent des barrières pour ne pas faire des X-men un calque de la Légion, ancré dans le présent.

S’il a quitté assez tôt les X-men, Dave a rapidement regretté sa décision. Il reviendra plus tard en 1982 et devra quitter à nouveau le titre suite à sa demande faite auprès d’un éditeur pour créer les Futurians. Sa quête obsessionnelle de liberté lui a fait rater à deux reprises le poste de dessinateur qui était pourtant sien. Avec Futurians, Dave Cockrum tentera de réitérer le succès des X-men, et y proposer sa propre vision, plus attachée au domaine de la science-fiction et de l’aventure cosmique. Mais ces Futurians restent encore considérés comme le reflet des X-men, et non comme une œuvre à part entière. En partie faute de costumes similaires et d’un scénario répétant certains ressorts propres à l’histoire des X-men. Un destin qui semble poursuivre chaque dessinateur emblématique des X-men, comme John Byrne avec ses Next Men.