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On ne s’en cache pas, l’été fut trépidant avec la sortie d’une nouvelle série Marvel sur Netflix : Cloak & Dagger (La Cape et l’Epée pour les frenchys) tiré du célèbre comics créé par Bill Mantlo et Ed Hannigan. C’est une nouvelle Alors qu’on s’attendait à une mièvre série adolescente à la sauce guimauve, nos deux héros nous ont clairement bluffé ! Focus sur la bonne surprise de l’année produite par la chaîne câblée américaine Freeform et orchestrée par le showrunner Joe Pokaski.

Cloak & Dagger : le synopsis

Tandy Bowen (Olivia Holt) et Tyron « Ty » Johnson (Aubrey Joseph) sont deux adolescents venus chacun de deux univers distincts. Enfin pas vraiment. Nos deux comparses découvrent qu’ils sont intimement connectés par un événement étrange survenu durant leurs jeunes années. Tous deux victimes d’un accident à l’âge de 10 ans, ils sont mystérieusement reliés par une explosion qui génère alors chez eux des pouvoirs surnaturels. C’est là que le show se met en place. Ils développent respectivement leurs super-pouvoirs à base de dague de lumière pour l’une et de téléportation pour l’autre et ne tarderont pas à découvrir que leurs forces associées sont bien plus puissantes.

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On est agréablement surpris par la dissociation entre comics et série : les scénaristes ont réellement su s’approprier le show et apporter une dimension intéressante à leurs personnages. Si Ty et Tandy étaient un peu trop clichés sur papier (Tyrone incarnait le stéréotype de l’afro-américain gangster et Tandy la blonde très propre sur elle abandonnée par sa mère), c’est tout le contraire chez Freeform. Ici, c’est Tandy qui joue les loubardes tandis que Tyrone vient d’une famille huppée, bien sous tous rapports. Cerise sur le gâteau, on s’éloigne une fois de plus des redites comics avec le cliché du savant fou, ici remplacé par l’explosion d’une plateforme pétrochimique.

Un parallèle frappant avec l’actualité

A l’image du Punisher, Cloak & Dagger fait référence à un pays marqué par la violence. La série ne fait pas l’impasse sur les problématiques actuelles telles que les bavures policières à l’égard de la communauté noire (le frère de Tyrone en fait d’ailleurs les frais), la pauvreté subie après le passage de l’ouragan Katrina (le show se déroule à la Nouvelle-Orléans) et les problèmes d’addictions qui en découlent.

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La petite famille au complet

En bref, on dresse le portrait d’une Amérique âpre en pleine déchéance sociale. Ces fléaux sont plutôt bien illustrés par le contexte familial de Tandy et sa mère junkie, mais aussi par l’agression de la jeune fille qui fait un parallèle très explicite au mouvement #Metoo. Tyrone, quant à lui, vit dans la peur constante de vivre la même expérience traumatisante que son grand frère, même s’il est issu d’un milieu aisé. Une juste référence au climat d’insécurité dans lequel vivent de nombreux citoyens afro-américains actuellement. En bref, les super pouvoirs semblent presque être un prétexte pour évoquer les sujets sensibles de façon détournée, et ça marche.

Pari plutôt réussi pour le teen-show

En bon fans de la série Legion, on n’a pas pu s’empêcher d’y voir un écho à l’excellent spin-off d’X-Men de par son univers onirique et psychédélique mais aussi avec le versant psychologique mis en avant. Une analyse approfondie des personnages nous est livrée, à l’image de Jessica Jones et son questionnement sur l’origine de ses super pouvoirs. De plus, à l’instar de Legion où David Haller (l’incroyable Dan Stevens) est traumatisé par sa vie en hôpital psychiatrique, on est ici aussi plongés dans les visions d’enfance, façon cauchemar bizarroïde.

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Tandy et Tyrone après la catastrophe

On s’éloigne donc du scénario classique des ados torturés et rebelles se livrant à des scènes d’action rocambolesque dans les couloirs du lycée. D’ailleurs les fight scenes sont rares et les super-vilains quasi inexistants, au profit d’une mise en scène plus stylisée et sombre, à la David Lynch. Mais, avouons-le, il y a parfois quelques banalités avec des sujets vu et revus (quête de l’amour, découverte du corps, libération du joug parental) et la BO vire parfois au pathos. Néanmoins, ça ne gâche en rien la qualité de ce show décalé et très juste, bien loin des séries adolescentes actuelles.

Pour ceux qui se le demandent, oui la série est bien un membre actif du MCU (Marvel Cinematographic Universe). Comme tous ses homologues, elle se doit de respecter une certaine chronologie cinématographique en rapport avec les films. Joe Pokaski avait déjà annoncé cette info il y a quelques mois et l’épisode 5 de la saison 1 fait un crossover avec Luke Cage, que les fans hardcore n’auront pas manqué : l’inspectrice Brigid O’Reilly (Emma Lahana) expliquer comment elle a été transférée à La Nouvelle-Orélans, depuis New York et le quartier de Harlem, là où se trouve Luke Cage évidemment.

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