Sélectionner une page
Ravencroft : L’asile de l’univers Marvel

Ravencroft : L’asile de l’univers Marvel

Parmi ce qui différencie DC Comics de Marvel, les lieux iconiques trouvent des limites chez Marvel que DC peut se permettre de franchir. L’Asile d’Arkham se veut aujourd’hui encore dépendante d’une architecture gothique qu’on ne peut lui retirer. Face à l’Asile d’Arkham et son apport à l’univers de Gotham et la lecture psychologique de ses criminels, J. M. Dematteis décide d’apporter à l’univers Marvel, se voulant plus proche du réel, son propre asile. Ainsi, le scénariste va créer l’asile Ravencroft.

 

Premier patient

 

L’univers Marvel comportait déjà de nombreux établissements plus ou moins connus pour retenir ses super-vilains : the Vault et the Raft en étaient les principaux à l’époque. DeMatteis fonde Ravencroft à New-York, un établissement qui compte un personnage affilié, le Dr. Ashley Kafka. Ce personnage se fait surtout remarquer par sa relation au criminel Carnage, et possède un rôle d’importance dans la série animée Spider-man dans les années 90, où elle vit une relation amoureuse avec Eddie Brock. Mais avant d’apparaître dans cette série animée, Ravencroft apparaît en 1991 dans Spectacular Spider-man #178, écrit par J. M. Dematteis et illustré par Sal Buscema. Ce numéro se concentre sur un antagoniste appelé Vermin.

 

vermin-amazing-spider-man-dematteis

 

Vermin est un personnage qui apparaît pour le première fois dans Captain America #272. Il s’agit d’un orphelin kidnappé par le professeur Zola. Le célèbre ennemi de Captain America lui fait subir diverses expérimentations le transformant en arme biologique sauvage, doué d’une force surhumaine et d’instincts développés. Spider-man et Kafka apparaissent dans Spectacular Spider-man #178 comme des soutiens à Vermin. Plutôt que d’incriminer un être violent, mais également victime, ils tentent de l’aider et trouver un remède à cette créature. C’est alors qu’intervient le Dr. Kafka. En tant que psychiatre, elle analyse Vermin, tente de comprendre son comportement et desceller ses émotions. DeMatteis parvient à confronter divers points de vue et laisser le lecteur s’interroger sur la nature de Vermin. Réduit à un statut animal, où se trouve la part humaine ? Si un héros arrivait à le considérer comme humain, serait-il aussi violent ? Dans le monde des comics, un personnage est généralement réduit à son apparence. Les artistes possèdent de grandes connaissances en design, et la bande-dessinée implique généralement de donner à un personnage une allure en adéquation à son caractère.

Alors que Vermin s’est échappé, Spider-man et Kafka tentent de trouver une solution pour le ramener dans sa cellule. Seulement, s’il était enfermé, c’est qu’il faisait preuve de violence et est l’auteur de plusieurs meurtres. Dans les égouts, il rencontre un enfant perdu. La vision d’un enfant capable de le traiter comme un humain lui fait réaliser qu’il n’est pas qu’une créature. Vermin aide cet enfant à retrouver son foyer, évitant de peu Spider-man. Sal Buscema dessine cette scène en conservant au centre, une bouche d’égout où d’une bande à l’autre, apparaissent ces deux personnages, suggérant une opposition. Cette opposition, J. M. Dematteis la suggère fortement avec un possible inversement des rôles. Le scénariste nous présente bien l’idée que même un héros peut se tromper. En incitant le lecteur à avoir pitié de Vermin, Spider-man semble être du mauvais côté et devient, avec une facilité surprenante à la lecture, l’élément redouté par le lecteur. Parce qu’il sait pertinemment que la méthode du super-héros va être de frapper sur son ennemi.

 

kafka-amazing-spider-man-dematteis

 

La chose n’est pas aussi simple, car Dematteis ne se contente pas de présenter Vermin sous un beau jour. Pour ramener cet enfant chez lui, Vermin va user de ses méthodes violentes. Et la réflexion sera bien de savoir si Vermin a conscience du mal qu’il commet. Cette histoire trouve sa conclusion dans le numéro suivant. Vermin s’identifie tellement au jeune garçon qu’il va considérer ses parents comme étant les siens. Face à son allure monstrueuse, le père lui tire dessus et Vermin s’enfuit et se déchaîne, fou de colère. Lorsqu’il retrouve Kafka, il la voit avec Spider-man et se sent trahit. Il attaque Kafka et s’enfuit à nouveau. Spider-man réalise à quel point la situation est complexe. Il en veut au docteur pour avoir été aussi proche de Vermin, qui est une erreur médicale, mais qu’il ne peut vraiment lui reprocher, puisqu’il s’agissait du seul semblant de confort qui pouvait faire surgir l’enfant qui restait encore présent dans ce corps.

 

Évolution de l’établissement

 

Ravencroft évolue, et est utilisé à travers divers titres par son créateur. Arrivé sur Daredevil, DeMatteis fait rentrer à l’asile l’ennemi du héros appelé Sir dans Daredevil #348. Alors que Marvel et DC composent des crossovers, DeMatteis écrit Spider-man and Batman en 1995 avec Mark Bagley. Les deux héros affrontent leurs deux ennemis les plus redoutables : le Joker et Carnage. Tous deux patients d’un asile. Le rapprochement entre Batman et Spider-man va s’accentuer. Ce numéro spécial joue sur les similitudes des deux univers. Carnage et Joker, Ravencroft et Arkham, mais surtout sur le drame ayant donné naissance à l’identité héroïque : le meurtre d’Oncle Ben et des parents de Bruce. Dematteis pointe du doigt le parallèle envisagé où Cletus Kasady aurait tué les Wayne et le Joker aurait assassiné l’oncle de Peter.

Ravencroft va puiser de l’univers de Gotham, en dehors de cette rencontre qui ne fait que suggérer des similitudes. C’est dans une mini-série Moon Knight que le scénariste Doug Moench glisse vers une référence à l’univers de Gotham. Ravencroft joue un rôle mineur. Mais pour la première fois, Moench l’intègre à l’univers de Moon Knight. Doug Moench est un scénariste très proche de l’univers de Batman, en particulier dans les années 90. Il revient à sa création chez Marvel avec une expérience solide chez DC. Moon Knight se veut être une version de Batman inspiré par une entité, teinté de culture mythologique égyptienne mêlé à une psychologie complexe du héros, capable de basculer. C’est dans cette série, et dans la représentation de l’asile par Tommy Lee Edwards, que Ravencroft devient l’établissement à l’allure gothique.

Néanmoins, Ravencroft ne va pas avoir d’apport particulier pour le personnage de Moon Knight et reste une connexion encore inexploitée entre deux éléments pourtant complémentaires entre le justicier instable et l’asile qui ramènerait Moon Knight à son inspiration du chevalier de Gotham.

 

moon-knight-moench

 

C’est en partie ce qu’a réalisé Gregg Hurrwitz avec Vengeance of the Moon Knight, dessiné par Jerome Opena. Après avoir arraché le visage de son ennemi juré, Bushman, dans la série Moon Knight de Charlie Hutson et David Finch, il décide de se venger et libère les détenus de Ravencroft. Seul face à cette vague de folie, Marc Spector (aka Moon Knight) doit également lutter contre sa propre folie, éveillée par celle de ses ennemis, en plus de ses pulsions violentes qu’il pensait avoir vaincu. Ce comics d’action intense est également la représentation d’une lutte intérieure dont les références à Batman sont nombreuses. Et Ravencroft se dresse comme l’une des plus flagrantes.

 

Carnage : la star de l’asile

 

Ravencroft devient rapidement un établissement qui va nourrir le personnage hautement dérangé de Cletus Kasady avec l’introduction à l’événement Maximum Carnage. Dans Spider-man Unlimited #1, écrit par Tom DeFalco et dessiné par Ron Lim, Cletus s’échappe et massacre tout le personnel qu’il peut croiser. C’est également à Ravencroft qu’il trouve le bras droit de son équipe en la présence de Shriek. A l’origine enfermé à Vault, Ravencroft va devenir l’établissement de prémonition pour l’hôte de Carnage et mettre l’accent sur le dérangement psychologique du personnage. Aussi attaché à Ravencroft que le Joker ne l’est à Arkham, Carnage tisse une toile dans l’univers de Spider-man, se connecte avec divers de ses éléments qui font de Maximum Carnage un événement d’importance, de par son statut de récit choral.

Ainsi, que ce soit dans l’événement Planet of Symbiotes, Carnage Unleashed ou la mini-série Carnage de 2006, Ravencroft est toujours un lieu engagé dans ses luttes. Qu’il s’agisse d’un simple lieu introductif, d’une simple mention, Ravencroft est ce lieu qui récupère les indésirables. Vermin avait ce sens d’être rejeté de tous, que seul Ravencroft pouvait accueillir. Kasady est cette exception. Même si seul Ravencroft accepte ce tueur en série, Kasady passe son temps à leur échapper, comme un marginal impossible à raisonner.

 

ruins-of-ravencroft-carnage

 

Mais étrangement, jamais Cletus Kasady n’aura de développement psychologique comme Vermin. Peut-être cette absence d’étude participe à la réputation de malade incurable, habité par la folie meurtrière, qui fait la singularité de cet antagoniste redoutable. Devenu Carnage après l’évasion d’Eddie Brock de Ryker’s Island, où un fragment du symbiote fusionne avec son co-détenu, Kasady se transforme et ses pulsions meurtrières se multiplient. C’est après cette transformation dans Amazing Spider-man #345 passe de criminel à patient dangereux à Ravencroft.

En 2019, avec Absolute Carnage, Ravencroft profite d’une nouvelle mise en avant et d’une nouvelle définition. Malgré son simple statut de bâtiment, Ravencroft témoigne d’une nouvelle structure. Avec le temps, Ravencroft se calque de plus en plus sur l’Asile d’Arkham et puise son allure gothique effrayante qui va accentuer, dans Absolute Carnage l’ambiance oppressante d’un Carnage malsain et puissant. Donny Cates donne à Cletus la possibilité de répandre son pouvoir, le partager à d’autres et les transformer en symbiotes monstrueux. Il va chercher à retrouver Osborn, enfermé à Ravencroft, alors que Spider-man et Venom vont tenter de le protéger. Avec cette puissance destructrice phénoménale, qui participe à la qualité de l’événement, Absolute Carnage détruit Ravencroft.

 

Ravencroft aujourd’hui

 

Remis en avant, l’asile profite des conséquences de l’événement précédent pour, en 2020, commencer une mini-série en cinq parties dédiée à l’établissement. Il conserve son allure gothique et profite d’une reconstruction pour s’étendre à un domaine plus et va reposer sur l’héritage des comics horrifiques Marvel avec entre autres Dracula ou Werewolf by Night. Frank Tieri développe Ravencroft. A travers sa reconstruction dans Ravencroft, le scénariste explore un passé à la Arkham dans la série de one-shot Ruins of Ravencraft. On y suit le maire Wilson Fisk, Misty Knight et Reed Richards explorer les ruines et les secrets de l’établissement. Tieri y applique une ret-con, impliquant Sabertooth dans l’histoire de Ravencroft et les personnages de l’univers horrifique et mystique Marvel. L’histoire implique le culte de Carnage ayant mené l’établissement à sa perte, est également ce qui a mené à la création de l’asile par Molly Ravencroft face aux massacres de l’ancêtre de Cletus, Cortland Kasady.

 

ravencroft-fisk-frank-tieri

 

Tieri joue beaucoup sur le destin de deux familles, et apporte du crédit aux jeunes créations et innovations de Donny Cates. De tout ces secrets, le titre Ravencroft s’en nourrit et propose un contexte très particulier où certains héros se retrouvent dans des positions délicates, John Jameson en première ligne, portant des séquelles psychologiques après que Carnage l’ait utilisé comme arme. C’est une réinvention audacieuse et l’histoire d’un lieu qui gagne enfin l’intérêt qu’il mérite depuis près de trente ans. Il assume pleinement son inspiration gothique et en fait l’endroit idéal pour toutes ces créations obscures de Marvel, avec l’ingénieuse idée d’y inculquer la situation politique de Marvel avec le maire Fisk qui ne cache pas ses relations dans sa carrière criminelle. Ravencroft est un cocktail ingénieux mêlant héros urbains et lieu horrifique, pour un récit pleinement connecté aux événements canoniques de son univers, et à Absolute Carnage, et à la série Daredevil. Alors qu’il s’implantait à l’origine parmi les lieux de détentions, il s’en dégage désormais une atmosphère unique peuplée des personnages de l’univers Marvel oubliés sinon délaissés.

Masters of the Universe, l’épopée inratable des années 80

Masters of the Universe, l’épopée inratable des années 80

Il y eut une époque où c’était la grande classe d’avoir une serviette de plage Musclor. Où Mattel avait imbibé le cerveau des petites têtes blondes avec des collections entières de jouets en plastique qui faisaient piquer des crises aux gamins (et à leurs parents) dans les rayons des grands magasins. Les Maîtres de l’Univers n’étaient pas une simple franchise dont Mattel a littéralement épuisé les réserves. C’était une sorte de mitraillette à héros bodybuildé avec laquelle les marketeux de chez Mattel tiraient sur l’intégralité des magasins : des cahiers de texte à la vaisselle en passant par les vélos et la moutarde.

Les moins de 25 ans n’ont pas la chance d’avoir dans leur boîte à jouets pour gamin un de ces bouts de plastoc qui pourtant à l’époque (et encore maintenant, on va pas se mentir) nous faisaient briller les yeux. D’ailleurs, on reste tous de grands gamins, parce qu’encore aujourd’hui on trouve sur eBay de vieux jouets Musclor se vendant à 20, 50 ou 100€ la figurine. Et encore, c’est bon marché. Parce que la figurine encore emballée de Musclor sur son tigre de combat est vendue 4500$ sur certains sites.

Musclor, avec sa plastique insoutenable et son carré court façon Sharon Stone, n’a plus grand chose à voir avec un sex-symbole. Il en reste cependant un symbole incontournable de la pop-culture. Et c’est des Maîtres de l’Univers dont on vous parle aujourd’hui, avec un oeil un peu critique mais surtout beaucoup de nostalgie.

 

Une histoire de jouets

 

En 1981, la société américaine spécialisée dans les jouets Mattel a déversé sur les magasins occidentaux des milliers, que dis-je, des millions de figurines en plastique criardes (et badass). Les grandes licences hyper lucratives type Star Wars ou Retour vers le Futur émergeaient à ce moment là, et comme l’heroic fantasy était à la mode, Mattel décida de marcher sur le succès de Conan le Barbare pour recréer un univers moins violent et moins adulte. Un nouveau barbare est né : He-Man, aka Musclor en France. Et avec lui des tas de personnages gentils et méchants, des accessoires, bref tout un univers à faire fructifier.

A coup d’études de marché sur des enfants intimidés, et d’actions marketing judicieuses (des comics de qualité glissés dans les blisters, un packaging réussi et des publicités régulières, bien ciblées et convaincantes), la gamme reçoit dès le départ un accueil hyper favorable. Mais la firme ne s’arrête pas là : profitant de l’abrogation de la loi américaine  interdisant la création d’une série basée sur une gamme de jouet, Mattel commande un dessin animé pour mettre en valeur ses petits bonhommes en plastique et alimenter la hype qu’ils tentaient de créer autour. Et c’est Filmation qui s’y est collé et qui a produit en 1983 la série mondialement connue. Avec elle, le monde des Maîtres de l’Univers devient de plus en plus complet : des tonnes de nouveaux décors, de nouvelles aventures, de nouvelles histoires sur lesquels la société va surfer pour ramasser un sacré paquet de pognon. Dépassant Barbie, les ventes de MOTU explosent sur la planète entière.

Voulant viser un public de plus en plus large, Mattel lance une gamme “petites filles” centrée sur l’histoire de She-Ra, la soeur de Musclor. Une nouvelle série toujours produite par Filmation est créée, faisant suite aux premiers épisodes de Master of the Universe et incluant les nouveaux personnages de la gamme “filles”. Beaucoup ont considéré She-Ra comme une bénédiction pour les petites filles des années 80-90 : enfin une héroïne puissante et indépendante à laquelle s’identifier, loin des poussettes et des barbies que la télévision essayait de vendre aux futurs mamans.

Mais laissons les réflexions terre à terre des adultes que nous sommes devenus pour nous rappeler la magie de ce prince à la force fabuleuse, levant son glaive et récitant cette réplique qui a marqué toute une génération.

“Par le pouvoir du crâne ancestral, je détiens la force toute puissante !”

 

Je détiens le nanar tout puissant !

 

Pour tous les gamins pré-machouillés sans vergogne par Mattel, le film Masters of the Universe de Gary Goddard en 1987 était l’évènement à ne pas manquer. Hélas si ce film est resté dans les mémoirs, ce n’est ni pour son scénario passionnant, ni pour ses dialogues cultissimes (quoi que), et encore moins pour son jeu d’acteur convaincu et convaincant. Masters of the Universe c’est plutôt le blockbuster cheap fait par le studio de production Cannon (déjà bien connu des amateurs de nanar).

Gary Goddard, à grand renfort de kitsch des années 80, a réussi à perdre les adultes dans ce ton manichéen un peu trop puéril, et les enfants dans un scénario trop sombre et compliqué. Que reste-t-il, alors ? Et bien la folle passion des années 80 pour le “too-much” et la coupe mulet.

Et si l’on sent très bien l’influence du succès de la première trilogie de Star Wars et de Superman (à croire qu’ils n’ont changé que le titre du film tant le générique de début est une copie parfaite de celui de Clark Kent), les costumes à base de stormtroopers en collection automne-hiver passent moyen. En compagnie de ses camarades le Maître d’armes et Teela, Musclor fuit la planète Eternia récemment conquise par Skeletor et ses sbires. Grâce à un artefact au nom houleux créé par un ingénieur un peu illuminé, et parce que l’espace ça coûte cher dans un film, les joyeux compagnons traversent une sorte de portail cosmique et se retrouvent en Amérique. Poursuivis par les soldats de l’Empire (de Skeletor bien sûr), Musclor va devoir défaire tous ces gros méchants en direct d’un bled américain et en compagnie de toute sa nouvelle bande de potes, à savoir des teenagers lambda.

En partie parce que les acteurs les plus charismatiques sont ceux sous les gros masques en plastique et que le personnage le plus attachant est un flic américain, le film piétine tout ce que la série avait de magique et s’en trouve réduit à un nanar navrant, sur-promotionné et au budget astronomique qui donne mal au crâne (ancestral). “Les Maîtres de l’Univers” se voit au deuxième degré et plus, et fait pleurer le public et de rire et de frustration. Parce qu’en plus d’avoir sabordé la carrière d’acteur de Dolph Lundgren (l’interprète de Musclor), il a mis en lumière toutes les petites lacunes de la mythologie de MOTU et a rappelé que peut-être Mattel aurait dû en rester là. On attendait du space-opéra, on a eu du space-oh purée.

 

Netflix joue le jeu

 

En 2019, Netflix annonce la création d’une nouvelle série d’animation originale. Il s’agit de Masters of the Universe: Revelations, tirée de l’univers de MOTU premier du nom et produite par le studio Powerhouse Animation (le même studio que Castlevania). C’est Kevin Smith qui s’en charge (Silent Bob pour les intimes), en partenariat avec le producteur Robert David (Teenage Mutant Ninja Turtles).

Masters of the Universe: Revelations est annoncé comme un sequel de la série d’anthologie. Les fans vont être ravis ! 35 ans après, MOTU aura finalement une fin digne de ce nom. Pour l’instant pas de date de sortie annoncée, si ce n’est “courant 2020”. Et pour ceux qui mettent la charrue avant les boeufs, pas de seconde saison en route : Masters of the Universe: Revelation est une mini-série et l’on attend entre dix et treize épisodes. Mais pas plus d’information : la plateforme de streaming fait cette fois-ci bien des mystères…

 

master-of-universe-netflix-serie

 

Concernant le scénario, toute la clique des héros revient sur Eternia botter les fesses de Skeletor. On retrouve donc pour ce sequel tant attendu Teela, Musclor, Orko, le Maître d’armes et le tigre de combat contre les classiques Skeletor, le Monstre et Démonia.

Du côté du casting, on reconnaît facilement les voix prêtées par les acteurs somme toute assez connus. Chris Wood pour Musclor, Sarah Michelle Gellar (Buffy de Buffy contre les vampires, mais ça vous le saviez déjà) pour Teela. On retrouve aussi avec plaisir quelques acteurs de Game of Thrones comme Liam Cunningham (Davos) prêtant sa voix au Maître d’Armes, ou encore Lena Headey (Cersei Lannister) en Démonia. La série se targue également d’avoir un Mark Hamill en Skeletor ! Que de beau monde.

Petite douche froide pour les fans de la première heure : la série se met au goût du jour, et abandonne ses dessins emblématiques pour le style d’animation japonaise que Powerhouse Animation maîtrise si bien.

On avait un peu peur que Musclor fasse une crise de la quarantaine violente en revenant sur le devant de la scène. Mais avec un Kevin Smith aux commandes et un casting en or, on est ne vous cache pas qu’on est rassuré. En attendant des nouvelles de Netflix, on révise nos classiques.

 

Les maîtres de l’univers de demain

 

Depuis des années Sony nous promet le retour de Musclor sur grand écran, et quelques 120 millions de dollars de budget pour nous en mettre plein la vue et offrir au héros un retour en force. Mais force est de constater que 6 ans plus tard, le film n’est toujours pas là. Le projet est passé de main en main, comme une chaise musicale où tous les réalisateurs et scénaristes se font des croches pattes pour pouvoir s’asseoir, et les derniers debout devront s’y coller. Un David Goyer en tant que scénariste, puis Alex Litvak and Mike Finch, qui ont passé la main à Jeff Wadlow en 2014, suivi de Christopher Yost qui reprend tout à zéro. Même parcours du combattant pour les réalisateurs. Et c’est seulement le début de la longue liste de tout le staff passé sur le projet. De même pour l’acteur principal Kellan Lutz (The Legend of Hercules), qui a finalement laissé la place à Noah Centineo, acteur de “To All The Boys I’ve Loved Before”.

 

 

Avec l’annonce des live actions de Barbie et Hot Wheels, on n’y croyait plus. Et pourtant, Sony annonce la sortie du film MOTU pour le 5 Mars 2021. Hélas, adieu le grand écran : le film sortira directement sur Netflix… et ce n’est peut-être pas plus mal, étant donné que la plateforme accueillera le sequel de Kevin Smith dont on vous parlait. Mais avec l’annonce de l’adaptation de Uncharted par Sony prévue pour Mars 2021 également, on commence à se poser des questions. Sans mentir, à quand le retour de Musclor ?

Pour ce qui est du scénario, le film se situerait avant les aventures de la série originale : on retrouverait les débuts de nos héros préférés sur la planète Eternia. La Terre y serait également mentionnée comme faisant partie intégrante de la mythologie MOTU, avec la révélation qu’Eternia aurait été colonisée par des astronautes par le passé. Encore une fois, aucune certitude, seulement quelques références de réalisateurs et scénaristes (qui ont tendance à s’enchaîner) sur leurs réseaux sociaux.

Visuellement ? Lorsque David Goyer faisait partie du projet, il s’amusait à teaser son futur public avec quelques publications et images bien senties. La plus connue et celle qui a fait le plus de bruit est une photo de lui-même en train de pointer du doigt ce qui ressemblerait à un concept art du film à venir. De même, ses derniers posts donnaient quelques informations concernant le potentiel esthétique du film et les technologies utilisées. Hélas, beaucoup ont été supprimées. Mais subsiste une représentation d’une armure hyper high tech et badass intitulée “Teela Battle Suit”. L’image donne une idée globale de l’esthétique du film, et avec un aspect sci-fi aussi prononcé, on attend avec impatience de voir comment le directeur artistique a géré l’anachronisme constant de l’univers, à savoir l’aspect futuro-féodal qui donnait son caractère singulier à la licence.

Malgré les réticences que peuvent apporter la gestion de projet chaotique du futur film, les images donnent l’impression que l’univers de Master of the Universe a été traité avec toute la considération qu’il mérite. Sans céder à l’euphorie ni au désespoir, on attend tranquillement que la machine s’accélère et qu’enfin le film sorte. Avec deux possibilités à la clé : soit un film qui fait honneur à celui de 1987 c’est à dire un nanar ridiculement décevant. Soit une oeuvre qui rende enfin justice à cet univers qui nous a conquis, et qui nous permette de nous laisser bercer par une douce nostalgie des années 80.

Alan Scott : Le Green Lantern du Golden Age

Alan Scott : Le Green Lantern du Golden Age

Le personnage de Green Lantern n’a pas toujours été rattaché à cet univers cosmique et à cette éthique du policier de l’espace. Pas de Gardien, pas de costume noir et vert, mais les prémices de ce qui allait devenir l’un des plus grands ranger de l’espace. Avant Hal Jordan, il y avait Alan Scott, le premier Green Lantern. De fil en aiguille, vous verrez que le Green Lantern actuel repose sur bien des influences.

 

Martin Nodell : D’inspirations variées à inspirations croisées

 

Une fois Superman et Batman apparus, les comics se sont transformés. Le super-héros avait envahi le médium et sont devenus un phénomène culturel populaire. Detective Comics, Inc. (qui allait devenir DC Comics) était associé à National Allied Publications et All-American Comics. C’est chez ce dernier que Green Lantern a vu le jour.

Le concept est sorti de la tête de son dessinateur : Martin Nodell. Sorti d’une école d’art, il débarque à New York pour trouver un travail suite au décès de son père. Il devient dessinateur de comic-books, un boulot qui demandait désormais de dessiner des super-héros. Il trouve l’idée du Green Lantern en voyant un travailleur dans le métro, portant sa lanterne verte dans le noir du tunnel pour signaler que la voie était dégagée. Nodell trouve son idée et explore la mythologie grecque pour ses recherches. Il s’inspire du fameux talon d’Achille. La référence aux mythes grecs n’est pas anodine. Flash porte fièrement le casque d’Hermès et ses ailes, Wonder Woman se fait nouveau symbole du panthéon olympien dans le monde des hommes, et Superman multiplie les exploits qui renvoient aussi bien à Hercules qu’à Atlas.

L’idée de l’anneau lui vient du Cycle de Nibelung de Richard Wagner, ce même opéra qui inspirera à J. R. R. Tolkien Le Seigneur des Anneaux. En s’inspirant de Wagner, Nodell va réutiliser divers éléments que Wagner a lui-même cueillit dans la mythologie nordique. Ainsi, L’Anneau de Nibelung va réutiliser la forme du cercle enflammé et donnera à Nodell l’idée d’un anneau capable de contrôler un feu verdâtre, léguant sa puissance à un héros valeureux, fort d’une volonté inébranlable. La notion de peur s’infiltre déjà, sans doute grâce à Bill Finger, avec l’écriture d’un Alan Scott ou insouciant ou insensible à cette émotion.

La singularité de ce premier Green Lantern repose également dans son costume. Les couleurs qu’il porte ne sont pas dues au hasard. Elles sont le fruit des recherches mythologiques de Nodell. Elles portent des symboles liés à la magie de son anneau, et les valeurs défendues du héros. Le vert est la représentation de la vie défendue, d’où l’idée d’un feu vert bienveillant, le rouge serait lié à la puissance et le violet symboliserait l’équilibre. Le rapport aux personnages mythologiques est incertain. Par mythologie, on peut supposer que Nodell ait orienté ses recherches aussi bien du côté de la mythologie grecque que de la mythologie nordique.

Green Lantern était définit. Restait à trouver le nom civil de son personnage. Nodell a tourné les pages de son annuaire téléphonique avant de s’arrêter sur le nom de Alan Ladd. Les noms courts sont toujours privilégiés. Seulement, ce nom appartenait à un acteur de cinéma célèbre. Ainsi, Alan Ladd se transformait en Alan Scott.

 

Les premiers exploits

 

Ce premier Green Lantern répond aux clichés du super-héros du Golden Age. Il porte un loup cachant ses yeux, représentés par deux formes ovales blanches. Un élément qui était jusqu’alors uniquement attribué à Batman. Il porte une longue cape violette recouvrant un costume très coloré. Il apparaît en 1940 dans All-American Comics #16, évidemment dessiné par Martin Nodell, mais dans une aventure écrite par Bill Finger, le scénariste et co-créateur de Batman. Et la première aventure de Green Lantern repose sur un même principe, de meurtre et de vengeance. Or, contrairement au jeune Bruce Wayne, Alan Scott est un ouvrier qui participe à la construction d’une voie de chemin de fer. Il œuvre sur la construction d’un pont, détruit par Dekker, l’un des associés d’Alan Scott, jaloux de son succès. Le pont explose et Alan Scott en est le seul rescapé.

 

All-American-Comics-16-Green-Lantern1

 

Il découvre que la lanterne l’a sauvé. Celle-ci est le fruit d’un ouvrage chinois, réalisé à partir d’un métal liquide d’origine extra-terrestre prélevé d’une météorite dans des temps très anciens. Alan Scott en ressent une étrange énergie, et réalise que la lanterne qu’il tient dans sa main a une conséquence et est douée de parole. Elle se présence comme la Flamme Verte et invite Alan Scott à forger de ses mains un anneau à partir de ce métal si particulier. L’anneau à son doigt, celui-ci lui confère un pouvoir dépendant de sa volonté. Ses capacités sont présentées comme un feu généré par l’anneau qu’il peut contrôler à sa guise. Or, dès sa première aventure, il se révèle capable de se rendre intangible. Plus tard, il commencera à développer les capacités qu’on connaît, à savoir désarmer ses adversaires à ce qui ressemble de plus en plus à un rayon lumineux.

Superman possède sa kryptonite. Chaque super-héros a besoin d’une faiblesse. Les créateurs conservent l’idée logique d’un bois nécessaire pour émettre une flamme, d’un combustible, et le renverse. Paradoxal, ce feu vert va avoir pour faiblesse le bois. Si le rapprochement peut prêter à sourire, l’idée n’en est pas moins réfléchie. Ce métal unique, générant un feu vert capable de se modeler et d’être contrôlé par un anneau est une arme dangereuse et rare. Ce feu alien va s’opposer au bois, matériel le plus rudimentaire. Le personnage peut rivaliser avec toute autre force du mal mais possède un talon d’Achille capable de le mettre régulièrement en situation difficile et de le ramener à sa condition de simple humain et d’en faire ressortir ses valeurs de justicier.

C’est de là que Green Lantern va tirer sa singularité. Il mêle diverses inspirations de folklores différents et profite d’une variation de couleurs uniques. S’il est humain, il se présente comme un défenseur de la vie avec de longues tirades sur son rôle de protecteur. Un trait de caractère qui s’accentuera par la suite, tout comme son rapport à Gotham. Du fait de son co-créateur, Bill Finger, Alan Scott se retrouvera régulièrement mêlé à l’univers de Gotham City dans un simple team-up dans Detective Comics #784-786 en 2003, ou dans les scènes flashbacks de Batman : Silence.

 

Le feu bref du Golden Age

 

Dans All-Star Comics #3, Alan Scott rejoint la Justice Society of America, la première équipe de super-héros. Lors de réunions entre super-héros, divers personnages vont raconter, tour à tour une aventure vécue chacun de leur côté. Ce ne sera que bien plus tard que le titre montrera l’équipe agir ensemble. Néanmoins, chose extraordinaire pour l’époque et plus encore à l’heure actuelle, cette équipe regroupée des personnages issus de trois sociétés différentes : Detective Comics Inc., All-American Comics, et National Allied Publications.

 

En 1941, l’éditeur lance une série régulière éponyme. Green Lantern peut alors développer son univers. Mais ces premières aventures s’essayent à des genres bien différents. Green Lantern arrêtera des voleurs ordinaires comme il affrontera un zombie colossal nommé Solomon Grundy. Green Lantern Quarterly devient Green Lantern. Alan Scott rejoint Comics Cavalcade. Il intègre le panthéon érigé par ces maisons d’éditions associées.

Mais Green Lantern va être victime de la sortie de guerre et de la perte de vitesse des super-héros au profit du western. Ce personnage fort d’une diversité d’aventures ne peut s’adapter à ce genre très fermé auquel le super-héros ne peut véritablement s’adapter à moins de s’en être imprégné. Il disparait totalement en 1951, alors que All-Star Comics se transforme en All-Star Western, et ne reviendra que bien plus tard. C’est toute cette problématique du règne du western et de la disparition des super-héros qui met à mal DC Comics, et dont Julius Schwartz trouva la solution avec l’explication d’une Terre parallèle dans The Flash #122.

 

Alan Scott : Green Lantern de Terre-2

 

En créant cette Terre parallèle, Julius Schwartz fait se rencontrer Jay Garrick et Barry Allen, le Flash de l’âge d’or et celui de l’âge d’argent. Ce sont deux mondes qui vont distinguer les héros de la première heure, et leur version moderne. L’éditeur commence avec Flash, mais multiplie ensuite ces rencontres pour chaque héros possédant un double.

En 1963, Alan Scott réapparaît dans Justice League of America #22. Julius Schwartz décide d’user de son concept jusqu’au bout, en associant la Justice Society à la Justice League dans un crossover intitulé Crisis on Earth-2. C’est ainsi que les héros du Golden Age sont réintroduits dans l’univers DC, alors que le super-héros reprenait sa place dans les années 60. Ces rencontres annuelles ne manqueront pas et participeront à faire de Alan Scott l’un des représentants de cette terre avec Jay Garrick.

 

Justice-League-America-22

 

Alan Scott va être le reflet du Green Lantern qui l’a remplacé, Hal Jordan. Suite à la création d’une terre parallèle, le titre Green Lantern campé par Hal Jordan va donner lieu à des rencontres entre les deux porteurs de l’anneau. Le premier se trouve dans Green Lantern #40. Les premières pages présentent à nouveau ce personnage disparu depuis une dizaine d’années. Green Lantern #40 redéfinit le personnage d’Alan Scott, modifiant ses origines. Ce qui était à l’origine un météore devient de l’énergie pure.

Nodell avait créé un personnage se référant à diverses cultures, essentiellement mythologiques. Mais créateur de Hal Jordan, John Broome, modifie Alan Scott pour qu’il se rapproche de la redéfinition des Green Lantern comme police spatiale. L’anneau d’Alan Scott serait Starheart, un anneau très puissant que les Gardiens auraient façonnés avant la création des Green Lantern. C’est également dans ce numéro qu’apparaît pour la première fois les Oans et l’antagoniste Krona, un scientifique aux desseins maléfiques que les Gardiens ont condamné à errer dans l’espace sous forme d’énergie. Les Oans évoluent et sont devenus les Gardiens actuels, ayant oublié Krona. Ce dernier s’est servi d’Alan Scott comme source d’énergie et se libérer et se venger des Gardiens. En collaborant, les deux Green Lantern parviennent à arrêter Krona. Alan Scott refera diverses apparitions auprès de Hal Jordan, dans Green Lantern #45, 52, 61. Alors que Hal Jordan fait équipe avec Green Arrow, Alan Scott aura droit à un back-up dans le #88.

S’il est réintégré à l’univers DC, il reste très discret. Roy Thomas, dans All-Star Squadron, puis Infinity Inc, développera le personnage et sa descendance. Passionné des comics de l’âge d’or et de la Justice Society, l’ancien bras droit de Stan Lee intègre DC Comics dans le seul but de réanimer cette équipe pour le moins abandonnée. Infinity Inc s’intéresse à l’avenir, aux générations futures de super-héros. Evidemment, de ce parallèle, Alan Scott fera plusieurs apparitions notamment concernant les tie-in à l’événement Crisis on Infinite Earths en 1985 où tous les personnages sont mobilisés.

Seulement, après l’événement, les deux terres sont supposées vivre au sein d’un seul et même univers. Cette simplification se solde par le numéro spécial The Last Days of the Justice Society, publié en 1986, amenant Roy Thomas à sacrifier son équipe dans une lutte associant divinités nordiques, seconde guerre mondiale où les objectifs de l’éditeur sont bien clairs : tuer les personnages datés. Fermement opposé à l’idée de les tuer, le scénariste livre une note d’espoir, où Infinity Inc et les enfants d’Alan Scott reprendraient le flambeau, alors que les membres de la Justice Society seraient simplement disparus.

 

Sentinel : le renouveau de Alan Scott

 

Alan Scott disparait à nouveau. Il ne réapparait que 6 ans plus tard, en 1993, dans Armageddon : Inferno #3.  Face à un ennemi commun, l’univers DC se mobilise. Abraxis est cependant trop puissant. Le Spectre va ramener la Justice Society pour permettre à la Justice League de sauver l’univers. Cet événement n’était alors qu’une excuse, affirmant l’erreur qu’était de laisser de côté les héros de l’âge d’or avec ce fameux numéro spécial.

Plutôt que de les enfermer ou de les tuer, l’éditeur décide de les faire évoluer. Dans un titre annexe, Green Lantern Corps Quarterly, Alan Scott se réveille rajeunit, dans un nouveau costume. Sans plus de précision, il apprend que Harlequin l’a rajeuni. Mais il ne s’agit là que d’une première évolution. Par la suite, il fusionne avec Starheart et absorbe la puissance de son anneau. Sans anneau, il se rebaptise Sentinel. Il décidera par la suite de porter l’anneau en guise de symbole.

 

armageddon-inferno-alan-scott

 

La Justice Society se forme à nouveau sous la plume de Geoff Johns. Alan Scott y est un des membres éminents. Avec son rôle au sein de la Justice Society, Alan Scott a développé cette lecture du père, du mentor. Un élément propre aux héros de l’âge d’or sur lequel repose beaucoup la JSA de Geoff Johns, apportant de nouveaux personnages, dont Stargirl, ayant besoin d’être encadrés. Le rôle de père est d’autant plus important que la JSA compte parmi ses membres Jade, la fille d’Alan Scott.

En 2003, dans JSA #50, alors que son fils Obsidian décide de mettre à mal sa famille et tente de faire culpabiliser son père d’avoir créé un monstre, Alan Scott perd son anneau et son fils extirpe toute force du corps de son père. Jay Garrick récupère l’anneau pour sauver son ami. Une fois l’anneau en main, Alan Scott décide de reprendre le nom de Green Lantern. Johns ramène subtilement le personnage à ses fondations.

 

Les New 52 : une modernisation extrême

 

En 2011, l’univers DC est chamboulé par l’événement Flashpoint qui amène à un reboot de l’univers DC. Les New 52 ont pour objectif de rajeunir ses héros, d’en livrer une version plus moderne. Les héros de l’âge d’or sont réadaptés pour plaire à un nouveau public. DC lance alors le comics Earth-2. On y trouve un jeune Jay Garrick, et un jeune Alan Scott, dont les origines vont être bouleversées au même titre que l’univers.

Alan Scott s’apprête à demander son petit ami en mariage dans le train. Mais le train explose. Lui seul en réchappe. L’avatar du Vert a senti la charge émotionnelle que portait Alan envers l’anneau qu’il portait et a décidé d’y sceller son pouvoir. Alan Scott devient alors Green Lantern et affronte l’avatar du Gris représentant la mort. Alan Scott se fait donc, par opposition, représentant de la vie. Contrairement à la version d’origine, Alan Scott tire ses pouvoirs du sol et de la planète où il se trouve. Un élément qui sera exploité dans l’événement Convergence.

Enfin, la dernière mention d’Alan Scott date de la maxi-série Doomsday Clock, où le Dr. Manhattan mentionne l’importance du personnage sur l’univers DC. Il dit avoir réussi à effacer toute existence de la Justice Society simplement en déplaçant la lanterne que tenait Alan Scott le jour de l’accident sur la voie de chemin de fer. Preuve en est que peu importe les modifications, les scénaristes reviennent toujours à la version originale.