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Spider-Man, les 4 Fantastiques, Les Avengers, les Gardiens de la Galaxie, Docteur Strange, Thor, Captain America et Iron Man ont tous un point commun : ce sont des héros Marvel. Qu’ils s’agissent des comics ou des blockbusters que Disney produit depuis près d’une décennie, ils ont été des modèles pour de nombreux lecteurs… Mais que savons-nous réellement de Marvel Comics ? Retour sur l’histoire de la maison d’édition que le fandom a surnommé la « Maison des Idées«  et qui a marqué tant de générations.

marvel comics : tous les super héros réunis

Les ancêtres de Marvel Comics : de Timely Comics à Atlas Comics

marvel-comics-couvertureTimely Comics était bien le nom de l’ancêtre de Marvel, fondé par Martin Goodman, éditeur de pulps américains en 1939. La première publication de la maison fut Marvel Comics #1 publié en octobre 1939 dans lequel apparaissent des personnages comme La Torche Humaine ou Namor le Prince des mers. En mars 1941 naît le premier super héros Marvel sous la plume de Joe Simon et Jack Kirby : il s’agit ni plus ni moins du célèbre Captain America. Celui qui va devenir une figure incontournable de Marvel, Stan Lee, est embauché pendant la même période en tant qu’assistant. Suite au départ de Kirby et Simon, Lee alors âgé de 19 ans devient rédacteur en chef de Timely Comics.

Malgré la fin de la guerre et le retour de la croissance économique, les ventes de BD chutent brutalement aux Etats-Unis. La concurrence de la télévision marque un coup d’arrêt à Timely Comics et oblige Goodman à renouveler son offre. C’est la raison pour laquelle il crée Atlas Comics au début des années 50 et exploite d’autres thèmes tels que l’horreur, l’amour, les monstres géants, les histoires de crime ou l’espionnage par exemple. Dans le même temps, Marvel tente de relancer les aventures de La Torche Humaine, Namor ou Captain America mais le public n’est pas convaincu et ces tentatives sont des échecs.

Il faut attendre 1961 pour que la mention Marvel Comics apparaissent sur la couverture des comics (Journey into Mystery #69). En octobre de la même année Lee et Kirby sortent Fantastic Four #1 , un numéro qui marque une véritable révolution dans le monde des comics et qui pose les bases d’une nouvelle méthode de création : la méthode Marvel. Stan Lee, en charge des publications de toutes les séries, s’inspire du Fordisme pour augmenter la cadence des publications. Il n’écrit qu’un résumé de l’intrigue que le dessinateur développe et découpe à sa manière. Stan Lee reprend les planches terminées pour ajouter les dialogues ce qui lui permet d’apposer son sceau sur quasiment toutes les séries de Marvel (ce que lui reprocheront certains dessinateurs comme Jack Kirby ou Steve Ditko).

Suite au succès des Fantastic Four, Stan Lee et Steve Ditko créent Spider-Man (aka Peter Parker). Ce nouveau super héros obtient un succès quasi immédiat auprès du public ! C’est d’ailleurs à cette époque-là que plus d’ampleur est donné au développement psychologique des personnages. Les lecteurs peuvent ainsi s’identifier aux super-héros qui, comme eux, ont leur faiblesse et leurs problèmes. Spider-Man en est l’exemple parfait : ce jeune héros malingre et rongés par les doutes gagne l’admiration des gens qu’il aide après avoir acquis ses pouvoirs. Ce succès ouvre une nouvelle ère pour Marvel Comics.

L’âge d’argent de Marvel Comics

Dans la lignée du succès des DC Comics, Marvel se préoccupe de sujets d’actualité tels que la guerre du Viêt-Nam au travers d’Iron Man par exemple. Fort de ces succès répétés, Marvel enchaîne les coups de maîtres grâce à des artistes comme John Buscema : Hulk, Thor, Ant-Man, Daredevil, la Panthère Noire, Captain Marvel, Docteur Octopus et Galactus dynamisent les ventes sur le long terme même si Spider-Man reste le grand favori des lecteurs. En 1968, Marvel vend plus de 50 millions d’unités dans la même année. L’historien des comics Peter Sanderson écrit dans les années 60 :

“DC était l’équivalent des grands studios hollywoodiens : après avoir réinventé brillamment le super héro dans les années 50 et 60, DC a dû faire face à une période artistiquement infertile à la fin des années 60. Il y a eu une nouvelle audience pour les comics à partir de ce moment et il ne s’agissait pas seulement des enfants, les lecteurs traditionnels. Le Marvel des années 60 était dans une certaine mesure l’équivalent de la Nouvelle Vague en France… Marvel fut pionnier en matière de storytelling et de création de nouveaux super héros, en développant des histoires sur des thèmes plus sérieux tout en gardant dans son giron les ados….”

 

Les années 70 et 80 : une période pleine de succès commerciaux

Marvel Comics : la couverture de Starwars vol 1

Dans les années 70, Marvel continue d’innover et aborde sa relation avec les lecteurs sous un nouveau jour. Stan Lee écrit des lettres mensuelles où sont présentés les scénaristes et dessinateurs et des conventions de fans sont lancées afin de rapprocher le public des équipes créatives. Sur le plan commercial, Lee décide d’exporter les comics en Grande-Bretagne et en 1970 il lance Captain Britain, “a British hero for British people”.
Cette période faste est également marquée par des succès critiques : la série Uncanny X-Men de Chris Claremont et John Byrne ou la relecture de Daredevil par Frank Miller en sont des exemples. L’univers de Marvel s’étend avec la mise en place d’arcs narratifs qui relie ses différentes séries (Secret Wars) et en lançant des comics pour les enfants ou adaptant des franchises cinématographiques comme Star Wars.

En 1981, Marvel rachète DePatie-Freleng Enterprises (studio de d’animation connu pour avoir créé La Panthère Rose et les Looney Tunes), ce qui lui permet de mettre en scène les aventures de ses super héros à la télévision. En 1986, Marvel est vendue à New World Entertainment qui revend la société au magnat de la finance, Ronald Perleman, pour 82,5 millions de dollars. Celui-ci côte Marvel en bourse en 1991 et diversifie les activité de la société en créant une division dédiée à la commercialisation de cartes de collection et de jouets. Cependant, des signes annonciateurs de la fin de cette époque dorée vont apparaître rapidement.

Des difficultés, avant un retour en grâce sur le grand écran

Le début des années 1990 est une véritable série noire pour Marvel. Le départ de 7 artistes majeurs et de mauvaises affaires ont conduit l’entreprise jusqu’à la liquidation judiciaire. Elle est rachetée en 1998 par Toy Biz qui redresse la barre et engage une vaste politique de transformation de l’entreprise : cap sur le 7ème art. En 1997, Men in Black rapporte presque 600 millions de dollars dans le monde, et connaîtra deux suites. Le premier X-Men au cinéma sort en 2000, suivi de Spider-Man en 2002 dont le succès pousse Marvel à persévérer dans cette voie. En 2009, Disney rachète l’entreprise évaluée à 4 milliards de dollars avec l’objectif de faire caracoler ses productions au sommet du box office, et écrit ainsi une nouvelle page de la saga Marvel.

Listes des éditeurs en chef de Marvel

  • Joe Simon (1939-1941)
  • Stan Lee (1941-1942)
  • Vincent Fago (par interim pendant le service militaire de Lee) (1942-1945)
  • Stan Lee (1945-1972)
  • Roy Thomas (1972-1974)
  • Len Wein (1974-1975)
  • Marv Wolfman
  • Gerry Conway (1976)
  • Archie Goodwin (1976-1978)
  • Jim Shooter (1978-1987)
  • Tom DeFalco (1987-1994)
  • Bob Harras (1995-2000)
  • Joe Quesada (2000-)

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