Sélectionner une page

Ce mois de juin est l’occasion d’upgrader son visionnage de série seul chez soi par “sur un canapé entouré de ses amis et devant une pizza”. Comme se tenir au courant des dernières sorties et visionner les dernières séries est un sport exigeant qui réclame de l’endurance et de la rigueur, on vous aide à vous tenir à la page.

Alors, quoi regarder en Mai 2020, qui sorte de l’ordinaire ? Voici le pire et le meilleur, sans le pire et avec beaucoup de meilleur.

 

Snowpiercer

series-snowpiercer

 

Prévue pour le 25 mai sur Netflix, la série Snowpiercer est une réadaptation du livre “Le transperceneige”. Si vous ne le saviez pas, cette BD parue en 1982 et créée par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette est franco-française. Rien de bien étonnant ceci-dit, pour un pays expert du genre ! Souvenez-vous du “Voyage dans la Lune” en 1902 réalisé par Georges Méliès, le premier film de science-fiction au monde. Alors ce comic-book de SF post-apo fait honneur à la science-fiction française, qui n’a pas à rougir devant les autres pays à propos de ce style qu’elle maîtrise si bien.

Après un cataclysme climatique, les derniers survivants de l’espèce humaine sont rassemblés dans un train gigantesque condamné à rouler indéfiniment autour de la Terre. À l’intérieur se trame le stéréotype de l’injustice sociale propre à l’espèce humaine : dans les wagons dorés à l’avant du train vit l’aristocratie, puis on descend les échelons de la société jusqu’à la dernière locomotive réservée aux plus pauvres et aux plus démunis. Proloff, le héros, issu du dernier wagon, remonte peu à peu le train afin de comprendre les pourquoi de cette injustice, et les vraies raisons de ce voyage interminable.

En 2013, le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho adapte la BD sur le grand écran avec “Snowpiercer”. C’est Chris Evans qui interprète le protagoniste principal, et ce après avoir enfilé pour la première fois la combi moulante de Captain America. Cette dystopie qui a enchanté la critique tout en divisant les foules, a été réinventée par la culture asiatique qui lui a accordé son humour et sa réalisation pointue. Et des scènes de combats génialissimes.

On attend beaucoup de cette nouvelle série de Josh Friedman avec Daveed Diggs, Jennifer Connelly, et Sean Bean (on espère qu’il ne mourra pas tout de suite).

 

Stargirl

supergirl-series

 

Le 18 Mai, le DC Universe nous envoie Stargirl, petit nouvelle girly de l’univers super-héroïque. Avec la fin de la huitième et dernière saison d’Arrow, on s’interroge sur l’avenir des spin-offs Batgirl, Batwoman, ou encore Legends of Tomorrow. Mais on vous rassure, la fin n’est pas au programme, et c’est au contraire quelques séries comme Superman & Lois et Stargirl qui pointent le bout de leur nez.

Le multiverse de DC (qu’on appelle aussi l’Arrowverse après le succès de la série éponyme) s’étoffe, et l’on attendait depuis un moment l’apparition de Superman dans les prochaines réunions des super-héros. Après un petit bazard dans le multiverse, il semblerait qu’à présent la totalité des personnages évolue dans la même dimension : les fans vont sûrement être ravis de voir les héros aller et venir dans les différentes séries.

Stargirl, belle-fille de l’ancien allié de Superman Luke Wilson, emprunte les objets cosmiques de son beau-père (la vilaine) et se découvre des pouvoirs qui vont l’aider à s’émanciper. Alors qu’elle connaît comme tous les jeunes de son âge les tourments du lycée, elle décide de rassembler un groupe de super-héros teenagers pour s’associer avec la Justice Society of America et combattre les méchants.

Courtney Whitmore (interprétée par Brec Bassinger) est déjà apparue dans Crisis on Infinite Earths aux Etats-Unis, un épisode spécial de l’Arrowverse. La voilà sur le devant de la scène pour attirer une nouvelle génération de jeunes téléspectateurs. On ferme les yeux et on prie très fort pour que la série soit au niveau d’Arrow et de Flash.

 

 

Upload

upload-series

 

Après les cultissimes Parks and Recreations et the Office, Greg Daniels revient sur le devant de la scène avec Upload. Alors est-ce que, comme certains disent, cette série à la croisée des chemins entre The Good Place et Black Mirror vaut le coup d’oeil ? Si vous êtes abonnés à Amazon Prime Video, on vous la conseille vivement.

Les acteurs, inconnus au cinéma mais chers au coeur des sériephiles, font du bon boulot. On retrouve ainsi Robbie Amell (The Flash, Code 8) et Andy Allo (Black Lightning, Chicago Fire) dans les rôles principaux. Chris Williams (Silicon Valley), Kevin Bigley (BoJack Horseman, Undone), Allegra Edwards (Briarpatch), Matt Ward (The Bold Type) et la comédienne de stand-up Zainab Johnson complètent le casting.

De quoi parle Upload ? Le talentueux et bellâtre Nathan meurt hélas bien plus tôt que prévu. Mais grâce à sa petite amie fortunée, celui-ci signe un contrat avec Horizons, lui permettant de s’uploader dans une sorte de paradis futuriste nommé Lake View. Complètement perdu et coincé entre la vie et la mort, Nathan attend que ses proches le rejoignent dans son simulacre de vie éternelle.

Visuellement, la série est très belle et l’ambiance tech parfois un peu malaisante est parfaitement retranscrite. La morale de l’histoire est bien amenée et pas du tout prise de tête, alors qu’on pourrait avoir peur d’un sujet de philo du BAC type “l’éternité vaut-elle le coup ?”. Au programme, une réflexion douce sur les rapports humains, une histoire d’amour touchante, des personnages insupportablement hilarants, et une belle caricature de notre société actuelle. Pas aussi métaphysique que The Good Place, pas aussi tortueux et sombre que Black Mirror, mais un Greg Daniels qui s’est complètement réinventé après ses sitcoms si chers à notre coeur, pour proposer une série fraîche et innovante qui sent bon le mois de Mai.

 

Marvel Future Avengers

Marvel-Future-Avengers-series

 

Avec l’arrivé de Disney + dans l’hexagone, des tas de séries produites par Disney et restées dans l’ombre arrivent sur le devant de la scène. Pour notre plus grand plaisir ! Alors qu’est ce que Marvel Future Avengers ? Un animé japonais dans l’univers Marvel, parce que c’est bien connu, les super-héros marchent très fort au pays du soleil levant.

La série suit les aventures de Makoto, un gamin énergique et impulsif, et une sorte d’airbender version super héros. Hélas, il tient ses pouvoirs de l’organisation terroriste Hydra, bien connue des habitués Marvel. Accompagné de ses amis Charade (Chloé) et Codec (Adi), eux aussi victimes des expériences un peu foireuses de l’Hydra, les trois jeunes vont ouvrir les yeux sur la vraie nature de l’organisation. Ils se rendent compte que les Avengers ne sont pas les monstres sanguinaires qu’on leur avait dépeints depuis leur plus jeune âge, mais des vrais héros qui ont risqué leur vie pour les sauver, les recueillir et les entraîner dans l’espoir d’en faire un jour leurs successeurs : Les Nouveaux Avengers.

Sous la tutelle d’Iron Man, Captain America, Thor, Hulk et Wasp (aka la Guêpe), Makoto et ses amis vont apprendre à utiliser leurs super pouvoirs pour faire le bien cette fois-ci. Contrairement à Bruno, le meilleur ami de Makoto, qui lui n’a pas eu la chance d’être sauvé par les Avengers. Le jeune cyborg d’une quinzaine d’années reste loyal à Hydra, et devient la némésis des trois adolescents.

Marvel Future Avengers, c’est aussi une histoire touchante d’adolescents perdus qui découvrent de vrais modèles à la figure paternelle, des liens forts qui se créent dans l’adversité, et d’un choix entre le bien et le mal qui peut inverser le cours des choses.

A partir du 22 Mai, on peut donc suivre les aventures de ces héros Marvel à la sauce japonaise, avec ce style coloré qu’on adore.

 

The Eddy

the-eddy-series

 

Damien Chazelle, le réalisateur de La La Land et Whiplash, revient après la sortie de First Man à ses premiers amours, à savoir la musique. Il nous offre donc une mini-série dans l’univers enfumé d’une boîte de jazz, un verre de whisky à la main, et les oreilles pleines des airs langoureux de la chanteuse Maja (ex-petite amie du héros). Elliot Udo, protagoniste principal, autrefois célèbre pianiste de jazz new-yorkais, devient le patron de The Eddy, un club de jazz parisien un peu miteux. Mais en plus de devoir sauver son affaire, Elliot Udo devra gérer son associé et ami un peu louche Farid et verra débarquer à Paris son adolescente de fille Julie.

La série est une ode à la capitale française : tantôt luxueuse tantôt sale, tantôt colorée tantôt obscure. Sur des airs de jazz chaloupés et envoûtants, Paris se revêt de ses plus beaux atouts comme de son quotidien souvent solitaire et sombre. Damien Chazelle se joue le Jacques Demy version obscure et torturé, et son oeuvre en plus d’être une série fascinante se place comme un témoin du mal-être contemporain. Vieux fantômes du passé et secrets révélés aux grands jours marquent le quotidien du protagoniste principal, qui se démène dans son petit club à l’ambiance énergique et un peu subversive.

La série est divisée en 8 épisodes d’une heure chacun, tous centrés sur un personnage en particulier. Ce format un peu atypique et pas toujours bien reçu nous permet cependant d’entrer dans l’intimité d’un personnage, de sillonner sa vie, d’en comprendre les tourments, les erreurs, et les secrets. Damien Chazelle s’entoure d’un casting aux petits oignons, avec une petite préférence pour les acteurs français qui se mêlent si bien à l’ambiance parisienne : Leïla Bekhti et Tahar Rahim tiennent les rôles principaux, et sont accompagnés de Benjamin Biolay (Chambre 212), Alexis Manenti (sacré aux César pour son rôle dans Les Misérables), et l’artiste Sopico. Les acteurs étrangers ont aussi leur place puisque l’on retrouve André Holland (Selma, Moonlight), Amandla Stenberg (Hate U Give de George Tillman Jr.) et l’actrice polonaise Joanna Kulig (Cold War de Pawel Pawlikowski).

Le scénario est parfois un peu maladroit, pas très bien amené et un peu destructuré. Mais les personnages attachants et l’ambiance incroyable qui émane de l’oeuvre de Damien Chazelle nous ont charmés. Que vous soyez amateurs de jazz ou non, ce plongeon dans ce genre musical sensuel et obsédant donne un aspect contemplatif à la série.

Soit on aime, soit on déteste, mais il faut donner sa chance à cette oeuvre au caractère si particulier.

 

Hollywood

hollywood-series

 

Un plongeon dans les années 40, oui. Mais quel plongeon ! Sous ses airs jazzy de l’après-guerre, l’Amérique se relève et brille du même optimisme que le soleil après la pluie. Hollywood met en scène tous ces passionnés, ces rêveurs, ces bourgeons de stars qui ont fabriqué la nouvelle ère du cinéma. C’est dans ce contexte que le protagoniste Raymond Ainsley cherche le scénario qui bouleversera à la fois sa vie et toute l’industrie cinématographique. Entouré de jeunes passionnés, il partage son ambition avec Archie Coleman, un scénariste afro-américain. Ensemble, ils veulent révolutionner ce milieu plein de blessures et de non-dits.

Recréer l’industrie cinématographique, c’est aussi rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont contribué à construire ce monde. Ceux qui ont été brimé du fait de leur sexe, de leur couleur de peau, de tout ce qui les différenciait de ce qu’un grand du cinéma devait être à ce moment là. Ryan Murphy et Ian Brennan, les créateurs de la série, ce sont appuyés sur des faits historiques pour les romancer, les remanier, recréer l’Histoire et en fait quelque chose de plus proche de nos valeurs. Un travail de recherche énorme, qui nous perd entre la dure réalité et le fantasme de ce cinéma des années 40.

Le goût de Ryan Murphy pour la mise en valeur des minorités n’est plus à démontrer, et Hollywood ne fait pas exception à la règle. C’est même là toute la profondeur de la série. Prostitution, censure, homophobie, violence, misogynie, et tout ce que ce milieu scintillant cachait de plus sombre : tout y passe. Et pourtant la série est optimiste, lumineuse, parfois même naïve : on rêve, mais en gardant les pieds sur terre, et c’est ce qui lui donne toutes ses nuances.

Le thème émeut, fait rire, inspire et passionne les cinéphiles des premières heures comme les fraîchement convertis. Alors on se laisse porter entourés de ces décors sublimes, ces costumes, ces couleurs, au son de cette musique délicieusement vintage. On pousse les portes d’Ace Studios à la rencontre d’une des meilleurs séries de 2020.

Share This