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Star Trek, c’est la magie de l’enfance qui ne nous a jamais quittés, nous les geeks de la première heure. Les meilleurs d’entre nous ont écrit leurs premières fan-fictions, certains ont assumé porter les t-shirts aux couleurs de la série (leur valant d’être surnommés “nerd” par leurs camarades et collègues), d’autres enfin ont collectionné les BD et romans tirés de l’univers étendu. Star trek a eu une emprise sur la vie de beaucoup d’entre nous, voire de nos parents, transcendant des générations de “trekkers” (le petit nom donné aux fans de Star Trek). C’est avec un peu d’émotion que l’on vous parle aujourd’hui d’une saga qui a révolutionné le monde de la science fiction.

En 1966, Gene Roddenberry nous emporte dans son univers peuplé d’extra terrestres et de technologie avant-gardiste, au sein de la Fédération des Planètes Unies. A la mort du créateur de la saga en 1991, le succès de son oeuvre lui vaut de donner son nom à un astéroïde et à un cratère de Mars. En corrélation avec son testament, ses cendre furent envoyées en 1997 dans l’espace à bord de la fusée Pegasus. La capsule qui les contenait tourna 5 ans autour de la Terre, avant de se désintégrer dans l’atmosphère.

Mais Star Trek ne suscita l’enthousiasme que d’un public assez restreint. A son apogée, en 1967, la série américaine n’est classée que 52ème en terme de popularité. Alors comment celle-ci a-t-elle survécu à des dizaines et des dizaines d’années de diffusion ? Grâce à une troupe d’indéfectibles trekkers. Arrêtée en juin 1969, suite à un essoufflement du scénario, de la production et des fans, la série faillit tomber dans l’oubli avant d’être relancée en 1987 avec Star Trek: The Next Generation, qui perdura jusqu’en 1994.

 

“Help, je n’ai jamais vu un seul épisode”

 

Si pour vous Star Trek se limite à cet alien aux remarquables oreilles et aux sourcils inquiétants, et que vous observez d’un oeil incrédule ces conventions étranges où se pressent des centaines de nerds, nous sommes là pour vous aider.

Star Trek, c’est 759 épisodes répartis sur 7 séries différentes étalées sur 53 ans. Soit un sacré paquet d’heures de visionnage.

Nous suivons l’équipage du USS Enterprise (NCC-1701) (premier vaisseau de la série), se déplaçant dans la galaxie à une vitesse supraluminique, une technologie développée par les humains et les vulcains le jour dit du “Premier Contact” (first contact day). La série prend place dans un univers utopiste, où l’humanité a éradiqué toute forme de violence physique et morale pour faire de la Terre un monde de paix et d’harmonie. L’humanité s’allie à d’autres espèces intelligentes pour créer la Fédération des planètes unies, une république fédérale interplanétaire comptant plus de 150 planètes membres et plusieurs milliers de colonies réparties dans un rayon de 8 000 années-lumière.

Star Trek narre les aventures des membres de Starfleet, l’organisation dépendant de la Fédération et chargée de la défense et de l’exploration de la Galaxie. Humains et aliens sont ainsi envoyés aux quatre coins de l’Univers pour découvrir d’étranges planètes, des mondes extraordinaires, et se faire mi-aventuriers mi-chercheurs, comme le décrit si bien leur devise : « Ex Astris Scientia » (“Des Étoiles, la Science”).

L’histoire de Star Trek a évolué de saison en saison, de série en série, et d’année en année. Voici un bref récapitulatif de toutes ces saisons qui ont marqué plusieurs générations.

 

Star Trek ou La Patrouille du cosmos (1966-1969)

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En 1966, Gene Roddenberry nous propose une série avant-gardiste qui marqua de nombreux fans et créa une première communauté : les trekkies. Ce sont eux qui ont fait vivre et mourir cette première série qui ne rencontra qu’un succès mitigé. Les épisodes de la première saison suivent un schéma assez récurrent : en effet, il n’existe pas de réelle continuité entre les épisodes. Ceux ci observent généralement cette trame : une race alien, douée de pouvoirs spéciaux et distançant la Terre technologiquement parlant, s’oppose à la Fédération et à l’humanité. Ceux-ci s’appuient généralement sur un seul être ayant acquis des pouvoirs et habiletés particulières, souvent grâce à la complicité d’un dieu. Parfois les aliens ont pour but d’annihiler l’espèce humaine, parfois ils ont au contraire un effet moralisateur. Tout ça dans un épisode de 52 minutes, en one shot, ayant pour clé de voûte les personnages principaux et certaines espèces extra-terrestres (comme les Klingons).

Si aujourd’hui, scénaristiquement, la série a vieilli, certaines de ses caractéristiques sont toutefois remarquables ! Une afro-américaine tenant l’un des rôles principaux (et dont la romance marque le premier baiser entre une afro-américaine et un caucasien à la télévision américaine !), la collaboration entre un acteur américain, un russe et un japonais en pleine guerre froide, sans oublier toutes ces courageuses personnes en train de pédaler derrière le décor pour le bon fonctionnement des “portes automatiques” dans le vaisseau. Hélas, hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, et la production a décidé d’arrêter la série au profit d’autres plus “actuelles” (c’est paradoxal, pour une série de science fiction). Mais en 1979, la saga connaît un nouveau souffle et le premier film prenant place dans son univers sort aux Etats-Unis.

 

Star Trek : La Nouvelle Génération (1987-1994)

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Souvent qualifiée de la série la “plus douce” et surtout la meilleure de la saga Star Trek, Next Generation prend place dans une société idéale où l’économie ne repose plus sur la notion d’argent : la misère et la famine sont éradiquées, et la jalousie n’a donc plus lieu d’être. L’humanité et la Fédération ne sont plus menacées par des entités supérieures, et les rencontres se font entre espèces aux même stade d’évolution. Si le principe est toujours celui de découvrir l’univers et enrichir la connaissance humaine, d’autres concepts intéressants sont mis en avant, à l’image du voyage temporel. Enfin, le scénario de la série est plus cohérent, les personnages sont récurrents, et on a affaire à un réel plot. Pour beaucoup, Next Generation est la meilleure série de toute la saga. Si vous voulez vous lancer dans l’aventure Star Trek, on vous conseille vivement d’entamer votre pèlerinage par là.

Pourquoi “la plus douce” ? Parce qu’il semblerait que la diplomatie ait fait table rase de l’agressivité présente parfois finement, parfois clairement assumée, dans les saisons précédentes. Mais avec le décès de Roddenberry en 1991, l’aspect technologique passe du côté obscur de la Force, et le sentiment de légèreté prend un tournant nettement plus oppressif.

Et pendant que le Capitaine Picard et le reste de l’équipage du vaisseau USS Enterprise (NCC-1701-D) explorent les confins de l’univers, une autre série est en production, et vient concurrencer celle-ci.

 

Star Trek: Deep Space Nine (ou DS9) (1993-1999)

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On aime ou on n’aime pas. Comme la série lâche le mythique vaisseau intergalactique pour la station orbitale DS9, alors les fans de la première heure sont déchirés. Si Next Generation a l’âme poète, DS9 se veut plus obscure, à la dynamique plus adulte. Intrigues politiques, fanatisme religieux, terrorisme même…

Les fans raffolent de ces nouveaux effets spéciaux qui donnent à la série une toute autre allure, et permettent des batailles spatiales tout à fait honorables. Pourtant l’immobilisme géographique interpelle ou choque, et c’est sur ce point que les avis divergent. DS9 est à la fois un élément de rupture avec la découverte spatiale des premières séries, et un approfondissement des éléments des cultures extraterrestres (vous pourrez presque parler Bajoran, sans rire).

 

Star Trek: Voyager (ou VOY) (1995-2001)

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Voilà 7 saisons qui ont particulièrement ravi les trekkers de la première heure. Petit truc en plus : Kate Mulgrew interprétant le Capitaine Kathryn Janeway, première femme à la tête d’un vaisseau dans Star Trek. Et pas de n’importe quel vaisseau : du Voyager ! De nouveau, le concept majeur de l’exploration spatiale en fait la série se rapprochant le plus de ses origines.

Le plot est simple mais efficace : le vaisseau Voyager est précipité dans le Quadrant Delta, situé à des dizaines d’années lumière de la Terre (soit à l’autre bout de la galaxie, pour faire simple). Toute la série tourne autour du voyage de retour, alors que le capitaine va tenter par tous les moyens de ramener l’équipage le plus rapidement possible sur Terre. Le problème : même à vitesse maximale, le trajet devrait prendre 75 ans. L’occasion, encore une fois pour la série, de faire un pieds de nez aux lois de la physique (mais on adore ça).

 

Star Trek: Enterprise (ou ENT) (2001-2005)

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Encore une série qui a divisé les trekkies. Sorte de prequelle à la saga, le plot se situe avant la création de la Fédération et 100 ans avant les aventures du capitaine Kirk. Le vaisseau Enterprise (NX-01) est envoyé par Starfleet pour débuter l’exploration spatiale.

Star Trek ENT décide de se démarquer des autres opus en revêtant une double casquette. Celle de prendre le contrepieds de la société utopique dépeinte précédemment en justifiant ces traits de caractères plus sombres par le fait que la série se situe avant la création de la Fédération. Impulsivité, agressivité, avidité et ambiguïté : les différentes espèces se découvrent des personnalités propre à leur culture et se différencient bien plus les unes des autres. Les fans de la Hard SF(la SF plus “probable”) sont également servis ! Plus proche des travaux de la NASA, et avec un générique retraçant l’histoire de l’exploration spatiale humaine, la série a conquis un marché de niche encore plus petit au sein de sa communauté de fans.

D’un autre côté, la série semble avoir renoué avec l’humour et l’esprit initial de la Patrouille du cosmos. Un bon point, donc, pour les inconditionnels. Hélas cela ne suffit pas, et Star Trek ENT s’arrête en 2005 sous les huées des trekkies traditionalistes. Comme quoi, quand on leur donne autant de pouvoir, ce sont les fans qui finissent par faire vivre et mourir la série.

 

Star Trek: Discovery (ou DIS) (depuis 2017)

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Est-ce que Star Trek serait passé dans la moulinette des séries actuelles ? Star Trek Discovery est encensé par le public et la presse. Mais quid des fans de la première heure ? Hélas, pas grand chose. Un scénario caricatural, qui se détache de l’essence même de la saga (à savoir l’exploration spatiale), des personnages torturés et une ambiance trop sombre, loin de la candeur originel de la société utopiste de la Fédération. Oui, c’est sûr, Discovery est une bonne série. Mais un bon Star Trek ? Loin s’en faut. Le scénario prend le contrepieds complet des autres séries : une humaine élevée parmis les vulcains, ayant suivi leur enseignement et acquis leurs techniques, et dont le tempérament rebelle et fougueux lui vaut un bannissement de Starfleet… puis une étrange réaffectation sur le vaisseau Discovery.

C’est beau, on en reçoit plein les yeux, et les petits ouvriers des studios Pinewood de Toronto font un travail admirable, c’est sûr. Mais Star Trek Discovery a perdu sa signature, son côté merveilleux qui nous a transporté tout au long de notre vie. En résumé, une très bonne série SF, dans la tendance, qui déclenche cependant les foudres des fans écoeurés et en colère.

 

La Terre Promise : Star Trek: Picard (2019)

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Depuis janvier 2020, Patrick Stewart revêt de nouveau sa fameuse combi pour retrouver le capitaine Picard, commandant de la série Next Generation, et symbole du succès de celle ci. Se dévouant à la science, à l’exploration et au leadership, son personnage a inspiré trekkies du monde entier. Après Star Trek Nemesis en 2002, l’acteur ne s’attendait pas à renfiler son costume, et pourtant, Star Trek Picard est là.

Après la déception des fans face à Discovery, le retour d’une figure emblématique de la saga a de quoi soulager ces âmes en peine. L’ancien capitaine de l’Entreprise qui avait quitté Starfleet revient sur le devant de la scène pour sauver une androïde créée à partir de l’esprit de Data (fyi : personnage androïde emblématique de Next Gen).

Selon Patrick Stewart, trois saisons sont déjà prévues. Alors, est-ce que cette nouvelle série saura conquérir les trekkies désabusés ? On attend de voir.

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