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En période d’épidémie du Covid-19, et avec des mesures aussi extrêmes que celles appliquées actuellement, il est bon de retrouver du temps à consacrer à certains plaisirs dont celui de la lecture. L’épidémie rappelle certains synopsis, à savoir celui du virus transmissible, mais le cas du confinement est également l’occasion de revoir notre rapport à la solitude et à l’isolement. Dans certains cas, une situation apocalyptique est imaginée. Pour calmer vos craintes et trouver la lecture adéquate à la situation, voici 10 comics à lire en période de confinement.

Le classement relève plus de l’ordre thématique que d’un véritable classement qualificatif.

 

10) Marvel Zombies

 

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Si on pense souvent à Walking Dead, Robert Kirkman est néanmoins un grand passionné de super-héros. Scénariste des Ultimate X-men, de Marvel Team-Up, il a officié plusieurs années durant comme scénariste chez Marvel et a su s’y faire un nom, grâce à la popularité grandissante de Walking Dead et Invincible en 2004. Aux côtés de Sean Philipps, il signe ce qui était alors une petite mini-série transformant les héros Marvel en zombie.

Sous ce concept bateau, Robert Kirkman expose une histoire avec un potentiel intéressant. Dans ce monde où les super-héros sont les défenseurs du monde, où ils se tiennent en êtres invincibles, que deviendrait ce monde si même ces figures héroïques se trouvaient vulnérables face à un virus mortel. Le tout pourrait être réduit à un simple fan-service indéniable, mais qui est bien l’objectif du récit : mettre en avant l’idée de super-héros zombies dévorant ce qu’ils tentaient de protéger quelques heures auparavant. A contre-courant, il est possible de vous recommander DCeased, dont le concept est le même, mais se concentre bien plus sur les dialogues et relations entre les personnages luttant contre le virus.

Un comics à ne pas mettre entre toutes les mains. Le scénario suggère une violence crue que Sean Philipps ne fait qu’accentuer. L’artiste au style très sombre se veut dérangeant et particulièrement gore. Ses ombres granuleuses laissent penser à un aspect brouillon, un mouvement permanent des ombres qui laissent ces monstres n’apparaître à la lumière que rarement.

 

9) Crossed

 

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Pour poursuivre dans le thème de l’épidémie et du zombie, Crossed est un comics aux équipes artistiques variées. Cet univers horrifique repose sur un concept. Un virus zombie touche l’humanité. Seulement, ce virus ne transforme pas l’homme en mort-vivant. Il le libère de ses pulsions les plus sombres et violentes auxquelles il répond immédiatement. Cannibalisme, évidemment, mais également meurtre, viol, Crossed est un comics sans aucun tabou.

Sous cette explosion de violence et d’immoralité se trouve l’écriture de Garth Ennis, auteur de Preacher, Hellblazer ou encore The Boys. Ce qui peut de toute évidence sembler gratuit ne l’est pas tant. La violence chez le scénariste amène toujours à une réflexion. Sous ses airs de série B, Crossed possède des sens effrayants que chacun peut interpréter comme il souhaite. Et pour ces différentes lectures, Crossed mérite de ne pas être réduit à la violence extrême qui fait sa réputation.

Parmi les différents volumes qu’il est possible de trouver, nous recommandons les runs de Garth Ennis, mais également ceux de David Lapham. Proche des thèmes de Garth Ennis, David Lapham est l’auteur de Stray Bullets. Avec une écriture plus ou moins énigmatique, il nourrit l’univers de Garth Ennis avec, généralement, un sous-texte en accord avec le créateur de la licence.

 

 

8) The Goon

 

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Vous souhaitez du comics de zombie avec un trait d’humour ? Eric Powell est de loin l’un des artistes contemporains les plus amusants et rayonnants. Avec son écriture similaire au conte pour enfant, il développe avec The Goon des ressorts très courants, mais dont le mélange en fait toute son originalité. L’histoire est celle d’un duo, The Goon, un marin grand, musclé et qui n’hésite pas à se salir les mains, et Franky, petit, chétif, mais casse-cou.

Tous deux, ils vont nettoyer la ville infestée de monstres d’un prêtre à la tête d’une armée de zombies. Chaque volume trouve des lieux et thèmes différents. De l’enfance du Goon à des combats aux côtés de Hellboy, The Goon est un melting-pot de références de la culture pop sous forme de contes fantastiques divertissants. Parfait pour sourire en période difficile.

 

7) Tank Girl

 

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Amateurs des productions musicales de Gorillaz, vous avez sans doute déjà lu Tank Girl. Cette série raconte l’histoire d’une adolescente vivant en Australie dans son char d’assaut. Isolée du monde, elle est loin de la bimbo régie par les stéréotypes du comics américain v et possède un caractère bien trempé. Fermement opposée aux conventions sociales, la clope au bec en attendant son petit ami kangourou. Découpé à l’origine sous forme de diverses histoires, Tank Girl révèle la patte graphique de Jamie Hewlett.

Jamie Hewlett, avant d’être le co-fondateur du groupe avec Damon Albarn, était un passionné de comics qui publiait des fanzines avec d’autres amis et collaborateurs. Dans l’un d’eux il créé avec Alan Martin les aventures de Tank Girl. Baigné d’une culture pop anglaise révoltée, il réalise ces histoires des lendemains de soirées baignant encore au petit matin dans les diverses vapeurs émanant de l’appartement. Fort de sa dimension psychédélique, ce comics à l’humour absurde vous fera esquisser plus d’un sourire. Tank Girl est une parfaite colocataire de confinement pour lutter contre l’ennui.

 

6) Kamandi

 

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Pour s’isoler et se retrouver à travers divers questionnement philosophiques, Kamandi est de loin le meilleur comics. Créé par le Roi des comics, Jack Kirby, Kamandi se compose comme un conte philosophique mélangeant Candide de Voltaire et La Planète des Singes de Pierre Boulle. Kamandi se réveille dans un futur post-apocalyptique. Il sort d’un bunker qui l’a protégé de la fin du monde. Curieux de découvrir ce qu’il reste des civilisations passées, il s’engage dans un périple aux multiples dangers.

Les hommes sont devenus esclaves des animaux, alors que les différentes races se font la guerre à l’aide de technologies développées. Ces hommes sont réduits à un état sauvage. Ils ont perdu le don de parole et rares sont ceux capables de réfléchir. Kamandi va surprendre ce monde en tant que jeune savant, se faire des alliés et des ennemis. Au fil de ce périple, il va grandir et apprendre au même titre que le lecteur. Un classique de l’univers DC Comics à la croisée des genres.

 

5) Sweet Tooth

 

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Dans un univers post-apocalyptique, Gus est ce qu’on appelle un hybride. Mi-humain, mi-cerf, cette enfant de 9 ans vit seul avec son père dans une cabane perdue dans les bois. Cachés alors qu’une épidémie a décimé la majorité de la population, la paranoïa frappe le père de Gus. Vivant dans une insouciance propre à l’enfance, Gus va voir sa vie basculée lorsqu’il rencontre un homme étrange après le départ de son père. Pour la première fois, Gus va sortir de cet enclos et découvrir le monde… ou ce qu’il en reste.

Ecrit et dessiné par Jeff Lemire, Sweet Tooth est un titre Vertigo, un univers indépendant compilé en trois volumes chez Urban Comics. Gus sort enfin de chez lui, après plus de sept années de vie confinée. Fort en émotion, le point de vue de l’enfant est parfaitement exploité et témoigne, encore une fois, de la parfaite gestion des relations familiales par le scénariste. Son style graphique très brut et simpliste en rebutera plus d’un, mais participe à la qualité de la série, puisqu’il mêle harmonieusement la dimension fantastique du récit et son genre post-apocalyptique focalisé sur la survie de ses personnages. Loin d’être un simple survival, Sweet Tooth est l’histoire d’une vie, d’un personnage qui évolue et dont l’histoire reflète toute une métaphore de la condition animale : le prédateur et la proie.

 

4) Rover Red Charlie

 

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Charlie est un chien d’aveugle. Il aide les humains et vit pour ça. Fier d’être un chien, il aime sa vie et ses meilleurs amis : Red et Rover. Mais un jour, les humains sont devenus fous pour une raison inconnue. Charlie, piégé par sa laisse qui le lie au corps en feu de son maître se trouve aidé par ses deux amis. Ensemble, ils vont voyager, chercher après les humains dans l’espoir de retrouver un semblant de vie.

Garth Ennis, encore, signe ici une œuvre complète chez le même éditeur que Crossed. Violent, Rover Red Charlie se veut bien plus explicite. Ennis reste fidèle à lui-même avec certaines idées dérangeantes, mais traite de différents aspects d’un même thème. Il renverse les rapports de force, et nous amène à réfléchir au concept de servitude. Pourquoi accepter de servir ? Quand devons-nous refuser ? A travers l’expression d’animaux, avec un incroyable travail d’écriture pour retranscrire la pensée limitée des chiens, Ennis parvient à refléter des caractères humains et amener à une sacrée réflexion. S’ajoute à ça les superbes planches de Michael DiPascale, qui fait la part belle aux passionnés de l’animal comme du comics d’horreur. Un concept et un style unique disponible chez Komics Initiative.

 

3) Ether

 

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Scientifique certain de sa réussite, Boone Dias plonge à répétition dans un autre monde. Ether est une terre fantastique, une civilisation à part où Boone se réfugie constamment, persuadé de pouvoir trouver la preuve de son existence. Mais cette quête se révèle être quelque peu secondaire. Boone aime par-dessus tout le sens que prend sa vie sur Ether, puisqu’il y tient le statut de héros valeureux qu’il ne possède pas dans le monde réel.

David Rubin se révèle être un dessinateur très influencé par Paul Pope, pour un résultat très coloré, proche du psychédélique. Le scénariste Matt Kindt nous emmène dans une enquête remplie d’aventure sur fond de thriller psychologique se focalisant sur l’échappatoire. Une issue parfaite en temps de confinement pour, vous aussi, vous échapper dans ce monde psychédélique.

 

2) Black Hammer

 

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C’est la grande licence indépendante de ces dernières années, Black Hammer est le nouvel univers super-héroïque imaginé par Jeff Lemire. Présent au scénario, il laisse la partie graphique à Dean Ormston. Avec des perspectives plus prononcées, Ormston retranscrit une partie du style de Lemire avec des traits droits et des ombres très prononcées.

Black Hammer est un univers où les super-héros ont disparus. Ils sont condamnés à vivre ensemble dans un corps de ferme sous cloche. Ils interagissent comme une famille recomposée, sur qui pèse ce confinement. Alors que Abe, le chef de famille, tente de maintenir un semblant de calme tout en se faisant à cette vie isolée, d’autres ne le supportent pas, et espèrent redevenir les super-héros qu’ils étaient autrefois. Entre écriture d’un monde et événements menant à celui de demain, Jeff Lemire mise tout sur un suspense inquiétant et le poids du quotidien sur des êtres exceptionnels. Toujours aussi profond, Black Hammer joue sur une double lecture avec des personnages copiant les membres fondateurs de la Justice League de DC Comics. Connecté au titre principal, un crossover entre les deux univers sera bientôt disponible chez Urban Comics.

 

 

1) DMZ

 

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Les Etats-Unis se retrouvent dépassés par les événements lorsqu’une seconde guerre civile frappe la nation. Les forces armées mobilisées à travers le monde dans des conflits extérieurs, le pays ne pensait pas devoir faire face à une menace intérieure. Ainsi, des milices anti-gouvernementales s’organisent, s’opposent dans des zones démilitarisées appelées DMZ.

Sur la ligne de front qu’est devenue Manhattan, le photographe stagiaire Matty Roth se retrouve embarqué dans un hélicoptère pour accompagner un journaliste peu scrupuleux sur le terrain. Mais l’hélicoptère est attaqué et Matty Roth se retrouve seul en plein No Man’s Land. Au cœur du conflit, le photographe va devenir la personne la plus convoitée par les médias mais également les milices. Matty va alors devoir apprendre à survivre de bien des manières, tout en répondant à l’éthique journalistique qui l’anime.

Fruit des recherches colossales de Brian Wood sur les conflits militaires où sont intervenus les Etats-Unis, DMZ se dresse comme une réponse à la présence américaine en Irak suite aux attentats de Septembre 2001. DMZ est un comics fort de sa vraisemblance. Il nuance chaque parti, chaque organisme et tout est sujet à réflexion. Certains éléments facilitent la narration, mais les justifications n’entachent jamais le réalisme du titre. Et ce n’est que par petites touches de folies que Wood pimente son titre. Profitez du confinement pour lire ce comics, bientôt adaptée par HBO en série télé.

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